Nina in the zone

11 mai 2009

Nymphette

"Je ris, je ris au soleil qui gicle sur mon beau corps, je ris de dormir nue la nuit dans mes draps rouges et que personne ne le sait, mais si un garçon était là il rougirait, il me trouverait mutine, salope et superficielle, et je ris, je miss_dior_cherieboude, je suis sucrée, je suis une fille, une fille et les garçons me regardent avidement, ils regardent mes longues jambes épilées dans le métro, mes gambettes, qui luisent dans la lumière et qu'on voit à travers ma petite robe, je suis une teigne, maman me foutrait des claques, moi la nymphe, stupidement amoureuse de la vie et du soleil et de ma peau, ma peau qui sent le miel et la crème et que les garçons voudraient toucher avec le bout de leur langue, les garçons avec leurs yeux plissés, leurs nuques duveteuses, leurs ongles rongés, les garçons tendres et maladroits, ignares, qui voudraient me manger, me manger dans le soleil, et me mordre la peau du ventre, et je marche fièrement dans la rue, mes talons claquent odieusement, car je suis méchante, je suis idiote, je me foutrais des claques si je n'étais pas moi, et l'autre rirait, rirait d'insolence, petite conne, lolita, et je m'en fous, pourquoi rester ici et écrire alors que le soleil éclate là-haut, que les oiseaux gueulent, que le monde grouille, pourquoi m'efforcer d'écrire alors qu'un garçon m'attend là-bas, oui un garçon, et il n'est pas très beau mais tant pis, sa peau doit être salée sur la langue, sa voix est bourrue, son sourire un peu niais, et, va-t-il m'embrasser ? Non c'est moi qui le ferai, c'est moi qui oserai, car je suis audacieuse, je lui mangerai la bouche je lui sucerai la peau, et il rira d'extase, je serai un peu salope mais qu'importe, ô la vie, la vie, la vie, je suis amoureuse, ô, de la vie, amoureusement stupide !"

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06 janvier 2009

Méli-mélo

Un peu de neige. Quelques dates d'examens semées au vent. Quelques kilos en trop. Déconfite. Réconfortée par une main tendre. Soulagement. Illusion que certaines âmes me trouvent normale, me comprennent. Inondation volontaire d'un lit, c'est pas ma faute je suis jalouse d'un poisson. Miaulements satinien. Décontenancée par la simp296px_Stellar_spire_eagle_nebulalicité d'une phrase lue je ne sais où : "Je n'ai plus de larmes à verser". Stupide enthousiasme.
Les filles au rouge à lèvre brillant et aux chaussures qui font du bruit mangent des cookies. Elles veulent donner faim aux boulimiques qui les regardent. Un peu de sel en ces derniers jours. Le split-half n'est-il vraiment pas un pléonasme ? Quelques calculs enfantins. Satisfaction passagère. Romantisme éculé. Espoir vain. J'aime pas les bananes. Indifférence proférée. Déclarée. Regain d'intérêt. Lunatique. Fantasque. Ras le bol. Econduit. Mon année a été humide. Nostalgie, et qu'est-ce qu'il me fait chier celui-là. Le temps est une salope. Double menton qui s'éveille à la vie dans n'importe quelle situation. Roméo est un salaud et Juliette une idiote. Je savais que j'aurais dû le faire hier soir. J'aime le bruit qui émane d'une craie lorsqu'on écrit avec sur un tableau. Shootée à la connerie. Shootée à l'
hystérie et à l'absurde. Non-sens. Impasse. Boucle temporelle. Répétition. Flash-back trop nombreux. Sex-appeal inexistant. Mensonge éhonté. Confusion, j'ai 16 ans moi ? Désagréable sensation qu'on m'a volé la vie que je méritais. Injustice, Rousseau, Rousseau, Rousseau petit con qui n'a servi qu'à me barber, rapplique ici ! Maux d'estomac, mais je rends jamais. Stupide corps. Impression de superviser un camion dans son déplacement. Je prends de la place. Envahissante pouffe. Petite je mangeais de la pâte à sel et du papier. Foudres et tonerre si je mettais les mains sur le mur. Punition inadéquate, disproportionnée. Mais aujourd'hui ça a changé. On a le droit de mettre les pieds sur le siège de la voiture j'imagine. Why does my heart cry ? Inutilité. Persistance. Mon nez fond. Ca va continuer comme ça longtemps oui ?  Accueil apathique de cette année 2009.  "Voilà l'Orient et Juliette en est le soleil ! Lève-toi beau soleil et tue cette envieuse lune déjà malade et pâle de voir sa servante beaucoup plus belle qu'elle." Rien que ça.

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24 novembre 2008

Res

La vie est remplie de rien. Ou plutôt les petits riens comblent le rien irrécusable. Mais il faut bien se donner une consistance, ou plutôt donner une consistance à la vie, à la raison de notre présence sur Terre. Après tout, on n'est pas là pour rien, on a sûrement une destinée, quelque chose à apporter, chaque jour est un cadeau, les rêves se réalisent si tu es sage et si tu y crois fort. Tu dois être courageux et ne jamais renoncer à tes mirages de paillettes (tout ça se met bien évidemment en place la nuit quand tu regardes les étoiles dans le ciel en serrant fort ton ours en peluche, ah ben oui, il faut bien que je vous dresse un dessin du contexte). Ce ne sont effectivement que des mirages, que tu agrémentes, que tu traficotes, que tu montes en épingle, voire que tu inventes. Les paillettes ne sont que l'illusion d'un songe éclatant. Inexistant. Mais ces dictons doucereux ont raison sur un point : tout est dans la tête. Il suffit d'être assez stupide pour s'en persuader. Tu deviens ensuite un parfait petit pantin formaté par la société qui veut t'inculquer que l'espoir c'est tout. C'est tout oui. Pour toi, pour lui, pour elle. C'est suffisant pour vivre parfois, ou pour survivre. Tout dépend de la façon dont on voit les choses. J'envie la naïveté innée de certaines personnes tout comme je l'abhorre.
Voici comment j'envisage mon existence : naissance tragique, vie inutile, mort tragique. Il y a là un paradoxe me direz-vous. Si ma vie est inutile, ma mort devrait être salvatrice.  Sauf que ma vie est inutile car le néant se retrouve dans tout ce que je fais, c'est à dire la vacuité, synonyme étroit de la mort à un niveau abstrait et métaphorique. Comme ma vie est guidée par ces angoisses de manque, de perte, de rien, de non-sens (celui qui me sort que la vie a un sens qu'il faut trouver comme on le ferait dans une quête spirituelle, je l'écorche), la mort en elle-même est tragique pour moi car ces maux ne sont rien d'autre qu'une angoisse de mort déguisée. Du même coup ma naissance l'est, condamnée à ne servir que le néant, elle est une parfaite antithèse de ce que devrait signifier "vivre".

Courage superflu, bravoure paranoïaque, tous ces clichés servis à la pelle. Tu dois être brave, tu dois faire face. Faire face à quoi, concrêtement ? A la fatalité de la vie, à ma condition misérable sur laquelle je n'ai aucune emprise à cause de cette inexorable fin sans issue ? A quoi ça sert exactement ? Tous ces mensonges éculés, réchauffés n'ont pour dessein que le leurre, ils sont une représentation mégalomane de l'être humain. Comme si l'on avait le pouvoir d'être des héros médiévaux qui deviennent plus forts au fil des blessures reçues. Comme si l'on pouvait par notre simple esprit, défier la nature. La puissance de l'esprit, de la volonté, de l'envie. Ca ne fait que donner à l'homme des raisons de ne pas faillir, de ne pas s'écrouler, de ne pas se résigner face à l'inéluctable. C'est d'une hypocrisie colossale. Cependant, il y a toujours dans vos connaissances, quelques illuminés qui ont trop regardé Smallville ou Cendrillon et qui s'estiment dotés d'une sagesse infinie en vous rabachant qu'il faut savoir croire. Ne jamais céder ! Tes rêves peuvent prendre forme, si ce n'est pas le cas c'est de ta faute ! La magie existe, on a tous une fin heureuse. Le pire c'est que ces gens se pensent d'une maturité innomable et supérieure à la votre. Ils sont tellement dans leur univers mégalo, candide et paranoïaque (Don Quichotte se bat contre des moulins à vent ? Ici ils se battent contre les mauvaises pensées, les vilains dires ! Le bien contre le mal ou contre le chaos et donc encore une fois la mort) qu'ils s'imaginent même que leur petit monologue vous a apporté réflexion et remise en question totale de votre existence.
Il commence à y avoir de plus en plus de catégorie de personnes qui me tapent sur les nerfs, ça m'inquiète pour ma misanthropie semi-activée et donc à demi-latente.

Enfin, ça fait bien longtemps que mes inquiétudes sur moi-même m'effraient faussement. Ce ne sont même plus des inquiétudes, elles m'indiffèrent de plus en plus. J'suis foutue, j'suis baisée. Absorbée par la spirale infernale de la vie/mort et des abrutis. Tout cela n'a plus aucun intérêt.

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26 octobre 2008

Albertine disparue, ou ce que les hommes ne comprendront jamais...

"Celle qui désire donner au regret son maximum d'intensité, soit que la femme n'esquissant qu'un faux départ, veuille seulement demander des conditions meilleures, soit que partant pour toujours (pour toujours !) elle désire frapper, ou pour se venger, ou pour continuer d'être aimée, ou, dans l'intérêt de la qualité du souvenir qu'elle laissera, pour briser violemment ce réseau de lassitudes, d'indifférences, qu'elle avait senti se tisser. (certes ce coup au coeur on s'était promis de l'éviter, on s'était dit qu'on se quitterait bien. Mais il est infiniment rare qu'on se quitte bien, car si on était bien on ne se quitterait pas !) Et puis la femme avec qui on se montre le plus indifférent sent tout de même obscurément qu'en se fatiguant d'elle, en vertu d'une même habitude on s'est attaché de plus en plus à elle, et elle songe que l'un des éléments essentiels de se quitter bien est de partir en prévenant l'autre. Or elle a peur en prévenant d'empêcher. Toute femme sent que plus son pouvoir sur un homme est grand, le seul moyen de s'en aller, c'est de fuir. Fugitive parce que reine, c'est ainsi. Certes, il y a un intervalle inouï entre cette lassitude qu'elle inspirait il y a un instant et, parce qu'elle est partie, ce furieux besoin de la ravoir. Mais à cela, en dehors de celles données au cours de cet ouvrage et d'autres qui le seront plus loin, il y a des raisons. D'abord le départ a lieu souvent dans le moment où l'indifférence (réelle ou crue) est la plus grande, au point extrême de l'oscillation du pendule. La femme se dit "non cela ne peut plus durer ainsi" justement parce que l'homme ne parle que de la quitter, ou y pense, et c'est elle qui quitte. Alors le pendule revenant à son autre point extrême l'intervalle est le plus grand. En une seconde il revient à ce point; encore une fois en dehors de toutes les raisons données c'est si naturel. Le coeur bat et d'ailleurs la femme qui est partie n'est plus la même que celle qui était là. Sa vie auprès de nous, trop connue, voit tout d'un coup s'ajouter à elle les vies auxquelles elle va inévitablement se mêler, et c'est peut-être pour se mêler à elles qu'elle nous a quitté. De sorte que cette richesse nouvelle de la vie de la femme en allée rétroagit sur la femme qui était auprès de nous et peut-être préméditait son départ."

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23 août 2008

Freak show

"Les vrais paradis sont les paradis qu'on a perdus" ou plutôt ceux qu'on s'est imaginé avoir vécus. Parce qu'au moment où je vivais ces soi-disant "paradis" je m'en rendais pas compte. Qu'est-ce qui aurait pu me trahir à bubble_gum_girlce moment-là, quel changement perceptible aurais-je pu laisser transparaître ? Une humeur débordante de positivité ? Des larmes de joie ? Une sensation inconnue dans tout le corps ? Une explosion presque orgasmique ? La jubilation incommensurable que ça me procurerait de manger un pot de Nutella à 2000 kcal sans que ça me fasse grossir ? Je me rappelle rien de tout ça. Alors soit je n'ai jamais connu de paradis, soit je les ai tous imaginés une fois dans le présent, idéalisant ainsi mon passé. L'âge d'or est derrière ou plutôt l'âge d'or n'a jamais existé, je me traine depuis 21 ans.

Deuxième point : Je suis dégoûtante de narcissisme, je relis mon blog et j'aime ça. Je m'amuse, je me fais rire, je me surprends agréablement en redécouvrant de belles tournures littéraires. Berk. Evidemment que c'est ça l'amour. Qu'est-ce que vous croyez bande de décérébrés remplis de guimauve ? C'est juste ça. Que l'autre nous renvoie l'image hyper-belle que l'on a déjà à propos de nous-même. Parce qu'au fond qu'est-ce qu'on se prend pas pour de la merde.
Pour se rassurer, quand on surprend l'autre en admiration devant un tiers, on se dit qu'on vaut mieux, qu'on est bourré de secrets intérieurs et de belles richesses et qu'on a aucun effort à fournir pour qu'il s'en rende compte. Après tout, s'il veut vraiment les trouver ces trésors, qu'il cherche lui-même. Ben voyons. C'est bien
pratique. Après s'être évertué à sculpter son image et son esprit pour les faire reluire dans le but que l'autre nous reconnaisse comme un être exceptionnel, lorsque la situation est défavorable, on s'imagine qu'il se rappelle de tout ça, qu'il a une sorte de mémoire gigantesque dans laquelle il a stocké toutes les informations qui font de nous quelqu'un de formidable et surtout d'irremplaçable. Toutes ces précieuses minutes passées à nous embaumer, ces traits de personnalité hyperboliques qui nous mettaient bien en avant. C'est tellement plus simple. Vu qu'au fond on ne vaut rien et qu'on fait tous pitié. Mieux vaut effectivement se complaire dans cette présomption.
En psychologie il y a une règle de base : L'autre nous voit comme il veut qu'on soit et nous donnons l'image de nous que nous aimerions avoir. Bref, laissez-tomber. Vous serez jamais appréciés pour ce que vous êtes vraiment.

Troisième point : Mon téléphone sonne à 4h du matin, sonnerie japonaise issue d'un bon drama sirupeux à la rose qui pue la naïveté. Qui vient troubler mon sommeil, pour une fois que j'arrive à dormir ? Qui, qui, qui
? Serait-ce L'AmOuR dE mA vIe (formule skybloguisée) ? Un tressaillement, un picotement me parcoure l'échine, une joie éphémère, mon corps se prépare à réceptionner l'amoncellement d'émotions qui me submergera une fois le message lu. "C'est LUI" me dit une petite voix. Si je vois son avatar, si je vois la petite image...
Toute la satisfaction de l'inattendu et de la surprise tant espérée s'effondre. C'est seulement l'autre enfoiré du bulbe. Connard. Ni bonjour ni merde. Juste trois mots, presque une injonction. Me réveiller pour ça ?!  Non, que dis-je, gaspiller un texto pour ça ?! Mais je te déteste et je te détesterai toujours. Je te recontacterai si je me retrouve célibataire et quand je m'en foutrais un peu plus de moi-même. Pour l'instant ça va, à la prochaine mon cher bouche-trou.

Le réveil sonne à 9h signalant le début d'une journée harassante en révisions. Pourquoi je suis là ? Je ne sais plus où je suis ni pourquoi j'ai mis le réveil. Pendant un moment je ne sais même plus qui je suis. Je reconnais plus ma chambre. Je suis brune ou blonde déjà ? Etrange... Une demi-seconde plus tard tout me revient. Ma vie. Ma période de probation, d'incertitude entre la licence et le master. Merde. J'ai plus qu'une vingtaine de jours à vivre avant de me crasher dans un avion.

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28 juillet 2008

Toujours plus proche de moi... Une portée presque thérapeutique

A plusieurs reprises, Marcel Proust a affirmé qu'il avait renoncé à écrire, qu'il ne serait pas écrivain. Or, la révélation du Temps retrouvé, c'est précisément que son but premier était de déchiffrer "ce livre intérieur de signes inconnus" qu'il portait en lui. En se découvrant comme juché sur ces échasses que représentent les années, il comprend qu'il ne peut sauver les trésors de sa mémoire et lutter contre la mort qu'en écrivant, et en situant son oeuvre hors du temps.
Ainsi se réalise cette "vocation invisible" qui a couru dans les trois mille pages du roman. Aiguillonné par le temps, pressé par l'idée de la mort, le Narrateur se met au travail : le livre qu'il écrira est, peut-être, celui qu'on vient de lire, ou un autre, qui reste à écrire par chacun de nous.

Car la grande scène qui justifie le titre du Temps retrouvé, c'est une matinée chez la princesse de Guermantes. Bien des années se sont écoulées. Le Narrateur, de retour à Paris, est invité à une réception avec tous les personnages qu'il a connu dans sa jeunesse. Il ne les reconnaît d'abord pas. Les situations sociales ont changé : une veuve qui s'est remariée puis qui est devenue la princesse de Guermantes. De plus il croit que les autres invités se sont grimés comme pour un bal. Lorsqu'il comprend que ces cheveux blancs, ces rides, ces empâtements du visage ne sont pas un déguisement, mais la marque laissée par le temps, il prend conscience que la vieillesse est arrivée pour lui aussi.

Proust se retire pendant plusieurs années dans une maison de santé, loin de Paris. Cet éloignement temporel et spatial va lui permettre d'étudier les effets du temps sur les êtres. Il retourne à deux reprises dans la capitale avant la fin de la guerre. C'est l'occasion pour Proust d'observer les modes nouvelles et l'attitude des personnages de son roman face aux conflits. Les uns ont déserté, d'autres, qui étaient dreyfusistes sont devenus nationalistes, d'autres encore s'enfoncent dans cette nuit de destruction et de mort où leur vice s'épanouit.

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19 juillet 2008

Low tension

jyglnfh5La mélancolie me sied bien au teint. Livide, comme moi. Mélancolie : constatation du pire. Moi : constatation du pire. Ma vie : constatation du pire.
J'ai attendu que le sentiment de désolation et de déprime grandissante s'intensifient. J'ai attendu, pour faire couler ma plume, au même titre que mon coeur, en sang. Je nourris les fauves. Je vous apporte votre ration quotidienne de bonne humeur à travers le cadavre de ma personne.
4h48. Je le redoutais cet horaire. Je le savais. En me couchant à 4h, je m'étais déjà projetée 40 minutes en avant,  étant sûre de voir ce fichu 4h48 s'afficher sur mon réveil. Imposant. En vert. En gros. 4h48. Je tombe toujours sur des heures absurdes, connes, moches, assassines, sans vie. 4h48. Je déteste cette heure. Tout comme je déteste 5h26, 8h41... Sans sens, mais je tombe toujours dessus. Toujours. Un poignard enfoncé dans mon ventre à chaque minute qui s'écoule. Je gâche ma vie, j'ai l'impression de regarder l'heure tout le temps. On dirait que j'attends la mort, que j'attends que la vie passe, que les journées se terminent, que les nuits défilent plus vite. Ma vie est en suspens, elle est sur pause. Sur arrêt peut-être bien. Elle attend de redémarrer. Peut-être ne le pourra-t-elle plus jamais. Peut-être s'est-elle envolée avec mes 17 ans. Je crois bien que ma vie a cessé lorsque j'ai eu 17 ans. Ou avant. J'découvre plus rien. Je m'ennuie de vivre.
Je tente vaguement de redonner un sens à mon existence : flûte, lecture, ordinateur ; flûte, lecture, satine ; flûte, lecture, télé et les jours audacieux du sport en addition. Et puis rien. Rien, rien, rien, rien.... --------Biiiiiip--------.

J'ai tellement l'impression d'essayer de donner le change, de me détourner l'esprit de l'inéluctable fatalité que je vais vieillir et me faire encore plus chier. Mais "il faut s'occuper" vous dirons les simples d'esprit qui ne comprennent même pas par quelle aberration l'on peut se retrouver face à soi-même.
Les jeunes travaillent, moi je mange des muffins. Je travaille à devenir grosse. Ils travaillent à la sueur de leur front. C'est l'opium du peuple. Vive Marx. Ils ont des petits job à Mac Do (ah mince alors, antithèse avec leurs idéaux personnels, vous trouvez pas ?), courageuses âmes sensibles fières de s'assumer. Je culpabilise presque de pas y avoir pensé plus tôt comme un fin stratagème pour arrêter de faire ma Madame Bovary des temps modernes. Je peux plus les voir eux non plus. Heureux de clamer au monde qu'ils se lèvent à 5h du matin pendant les grandes vacances pour travailler, parce que eux, ils ont pas d'argent et ils veulent partir en vacances. Et, surtout surtout surtout ils ne veulent pas dépendre de leurs parents (c'est le grand truc à la mode ça). Ca fait bien, ça fait grand. Ils croient qu'ils nous rendent jaloux. On les envie trop, on aimerait tant avoir leur maturité. Oh oui. On est content. On s'est senti utile l'espace d'une journée. C'est qu'ils connaissent la vie dure ces p'tits jeunes ! Je déteste les gens. Pendant ce temps là moi, je mange des muffins devant Secret story. Et je vous emmerde.
J'ai un gros cul. Mais le garder ou essayer de le perdre en se sculptant un corps de rêve ne changera rien. Cela ne changera rien à mon décalage croissant avec le reste de l'humanité. Être pouffe ou ne pas être. Cela ne changera rien au fait que tous les matins Adobe reader persiste pour que j'installe ses mises à jour. Que je devienne rachitique ou obèse, ça lui fait une belle jambe, il sera toujours là, le jour suivant et celui d'après. Les gens normaux qui se bourrent la gueule les week-ends et qui se lèvent à 5h du matin pour travailler et gagner leur bout de pain aussi ont des mises à jour sur leur ordi. Être pouffe ou ne pas être. Sucer son pouce avec son doudou devant un garçon alors qu'on a 25 ans pour l'amadouer avec son bronzage de connasse qui n'a rien d'autre à penser. Jouer les autistes pour attendrir un garçon. Être pouffe ou ne pas être. Tant de secrets de la vie qui pourraient m'apporter LA révélation, la délivrance, tant de secrets que j'ignore. La théorie de la survie de Darwin s'applique aux pouffes filles. Survivre. Être bronzée. Être maigre et manger ses trois croutons quotidiens.

Plus rien ne me surprend, plus personne n'y arrive. Le monde est si prévisible tout comme les gens. Et c'est même pas la peine de penser à me dire qu'il faut savoir aller aux devants des surprises, je vous préviens.
Forcée de constater que le monde tourne, que rien ne change, que je me laisse vivre, que l'inertie de mon existence se dérobe sous mes pas, forcée également de constater que je ne suis même pas sûre que cette dernière phrase veuille dire quelque chose.
Insomniaque. Condamnée à vivre des heures morbides et sans relief, comme ma vie : 5h52. Ben tiens, ça m'aurait étonné. C'est laid. Ca sert à rien. 
Je crois que je peux écrire le reste de ma vie très facilement. Là, maintenant. Se complaire volontairement dans du romantisme de bon ton pour faire plaisir aux gens alors qu'on y croit plus soi-même. Hypocrisie. Mensonge éhonté. Ca m'écoeure. Je m'écoeure.
Revoir une vidéo filmée en cours de philo en terminale L me fait chialer. Je prenais des notes avec acharnement et assiduité. J'étais touchante. Presque attachante, plantée là, au premier rang, les lèvres pincées en essayant de suivre le débit de parole du prof et de pas en perdre une seule miette.

Et merde.

{Nouvel album photo sur les peintures d'Emmanuel Garant, que je vous invite à découvrir...}

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15 juillet 2008

Unintended

Barbe à papa qui colle aux doigts, apparentée par une de mes idées facétieuses à des nuages, volatils ces nuages, pas comme nous,  mélange subtil de contradictions : séraphiques et immuables, passionnés et terre à terre, frivoles et sérieux.
Bourrasque d'émotions intenses, magie que je pensais envolée avec mes illusions.
400px_Petit_Prince_etoile
Un coin de fenêtre, un petit bout de ciel, un petit bout de paradis, ça nous suffit à créer notre microcosme, la nuit nous appartient, les étoiles nous guident et inspirent nos discours chaque fois plus houleux et denses. Jusqu'où pouvons-nous aller ? Déchaînement, rage, furie, frénésie, deux êtres incandescents, envie, avidité, desiderata, boulimie de toi. Epanouissement, plénitude, besoin vital de se retrouver, de se mélanger, de s'approprier...

C'est aussi poisseux et délectable que du sucre, on en a plein les doigts, ça colle, c'est adhésif aux dents, mais je n'ai jamais été raisonnable. Je laisse ça aux autres et tant pis si je me brûle les ailes. La différence réside dans le fait je ne suis jamais rassasiée de toi, que ma satiété n'est jamais satisfaite et ne semble pas avoir de limites, mon corps en demande toujours davantage et n'éprouve ni écoeurement ni répulsion. Pourtant Shakespeare a dit que le plus doux des nectars écoeure par sa trop grande tendresse, que les débuts violents ont des fins violentes, qu'il faut donc savoir aimer modérément.  Balayer  ses certitudes aussi vite, n'est-ce pas trop dangereux, comme exposer une plaie à vif ? Tant pis. Ca vaut le coup.
Lorsque je chéris quelque chose, je l'use jusqu'à l'excès, sans retenue ni modération. Je souhaite que ce désir ne s'amenuise ni ne s'assouvisse jamais.
Il serait insensé de me demander de juguler mon enthousiasme quant à tous ces partages, je n'y parviendrai pas : refaire le monde sur l'oreiller, débattre sur des sujets ineptes, sur tout et sur rien.   
Influence réciproque, symbiose de l'esprit, deux esprits éthérés en un, romantisme exagéré, griffes acérées, se comprendre sans avoir besoin d'y ajouter des mots.

Je voudrais t'écrire... Tu questionnes les astres, animé d'une curiosité sans cesse croissante, tu te noies dans des interrogations et des réflexions, te découvrir petit à petit empli de tant de richesses et de profondeur me ravit. Tu rappelles le Petit prince en quête de vérité et de savoir, de réponses et de désir ardent de résolution.
Nouveauté, sensations, futilité, sottises, friandises, fureur de vivre, envie démesurée de tout ce qui nous entoure, reflet de ce que l'on représente, mièvrerie dans laquelle je ne peux m'empêcher de tomber, taquineries... Modeste ode à toi tout simplement.
   


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25 juin 2008

There's a sparkle of you

"Et quelle concupiscence chez ma Faustine, petite fille souillée. Un sourire dostoïevsken en coin, ne deviendrait-il pas éculé le fétiche Doudou ?" j'ai retrouvé cette phrase dans un article que j'avais pu1198244683sorbetframboiseblié en septembre dernier, elle me fait rire. Je me fais souvent rire toute seule d'ailleurs j'ai remarqué, c'est peut-être inquiétant. Je suis tellement cynique avec moi-même des fois que ça en devient comique, même si peu de gens cernent mon second degré au fil de mes écrits.
J'ai du mal à respirer en ce moment, c'est très étrange, comme si j'allais trop loin en inspirant et que je risquais d'imploser. J'adore sortir des idées imminentes au milieu de rien, comme ça, c'est tellement le reflet de moi-même en plus, de l'enchevêtrement de mes pensées, du vagabondage de mon esprit... Ou du non sens de ma personne... Bref on s'en fout.

J'ai grand pitié de vous à vrai dire, je vous sais aller et venir dans ma tanière intronisée toutes les deux heures sans ressentir la joie d'être rassasié, car je ne publie plus rien. Avec le commencement de l'été, mon inspiration s'est fait la malle. J'ai envie d'écrire sur trop de choses et sur rien à la fois. J'ai toujours été un énorme paradoxe, voici une preuve de plus qui vient corroborer cette théorie. Versatile, indécise, lunatique...  Et je n'énumère là que les défauts se rapportant à l'antithèse que forme ma personnalité.
Le problème c'est que je vais cracher mon venin si je me laisse aller à parler de mon observation sans cesse en déclin sur le monde, et avec tant d'aversion vous allez me prendre pour une vieille aigrie. Mais vous aimez ça, après vous allez pouvoir critiquer à votre tour dans les commentaires ma vie, ma façon d'être, ou mon côté (fictif) "élitiste", que sais-je encore.

Tout ce que je veux moi, c'est être dans une piscine à faire une série d'arbres droits dans l'eau, sortir moult fois par l'échelle pour replonger perpétuellement comme un petit chien débile qui se plairait à refaire le même rituel sans intérêt, ça serait l'équivalent de courir après sa baballe, la langue pendante, la queue remuante, ouaf !
Sachez que je me fous que mon ambition déçoive vos attentes ou que vous ne puissiez pas vous restaurer de mes petites misères quotidiennes. Sucer un mister-freeze à la framboise sur une chaise longue avec de la musique en regardant satine se casser la figure dans les escaliers est pour moi une distraction substantielle.
Je l'avais déjà dit non ? Mes écrits n'ont aucune éminence lorsqu'ils sont sous l'asservissement de la bonne humeur.
J'essaie d'inverser la tendance, de me forcer à écrire quand tout est paisible dans ma vie mais je vois bien que ça n'a pas la même résonance et vous aussi, chers lecteurs.
...Et là vous venez de prendre conscience que vous avez gâché trois minutes de votre vie à lire cet article qui ne vous aura rien apporté de plus que de la frivolité et de la banalité.
J'aurais au moins honoré le mois de Juin du mieux possible.

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20 mai 2008

Désolation

petit_ange2Envie d'écrire sur rien aujourd'hui, puisque c'est le res latin de Lacan qui constitue un tout, puisqu'il faut maintenir un soupçon de vie en semant un flot constant (épisodique ?) d'articles, puisque la sonate de Beethoven parle pour moi dans cet article mieux que je ne saurais le faire. Il est peut-être plus facile de poser des notes sur des sentiments plutôt que des mots, encore faut-il être en mesure de posséder une maîtrise hors norme de la musique, de ses propres règles et de sa rythmique. Je peux au moins me l'approprier par le biais d'un substitut, d'un médiateur, grâce à mon instrument qui me permet de jouer ce que d'autres auteurs géniaux ont écrit, c'est la seule approche que j'ai trouvée à ce jour. Libératrice cette approche, salvatrice, curative, détentrice d'une grande force d'apaisement. Malgré mon piètre niveau, je m'améliore et me voici en connaissance de tous les doigtés, la clef pour pouvoir ensuite jouer n'importe quel morceau de génie. Ca me grise, ça m'enivre.

Tout le problème réside une fois de plus dans la sublimation de cette énergie, de cette "félicité" si j'ose dire, vers des choses d'intérêt capital qui touchent de près mon avenir. On verra ça plus tard, quand je serai au pied du mur et qu'il sera temps de s'inquiéter, il doit me rester encore un an à peu près.
J'ai réalisé que je détestais littéralement certaines personnes et que je leur parlais quand-même, avec beaucoup de difficultés parfois, ça nécessite que je prenne sur moi et que je ne cède pas à mes pulsions... Par contre j'ai quand-même envie de leur dire leurs quatre vérités, je suis pas sûre d'oser, mes pulsions se sont largement assagies et ont bien été dressées. Ca y est je déraille. Dites, vous avez remarqué que j'utilise un vocabulaire relatif à la psychologie ? Déformation pré-professionnelle vous croyez ? Où sont passés mes emportements poétiques d'autre fois ? Sont-ils désués, ont-ils été usés, dégradés et érodés par la puissance si assommante de ma complaisance à répéter inlassablement les mêmes tournures ?
Qu'importe l'évolution de ma plume, qu'importe qu'elle s'épointe, qu'importe que mes sujets s'émoussent, j'ai trouvé ma muse. Il est plus simple d'écrire lorsqu'une mélodie nous transporte à mille lieues, l'écriture est fluide, ça coule tout seul comme autant de pensées qui trouvent avec facilité la justesse de chaque mot, exactement comme il le faut, avec la bonne tonalité et l'intonation nécessaire.
Cependant l'art de faire un tout à partir de rien ne me sied pas forcément bien, je ne suis pas sûre que cela soit une bonne idée.

Me voilà bien embêtée, petite blogueuse des temps nouveaux avec pour seul thème la vacuité de mon existence. Je ne dois pas faillir, je sais que vous autres âmes perdues venez trouver refuge (pendant les périodes de spleen harassantes) dans cet asile de paix (pléonasme ? Je parle bien trop...), ce sanctuaire...On va s'arrêter là je pense.
L'autre jour j'ai découvert qu'on pouvait écrire de deux façons "fatiguant", je l'écrivais comme cela mais on peut aussi l'écrire "fatigant", c'est cool non ? Vous osez vous moquer de mon manque d'érudition évident en plus ? Non mais oh, je voudrais bien vous y voir, me délecter du spectacle de vous voir gesticuler dans tous les sens pour tenir à jour un blog écrit ! Et je me permets d'insister sur le "écrit", parce qu'évidemment si vous y laissez quelques photos de bon ton par ci par là comme on sèmerait un champs (qu'est-ce que je raconte ?!) pour montrer que vous avez une vie sociale accrue et riche en sensations je vous renvoie à la chanson de Bénabar "Les épices du souk du Caire". Et paf dans vos gueules.

Sinon, je veux savoir manger une pomme en adoptant la pouffiasse attitude, je veux pouvoir marcher dans la rue en regardant les autres filles de haut pour les écraser sous ma (non)-supériorité, porter fièrement des lunettes de soleil plus grosses que mon visage, sucer mon stylo avec atermoiement et sensualité et pas de manquer me casser une dent avec, manger une glace comme si je faisais la fellation du siècle, manger un kit-kat avec indolence et apathie, aller en boîte de nuit avec des copines que je "kiffe de trop" et aveugler les gens de mon déhanché de salope, pouvoir dire le lundi matin "je suis crevée j'ai fait la fête tout le week-end" et non "je suis crevée j'ai joué avec mon chat jusqu'à 3h du matin" (j'exagère là). Enfin bref, la vraie vie de toutes les étudiantes parfaitement clonées et copiées les unes aux autres qui sont en psycho parce qu'elles ont toujours pas compris que ces études ne destinent pas à écrire la rubrique "Amours" du dernier numéro de "Jeune et jolie".

(P.S : Ca n'a rien à voir mais ce blog est aussi fait pour faire partager un morceau de sa vie, aussi frivole soit-il donc pour ceux qui ont vu leur adolescence bercée par Hartley coeurs à vifs, j'ai trouvé une vidéo sympa du couple mythique avec un medley des musiques de la série (que je trouve très belles), voilà, enjoy : http://youtube.com/watch?v=Sb-SGjLj4GQ )

Posté par Ninaverse à 18:04 - Commentaires [3] - Rétroliens [0]