Nina in the zone

"Nous sommes attirés par toute vie qui nous représente quelque chose d'inconnu, par une dernière illusion à détruire." (Marcel Proust)

29 avril 2008

"La capacité d'être seul"

Klimt_Sea_Serpents_IV__detail__by_Gustav_Klimt"Pourquoi cette haine amoureuse, cette pesante légèreté ? Cette vanité sérieuse? Cet innomable chaos des plus aimables formes ? Ce tout créé d'un rien ? Ces plumes de plomb... Comme les heures tristes semblent longues..."
Automatiquement, assise sur ma chaise, regardant dans le vide, faisant bouger frénétiquement et hystériquement ma jambe, je repensais à ces mots. Ces vers de Roméo et Juliette. Je dois probablement connaître l'oeuvre par coeur. Souvent ça m'arrive, je me surprends à faire émerger de mon esprit certaines proses qui m'ont marquées et que j'ai apprises sans même m'en rendre compte.
Ma prof  est en train de faire l'apologie de la relation symbiotique. Un élève lui demande pourquoi la scène primitive évoquée dans mon exposé se situe avant l'Oedipe après s'être offusqué du peu d'intérêt que je lui ai témoigné. J'ai lâché prise. J'écoute plus alors que c'est mon sujet, le thème que je dois défendre corps et âme. Je suis à des années lumières de la relation au Moi de Winnicott, à des kilomètres de l'activité masturbatoire du petit enfant. Tiens, c'est bizarre j'ai jamais eu l'intuition des jeux sexuels entre mes parents moi. Je me sens jamais concernée, mais je devais sans doute être une perverse polymorphe, après tout, c'est Freud qui le dit.

Je me sens plus proche de Roméo et de ses lamentations quotidiennes. Ma vie avant mes 12 ans je l'ai oubliée, je m'en souviens plus. Mais je devais probablement sublimer mes pulsions en jouant à la Barbie, après tout, pourquoi pas.
Roméo, Phèdre, Proust sont-ils des syndrômes de Capgras, un délire d'illusion des sosies ? Est-ce que je serais capable de faire une étude de cas là-dessus ? Est-ce que je suis psychotique comme Mr Na ?
J'ai mal à la tête. Je réponds vaguement à une question sans même en prendre conscience, j'ai tellement traité le sujet à fond que je l'appréhende sous toutes ses formes sans avoir besoin de réfléchir. C'est pas plus mal que la psycho devienne un automatisme au fond.
"Vous allez un peu vite" "C'était très clair" "C'est très intéressant". J'ai réussi un oral. Ca avait plus dû m'arriver depuis la terminale lorsque le prof vantait mes "capacités linguistiques" en anglais (et louchait sur mon décolleté, son image de prof qui détient le savoir absolu en avait pris un coup ce jour-là. Vulgaire mâle dégoûtant en chaleur). Cool. Mais je veux faire de la prose Madame, je veux étudier mes auteurs de prédilection.

Qu'est-ce qu'il est con l'autre là-bas au premier rang. Il a toujours des questions débiles à poser. En règle générale personne l'écoute parce qu'il lui faut dix minutes pour trouver ses mots et formuler correctement sa question, mais quand on lui prête attention il est vraiment lamentable. A croire qu'il a jamais eu de cours de psychologie avant. C'est pas grave, il est fier de participer, il aura un susucre à la fin de l'heure. Il est passionné et concerné par tous ces débats actuels sur l'enfance, c'est sa vie. Il faut bien le montrer aux profs dans l'espoir que peut-être à la fin du cours on lui dise "Vous savez, vous avez un réel don pour la psychologie, vos raisonnements sont très pertinents". Il doit y croire. Le voilà enorgueilli. J'aimerais lui dire qu'il me paraît être sur la mauvaise voie. Il montre bien à toute la classe qu'il a acheté les livres conseillés en les exhibant présomptueusement sur son bureau. Je suis sûre qu'il les lit pas. Mais au moins il a écouté mon exposé. J'écoute jamais les exposés des gens, je gribouille sur ma feuille.

La mélopée de la musique de Rencontre avec Joe Black submerge mon esprit. Il est envahit de notes, de complaintes. Il faut que j'arrive à me concentrer sur le cours. Non... Tout mon esprit se focalise sur d'autant plus de textes, de pensées, je suis passée de Roméo et Juliette à Cyrano de Bergerac "Qui connaît son sourire a connu le parfait, elle fait de la grâce avec rien, elle fait tenir tout le divin dans un geste quelconque". Bon sang c'est dingue toutes ces citations que j'ai assimilées sans m'en rendre compte. Et la mélodie continue, on est sur légendes d'automne maintenant, ça tourbillonne, mon esprit vagabonde, je peux plus le retenir prisonnier. Pourtant mon corps est inerte, mon visage inexpressif, mes yeux sans profondeur. Qu'est-ce que je peux être cruche par bien des côtés avec mes références cinématographiques. Comment expliquer que je sois aussi lucide sur la réalité des choses et que je me laisse pourtant émerveiller par les plus niaises idylles romantiques surjouées mettant en scène Brad Pitt ou je ne sais quel play-boy ?
Quoi ? Ah oui, la scène primitive... Le coït parental... Quel paradoxe. Mon esprit doit alterner des barbaries pareilles avec des sentiments aussi délicats qui n'existent que dans les fictions.
Oh et puis après tout pourquoi j'en fait un article ? Comme si c'était la première fois que j'étais déphasée tiens... Non mais quelle emphase, j'te jure. Envolée lyrique à deux balles.
 

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13 avril 2008

Faust's state of mind : http://www.youtube.com/watch?v=SUEJh_KMrCo

Ambiance du moment. Encore une référence que certains jugeront futile, qu'importe, ceux-là ne me connaissent pas.
Envie de parler du passé, envie de parler de moi, du rassemblement de petits moments absurdes, spirituels, inexpliqScan0038ués, troublants et doux à la fois qui m'arrivent.
Il m'est impossible d'évoquer son absence sans ressentir une boule douloureuse et prenante dans la gorge. Il m'est inévitable d'en parler sans ponctuer mes phrases de trémolos. Il fait partie de moi, de mon histoire, de ce que je suis, de ce que je deviendrai peut-être. Il se trouve dans un lieu sûr inattaquable. C'est secret, sacré, inatteignable. En moi il continue de vivre.

Il y a longtemps, lorsque l'on vivait encore à Mazan, j'ai fait l'expérience d'une scène étrange. Quelques secondes avant que le réveil sonne, je me tenais les yeux ouverts et j'ai vu quelqu'un assis à côté de mon oreiller. Lorsqu'il s'est rendu compte que j'étais éveillée, il a tourné doucement la tête, fixant le sol avec une expression de mélancolie et d'apaisement sur son visage. Il s'est levé et s'est dirigé à l'autre bout de ma chambre. A cet instant précis, mon réveil a sonné. Surprise, je me suis retournée ébahie vers ma table de nuit et j'ai coupé la sonnerie. Un regard vers la porte, il n'était plus là. Il était parti lui et son chapeau. Papi chapeau, c'est comme ça que Géraldine l'appelait.
J'aurais dû être pétrifiée connaissant ma nature, j'étais pourtant emplie d'un sentiment de paix et de sérénité. Tant de bienveillance. Par quelle aberration m'aurait-il voulu du mal ?
Il m'a donné l'impression d'avoir accompli son devoir. Il avait veillé sur moi, sur mon sommeil toute la nuit et s'en est allé lorsqu'il eut été assuré que tout allait bien maintenant, que tout irait bien pour moi. Hallucinations ? Interprétations ? Production délirante de mon inconscient ou évènement issu d'une réalité qui nous dépasse ? J'aime à penser que c'est quelque chose d'autre que du délire névrotique post-deuil.

Depuis qu'il est parti, chaque année je rêve de lui vers le mois de Novembre. En général il est près de moi et le silence domine. Une autre fois il me serre dans ses bras au milieu de toute la famille organisée en deux rangées qui nous entourent de chaque côté. Ils applaudissent.
J'ai compris alors qu'il constituait une sorte d'ange gardien.
Il y a bientôt deux ans maintenant, je devais rendre visite à une amie de ma mère à la clinique de Carpentras.
Cette clinique était celle où mon grand-père avait vécu ses derniers instants. Devant les bâtiments imposants malgré la petitesse de la clinique, même boule dans la gorge qui me serre, pensées confuses, oppression, larmes. Je revoyais distinctement les fauteuils orange citrouille de la salle d'attente, le visage en larmes et tétanisé de ma cousine, l'accumulation de la fatigue, les cheveux emmêlés, les traits fatigués et stressés, tout le chagrin et le concept de l'absurdité de la vie à intégrer.
Car la mort est ingrate et indécente. Elle suscite l'indignation chez moi, elle ne peut pas être le seul destin commun et irrévocable de tous les êtres humains.

Cela fait un an que je ne rêve plus du tout de lui. Cela devrait être normal et plutôt rassurant. Pour moi c'est inquiétant. J'ignore ce que cela veut dire. Mon prof de psycho, s'il lisait ça, m'internerait sans doute d'office. Peu importe. Ce sont des pensées d'une autre sorte.

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20 mars 2008

"On revient toujours à ses premières amours" (La Rochefoucauld)

logo2005, Britney Spears se déhanche sur "Do something", ça fait rire Matthieu en cours. Terminale L, l'année du bac. L'année où j'avais des goûts de chiotte pour la musique, où j'écoutais "I don't wanna know" de Mario Winans en pensant à Marc. Une compile des clips de Britney gravée sur un CD "tite puce Britney" entouré de coeurs, entouré de sucrerie collante.
Bon sang on dirait que trois années se sont écoulées sans que j'ai vraiment vécu depuis. Je me rappelle de rien depuis la terminale.
Je suis rose bonbon remplie de glucose malgré mes 58 kgs. L'apogée de ma vie amoureuse, insouciance, je plane, ce que je peux l'aimer.

'Y a beaucoup de répétition du mot "vie" je trouve. C'est logique au fond, c'est la seule fois où j'ai vraiment existé, été, j'étais heureuse.
J'dis pas que ça m'arrive plus, mais quel niveau d'intensité.
Relation fusionnelle, passionnelle, destructrice. Et j'te serre la main tellement fort, tellement vigoureusement, c'est que je veux être toi tu comprends, je veux te montrer à quel point tu es en moi, à quel point je t'aime. Tout mon être en est imprégné de cet abandon total à ta personne. Et tu me presses la main en retour, ça fait mal, mais c'est l'équivalence de notre complicité. J'endure tout.
Nous, inébranlable, absolu, providentiel, redoutable. Tout l'amour d'une gamine de 17 ans qui aime pour la première fois sans retenue, inconditionnellement, avec ardeur et naïveté.
Qu'est-ce que j'étais conne. Qu'est-ce que j'étais candide. A cette époque si tu étais parti "Chaque seconde aurait été ma fin du monde". Tous les poèmes et les proverbes les plus ineptes tu y avais droit.

Odeur de chocolat, odeur de fraise qu'on gratte sur une pochette de CD. Quelques mots esquissés au crayon gris sur mon agenda. Quelques grains de sable que je retrouve encore parfois dans mon lecteur. La connerie et le ridicule des mots amoureux en fluo qu'on trouve sur les skyblogs.
Goût de cigarette et d'ice-tea, exhalation estivale, les gouttes d'eau sur ton corps frêle mais si rassurant.
Je sens le fruit, je sens la crème à la fraise. Ivresse, ennivrée par la trace de ton parfum sur un pull. Mon second doudou. La gourmette trop grande pour mon petit poignet, fierté d'exhiber que moi aussi j'appartiens à quelqu'un : "Marc" gravé dans l'argent.
Premiers émois, première et seule réelle passion, désir, envie, folie, tourbillon qui nous emporte, un manège à deux et Dieu que tu es beau, Dieu que les anges sont beaux...
Frénésie, fougue, furie, boulimie, si la société le permettait je t'aurais violé en plein milieu des gens. Attraction intempestive.
Tee-shirt difforme avec lequel je dors encore parfois. Sans doute, j'imagine, un objet transitionnel à la con.
Hargne, éclatement, jalousie maladive, rage de ne pouvoir se posséder que partiellement, besoin permanent de l'autre, un bip par ci, un bip par là et courroux, tumulte exagéré s'il n'y a pas de réponse. Ne faire qu'un, la voilà la solution qui nous aurait été bénéfique.
Première histoire amoureuse, la plus importante dans la vie de chacun. Mon addiction à moi, mes fous rires, mon âme éclatante de joie, mon corps plus fébrile et en feu qu'il ne l'a jamais été, mon coeur plus mutilé et marqué que jamais, cette année 2005.

Je te l'avais dit que je ferai un article sur toi ;)

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14 mars 2008

"Vois sur ton chemin gamins égarés, oubliés..."

Aujourd'hui j'ai commencé mon stage sur l'adolescence dans le collège de ma mère à Orange. J'ai extrêmement mal à la tête. J'ai passé la journée avec la CPE qui, il faut le dire, enchaîne les entretiens. Et vas-y que j'ouvre la porte et vas-y que ça défile. Huit heures, non stop. C'était très intéressant mais je dois dire que les antécédents et les problèmes des jeunes sont inimaginables. Je ne pensais pas que c'était à ce point et que ça relevait d'une telle gravité. Bon évidemment je vais pas vous en parler à cause de l'éthique "professionnelle" parce que c'est extrêmement personnel (c'est déjà un miracle d'avoir le droit d'écouter leurs déboires avec la CPE). Cependant, j'ai réussi à récupérer une lettre d'une fille destinée à une de ses copines. Je veux vous la retranscrire parce que j'ai bien mis dix minutes à la déchiffrer. Ce n'est pas une blague, ceci est la pure réalité, sous vos yeux mesdames et messieurs :

" Coucou ma rababounette !

Jte rpn à ta lettre tjr avec bonheur...
Le plus dure c lé amoures...
Euh ooo, ben najib oué il é gentille mé foré tu lui demande, jé son nume mé ptin jé plus mon portable donc sava être dure !!!
Kan tu me dit tt ce ke t'm bien ché lui tkt jte comprend !!!
Issam oué il é bo mé ia plus bo !
Osmane ptin 2yeux vert ta raison il é tro bo mé mnt je laisse tombé, les zamoures mtn pr mwa sa va po 2tte façon je ss grosse laide ! vla kwa !
PS: dsl pr l'écriture les fautes !

BIENSURE K'ON SE KIFF GRAVE ! BSX A TWA ! TJR PLEZ  2T'ECRIRE PR MWA TES CME UNE SOEUR !
L'amour fait en amitier"

Pendant un moment je me suis demandée si l'autre allait réussir à la comprendre sans problème. Vous croyez qu'ils écrivent tous comme ça ? Je suis assez perplexe, cette écriture à l'intuition, comme ça, sur la base de la phonétique. Ma petite cousine de 4 ans écrit comme ça, donc bon, si à 13 ans on a le niveau d'une gamine de 4 ans....
Je suis toujours dubitative quand à la dernière phrase de la lettre, cette expression insolite "L'amour fait en amitier"

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27 février 2008

What the hell...!

C'est marrant la fac. C'est tout un petit système à part, un microcosme bien particulier. A la fac, vous vous levez très tôt le matin pour finalement ne pas avoir cours. A la fac vous retrouvez plein de communistes assis en cercle dans le hall d'entrée. A la fac vous trouvez des étudiants en licence 3 qui ont 25 ans parce qu'ils arrêtent pas de redoubler. A la fac il y a aussi ceux qui jouent leur vie sur des discours bien-pensants chaque semaine, car chaque semaine nous avons une fois de plus subit le contre-coup de l'opression Sarkozyste. On s'ennuie jamais à la fac. Là-bas les étudiants sèchent tous les cours et fument dans l'herbe et exigent tout de même plus tard la sécurité de l'emploi, que cet emploi soit bien rémunéré mais surtout en travaillant un minimum. On y a tous droit, on est égaux, tout le monde doit être traité pareillement, le glandeur comme celui qui dépense toute son énergie à travailler.

J'étais en train de me dire que j'y poserais volontier une bombe, ou peut-être qu'un jour je devrais me mettre à crier très fort. Depuis le début de la semaine je me rends à la fac et j'ai jamais cours.
Je devrais peut-être leur jouer un fa dièse aigu à la flûte traversière la prochaine fois que j'en surprends un à m'arrêter dans la fac pour me dire qu'il faut lutter contre la mondialisation. Mais ça veut dire quoi ça d'ailleurs ? Je pense qu'un jour je vais me faire massacrer car je leur réponds de plus en plus mal. D'accord... Je suis peut-être trop haineuse par moment mais hé, regardez ce que Zola a dit à propos de la haine : "
La haine est sainte. Elle est l'indignation des coeurs forts et puissants, le dédain militant de ceux que fâchent la médiocrité et la sottise.".  Vous le saviez pas, vous le saviez pas, hein ! On se sent tout de suite mieux !
Bon allez j'arrête sinon je vais encore m'attirer les foudres de personnes qui croient que lire un article suffit pour affirmer que je suis prétentieuse.

Vous connaissez la série française (bien entendu) "Chante" ? Cette série qui se dit être une comédie musicale. C'est avec la chanteuse Priscillia, vous savez la petite tête à claque qui est passée de l'âge de 13 ans à celui de 18 en 5 mois et demi. C'est assez effrayant comme concept de faire une série avec cette chanteuse. On se dit que le risque est gros mais que ça plaira sûrement aux collégiennes qui s'essaient à rentrer à la Star ac'. Remarquez je suis mal placée pour critiquer, à mes heures perdues je regarde Les vacances de l'amour.

Non... Soyez pas vaches, c'est toute mon enfance Hélène, tous ceux qui tombent aujourd'hui sur nos anciennes émissions (très débilitantes) seront attendris et regarderont au moins une fois.
Hélène et les garçons c'était les cheveux longs que je n'avais pas, c'était le Prince Charmant auquel je croyais, c'était les jeux dans la cour de récré au CP et au CE1 avec les copines qui se disputaient entre elles pour avoir le rôle d' Hélène. C'était l'innocence et la pureté qui m'aidaient à échapper au quotidien acide que me renvoyait ma maîtresse du CE1. Qu'est-ce que j'ai pu m'en prendre plein la gueule à cette époque.
Maîtresse qui m'a valu six mois avec une psychologue qui répétait à ma mère qu'il fallait à tout prix me changer d'école, qu'on était en train de me bousiller, de me détruire et que cela allait créer des dommages importants sur l'image que je me faisais de moi-même. Elle avait peut-être pas tort.
Mon blocage en mathématiques provient de là, mon manque de confiance en moi est le résultat d'une année entière de lavage de cerveau à m'entendre dire à quel point j'étais moche et nulle. Merci madame. J'ai bien appris ma leçon. J'ai 8 ans et déjà je sais ce que ça peut faire de ne pas s'apprécier, je vous le dois. Rien qu'à vous.
Combien de fois a-t-on répété à ma mère que cette maîtresse m'écrasait car j'étais plus futée et donc plus irritante que la plupart des élèves de 8 ans ? Surdouée, moi ? Non vous rigolez.
J'étais surtout perfide, énervante, moqueuse, maligne et j'étais une terreur en classe avec Bonbon Cléo. On gribouillait les cours des autres, on allait au "piquet" sans arrêt. On nous enlevait des bons points.

Bonbon Cléo me manque. Refaire le bruit de quelqu'un qui meurt subitement en sautant de la balançoire de son jardin, me manque. Grimper dans les arbres et tuer des méchants avec lui me manque.
Merci madame, merci d'avoir assombri partiellement mon enfance.

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Une de mes chansons favorites de Goldman, à savourer !

Elle attend

Elle attend que le monde change
Elle attend que changent les temps
Elle attend que ce monde étrange
Se perde et que tournent les vents
Inexorablement, elle attend

Elle attend que l'horizon bouge
Elle attend que changent les gens
Elle attend comme un coup de foudre
Le règne des anges innocents
Inexorablement, elle attend

Elle attend que la grande roue tourne
Tournent les aiguilles du temps
Elle attend sans se résoudre
En frottant ses couverts en argent
Inexorablement, elle attend

Et elle regarde des images
Et lit des histoires d'avant
D'honneur et de grands équipages
Où les bons sont habillés de blanc
Et elle s'invente des voyages
Entre un fauteuil et un divan
D'eau de rose et de passion sage
Aussi purs que ces vieux romans
Aussi grand que celui qu'elle attend

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17 février 2008

Fanchon Fadet

poupees_russesOn est déjà le 17 Février. Je me souviens de la journée que j'ai passée il y a un an. En réalité, c'était un 14 Février. Je me rappelle que j'étais rentrée chez moi et que je m'étais cachée sous la couette pour pleurer tout le mal qui me rongeait.
Mais la roue tourne. J'ai fait du chemin, j'ai gagné en maturité. Je me suis bonnifiée, comme le vin, j'ai fait des choses, j'ai enrichi mon esprit, je l'ai ouvert à toute forme d'activité intellectuelle en passant même par la politique. On peut dire que j'ai fait le tour de moi-même. J'ai vu de quoi j'étais capable, j'ai même, je dois le dire, sans prétention aucune, été rarement confrontée à mes limites. J'ai l'impression d'être un être grandissant, ne pouvant que s'élever et se tirer vers le haut. Je me sais dans la possibilité d'accomplir de grandes choses, tout est accessible. Tout est possible pourvu que j'y mette de la bonne volonté.
J'aime ce que je suis devenue, ce que je réussis à être grâce à mon passé chargé mais qui est si crucial aujourd'hui pour comprendre ce que je suis.
Ne croyez surtout pas que je fais ici mon apologie.

Quand on parle de moi en famille, on se rappelle qu'à 14 ans j'ai fait une crise d'adolescence cocasse qui en amuse plus d'un lors d'un dîner familial. On aime à afficher devant les autres à quel point j'ai été ridicule et idiote. Comme je suis susceptible je dirai que c'en est humiliant.
Mais c'est de bon ton, on y voit aucun mal, on cherche juste à distraire les invités et la famille.
Parce que la vérité c'est que personne n'a eu l'ombre d'un doute quant à mon consentement avec cette relation que j'ai pu vivre.
Personne n'a jamais soupçonné une seconde le calvaire que ça a été pour moi.
Tout le monde se fout même du fait que j'ai pu à un moment être violée dans mon libre arbitre. Non. On vous dira que j'ai eu ce que je méritais. Je l'ai bien cherché, j'ai voulu feindre une certaine maturité. Moi-même j'en suis restée longtemps très convaincue. On me parlait plus, on me faisait comprendre que j'étais mauvaise et que si je voulais jouer aux grandes, il fallait que j'en prenne la responsabilité.
C'est ce que j'ai fait. J'ai pris sur moi. Je me suis murée dans le silence. J'ai "accepté". J'ai accepté bien trop de choses. J'en ai assumé les conséquences. J'aurais pas dû. J'aurais pas dû écouter ma mère ni regarder le visage oûtré et âpre de ma famille. J'aurais dû dépasser leur acidité. Mais je n'étais qu'une enfant. Je n'avais justement pas de "maturité", pas assez. Je ne pouvais pas endosser un tel poids, on aurait dû me soutenir.
Je les accuse aujourd'hui d'avoir été complices de mon assujettissement. Mais ils ne voyaient pas, ils ne voulaient pas voir.
Moi j'ai vu, j'ai bien trop vu. J'ai joué avec le feu.

Aujourd'hui je ne regrette rien. Pas même cet épisode dramatique qui m'a fait grandir plus vite que les autres. Ni même les conséquences que cela a eu sur mon poids ou sur la haine que je me vouais à seulement 15 ans.
Aujourd'hui je réalise, qu'on a beau être quelqu'un qui a beaucoup à offrir, qu'on a beau être cultivé et compréhensif, cela ne sert à rien. On vous juge toujours sur votre apparence, même à 20 ans.
Quand vous marchez dans la rue, vous tombez souvent sur des garçons très beaux qui tiennent la main à des baba-cool sans aucune féminité ni beauté. Comme je le disais plus tôt à une amie, on dirait qu'il faut être moche et mal sapée pour être intéressante.
Les gens sont d'une hypocrisie inouïe. En s'exhibant de la sorte devant les autres, ils veulent vous faire comprendre qu'ils sont intelligents EUX, ils sont après une beauté secrète qui ne saute pas aux yeux EUX. Ils arrivent à voir la beauté cachée (ou totalement inexistante) de leur moitié. Enfin c'est ce qu'ils veulent vous faire croire. Ils veulent véhiculer le message que pour eux la beauté physique n'est pas importante, que ce qui importe c'est l'intérieur. Vous savez, comme dans tous nos contes de fée d'enfant (La petite Fadette, La Belle et la Bête...).
Le problème c'est qu'ils sont d'une fausseté incroyable sans s'en rendre compte. Ils vous affirment implicitement (en s'affichant dans la rue avec leur clodo) que l'apparence ne compte pas si bien qu'ils vont dédaigner et mépriser une jolie fille. Ils ne lui prêtent même pas attention.
C'est là qu'il y a un petit souci... Je m'adresse à vous: Messieurs, saviez-vous qu'une fille peut être belle et intelligente et même dix fois plus cultivée que votre sac pseudo philosophe que vous vous évertuez à traîner ?

C'est un problème qui survient lorsqu'on a 17 ans. C'est un phénomène de mode.
Car vous êtes jolie on vous classe inexorablement dans le rang de la piche sans cervelle... Et ils veulent nous faire croire qu'ils ne portent aucun jugement d'aucune sorte sur le physique ?! N'y a-t-il pas là une dissonance ?
Alors moi je vais aller plus loin. La plupart du temps, bon nombre de mes copains passent à côté de filles géniales juste parce qu'ils ont le souci de se montrer spécial. Ils veulent tellement montrer qu'ils sont pas comme les autres mecs qu'ils me pointent du doigt la fille la plus hideuse et la plus mal fringuée de l'amphi. Parfois j'ai du mal à identifier le sexe de la personne. Ca frôle l'androgynie.
Je supporte plus cette tendance là. Ces espèces de connasses clônées partout avec leur voix lésée et leur chiffon sur la tête. Ces filles qui se prétendent uniques et marginales alors qu'elles sont une majorité avec leur joint et leur façon chronique de boire de l'alcool dès qu'il y a l'ombre d'une fête en vue.
La plupart du temps elles ne sont même pas réellement cultivées ou intelligentes. Elles sortent deux trois idées bien placées pour montrer qu'elles sont blasées, déçues et ne croient plus en rien. Ca fait bien. Elles ont été traumatisées par le capitalisme et la vilénie des hommes, elles arrivent même plus à rigoler. Le monde est sale, l'homme est mauvais. Heureusement Saez est là. Elles vous traîneront à des expos d'art moderne. Ouais, et sinon Manet tu connais ? Hein ? Qui ? Ah ! Amélie Nothomb ? Houellebecq ? Bien sûr ! Fais péter le panaché y a une teuf de fou qui se profile à l'horizon ! Bush c'est un dictateur sérieux ! Mais David Lynch il est géant ! Je suis une artiste, je sais dessiner !
D'ailleurs en général lorsque vous mettez ces filles à l'oeuvre, pour évaluer leur talent de prose, c'est bourré de fautes et d'idées rebattues. Bon sang ça devient d'un commun d'être extrême gauche, de savoir dessiner et jouer du djumbe en fumant avec un air de grand sage. Manu Chao les gars !
Non mais sérieux, c'est pas plus rare et changeant une fille jolie, féminine, QUI SE LAVE, qui est cultivée et qui s'ouvre à tout ? Une fille qui se fiche de vos tendances politiques et qui vous met pas en quarantaine si vous soutenez pas Besancenot ? Malgré ses propres convictions ?

Je finirai sur cette merveilleuse citation de Thalia : "Ca fait genre je suis intelligent je sors avec un sac".

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31 janvier 2008

Connivences

Ma vie a été prodigieusement copiée par la série Buffy. Je demande des droits d'auteurs. Je vous en donne un aperçu chaque vidéo correspond à une étape de ma vie. C'est pas un peu du plagiat ça ? D'ailleurs je suis oûtrée par tout ceci :
http://www.youtube.com/watch?v=OeH2D1HtAz8 : Jean et moi
http://www.youtube.com/watch?v=Izsia6Bs7T0: Ma mélancolie de l'an dernier "La mélancolie est une maladie qui consiste à voir les choses comme elles sont, ce qui est déficitaire c'est l'illusion" (Gérard de Nerval)
http://www.youtube.com/watch?v=Z2SsYrmezR8 : Un évènement de mon adolescence
http://www.youtube.com/watch?v=RobwOJ1przc&feature=related : Julien et moi

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23 janvier 2008

La reine du Moi-moi-moi

Ma vie ces temps-ci me fait penser à un champs de maïs génétiquement modifié auquel on aurait foutu le feu.
Dites, vous avez remarqué vous aussi que pratiquement tous mes articles commencent par "Mon, ma, je", il n'y a rien de plus narcissique qu'un blog. Si vous saviez ce que l'on apprend en psychologie sur le narcissism893368708e, croyez-moi on a beaucoup plus confiance en nous que ce que l'on croit. Y a un truc aussi, c'est ma façon d'étaler mes petites misères de façon si... "Esthétique" : "Il n'y a guère que le sadisme qui donne un fondement dans la vie à l'esthétique du mélodrame" (Proust). Bon sang ce que je suis sadique, bon sang ce que je suis narcissique.

Pardonnez cette petite paranthèse. J'étais en train de vous dire que lorsqu'un pan de votre vie s'effondre, obligatoirement, un autre pan de votre vie va s'empresser de faire de même.
Il devenait déjà difficile de vivre avec l'idée accaparente que j'allais planter cinq examens sur huit, réussissant à sauver les meubles sur les trois examens restant en ayant pas plus que la moyenne... Enfin bref.
C'est très pesant, cela me poursuit jusque dans mes rêves, ça donne à peu près ça : "Coucou je suis une communication neuronale et tu ne comprends rien à mon fonctionnement ! Sans parler de ma copine l'adénohypophyse (si tant est que ça s'écrive comme ça) et toutes mes autres amies dont le nom est trop compliqué pour que tu t'en souviennes !".
C'est donc cet aspect de ma vie qui en ce moment est en oscillation perpétuelle, en branle.

J'avais à côté réussi à jouïr des charmes de la vie végétative, je m'y plaisais vraiment. Je survivais en me levant le matin, en révisant une bonne partie de la journée et en ayant pour seule motivation la quête d'un Donuts au chocolat interdit. C'est fascinant la vie végétative, vous vous retrouvez avec pour seul but, pour seul plaisir, l'appropriation d'un beignet. Ca me convenait parfaitement !
Sauf que l'enfer c'est les autres. Jean-Paul Sartre avait raison.  Je vous parle pas de l'histoire où l'Autre est l'intermédiaire entre moi et moi-même, non, non. Voyez plutôt :
Hier soir j'étais emplie d'une fierté et d'une joie débordante (c'est fou ce que les sentiments les plus simples sont denses et amples lorsqu'on reste à un niveau de vie superficiel) parce que je venais de recoudre toute seule mon compagnon de nuit, vous savez, le transitionnel (transition qui perdure) Doudou. Il était déconfit, râpé et en perdait toute sa mousse. En même temps il doit bien avoir 18 ans. C'est un peu le réceptacle de ce que je suis avec mes 20 années, sauf que lui, son éraillement ne peut transparaître que physiquement. Moi, c'est intérieur, mais je suis tout autant en lambeaux et érodée que lui.
J'avais ensuite regardé un film assez divertissant à la télé, puis j'avais embarqué avec moi un gros paquet de Palmitos au chocolat à déguster devant l'ordinateur.

Oui mais voilà, les gens, pour se sentir vivre ont besoin de se nourrir de votre malheur. Si vous vous remettez plus tôt que prévu, ça leur pose un sérieux problème parce que ça veut dire qu'ils ne pourront plus discuter avec vous et jubiler de votre peine en se disant qu'ils sont mieux lotis que vous.
Satine, mes Palmitos et moi menions jusqu'à cet instant une vie rangée qui avait retrouvé un certain équilibre (fragile, certes), sauf que  je n'avais pas le droit de retrouver la paix aussi vite. Il faut que je serve à justifier l'existence des autres.
Tiens d'ailleurs, laissez-moi vous dire que si je me remets aussi bien de toutes les peines de coeur à venir, j'en suis ravie. Je pense d'ailleurs qu'on ne connait la souffrance qu'une seule fois, la première fois. Je ne dis pas qu'après on ne souffre plus mais ayant perdu ce que j'avais perdu quand Marc m'a quitté, je crois qu'il était évident que je ne ressentirai plus une telle perte avec pour support une douleur béante une seconde fois. C'est incomparable. Personne n'aura l'importance qu'il avait et quelque part tant mieux, parce que mettre autant de temps pour guérir, je préfère ne pas avoir à le vivre tous les jours. Mais de toute façon je crois l'avoir déjà dit, ma relation avec mon ex était tellement artificielle que je ne suis même pas sûre d'avoir ressenti un amour transcendant. Ceci justifie donc peut-être cela.
Bref, pour reprendre ce que je disais tout à l'heure, un visiteur quidam qui se foutait totalement du mal qu'il pouvait me faire, saccageant tout sur son passage, est venu m'alerter hier soir (sur internet) en toute bonté de coeur, pensant sûrement, dans un élan de générosité, me rendre service, que ma foi, mon ex petit ami m'avait manipulé du début à la fin et ne m'avait jamais aimé.
Vous comprenez, lui, il a un cousin qui connaît très bien mon ex et quand on lui a dit qu'il sortait avec moi, cette personne a bien ri et dit un truc du style "Encore une qui va se faire jeter et qui va y croire jusqu'au bout !". D'ailleurs apparemment, si j'en crois les dires de mon visiteur, mon ex était un sombre calculateur qui prévoyait déjà ses infidélités à mon égard.

Donc là, me fichant du chocolat sur mes doigts et de la saleté que j'allais déverser (Oui je mangeais mes palmitos) je me suis raccrochée à n'importe quoi, en tapant sur mon clavier les premières choses qui me venaient à l'esprit, pour contrer ses attaques. Sauf que la panique me rendait peu crédible.
Forcément j'ai dû sortir ma petite astuce en lui rétorquant : "Je t'interdis de le juger de la sorte !". C'est toujours très fort et impressionnant le "Je t'interdis" en début de phrase. Ca intimide, c'est ce que je dis pour montrer que je suis confiante, sûre de moi, pas du tout décontenancée alors qu'en réalité, je suis tout l'inverse.
Evidemment, torrent de larmes, explosions, lamentations. Voulant me protéger comme je le pouvais, j'ai tout simplement quitté la conversation (piètre auto-protection, je vous l'accorde). Putain, je voulais juste manger mes biscuits et jouer à deux trois jeux débiles en réseau ! Mais non ! Un connard est venu m'exposer ses théories et m'a mise sens dessus dessous (up side down). S'en est ensuit un mélange entropique qui a intensifié ma peine,  je me suis rappelée qu'aucun de mes frères ne vit plus à la maison, que la première fois que j'ai fait l'amour j'avais 17 ans et que j'ai pleuré juste après, que mon premier 1/20 en maths (un point pour l'encre) date de la 1ère L, qu'à mon premier exposé de latin sur Néron j'avais eu 18, que la musique du film "Ensemble c'est tout" me fait penser à Yannick,  que la première fois que j'ai eu Satine c'était en Mars 2006, que la première fois qu'on m'a dit que je ressemblais à Buffy c'était en 4ème, que la première fois qu'on a voulu me tuer c'était aussi en 4ème, que je jouais à Alerte à Malibu avec Marine dans ma piscine de Mazan, que Joseph a été l'objet d'un délire platonnique pendant un an, que la première fois que j'ai parlé Philippe j'ai su que c'était mon jumeau, que lorsque j'ai voulu jeter à l'eau mon meilleur ami, en 3ème, il s'est écrié "Je suis clostrophobe !!!"...

J'ai voulu me tourner vers quelqu'un, j'ai passé tout le monde en revue et je n'ai trouvé personne, parce que vous comprenez les gens sont tellement géniaux et empathiques que lorsque vous les appelez pour leur exposer ce genre de situation, si c'est un mec il vous répondra : "Ohlala mais tu l'as pas oublié ? Faut passer à autre chose !" vous vous faites limite engueuler et vous vous rendez compte qu'il a tout sauf bien cerné le problème. Si c'est une fille : "Oh mais nooon, le crois pas !". Chouette me voilà consolée.
Donc, je me suis blottie sous la couette, avec mon seul ami, mon doudou, et j'ai pleuré jusqu'à ce que mon cerveau et mon corps soient apaisés par la sécrétion d'endorphine et jusqu'à ce que je retrouve mes esprits. Oui parce que, si c'est vrai ce que l'on m'a dit, alors là, châpeau ! Mon ex a la palme du menteur professionnel. J'ai réalisé que je savais déjà qu'on m'avait raconté n'importe quoi et que les Liaisons Dangereuses restent une fiction.
J'ai réalisé une chose plus importante encore. Ce qui fait vraiment mal c'est l'idée intolérable qu'on ait pu ne rien représenter pour quelqu'un. Nous sommes narcissiques comme je le disais plus haut, psychanalitiquement parlant. L'amour propre fait très mal lorsqu'on se dit que peut-être on a été trahi, ou qu'on a été insignifiant pour quelqu'un. Cette vérité là est inacceptable, mais c'est celle qui s'impose comme authentique lorsqu'on a en fait tiré un trait sur la personne depuis longtemps.

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13 janvier 2008

Oubah oubah ! Les étudiants exigent...

La nuit, dans mon studio à Aix, on dirait que les gens attendent que j'aille au lit pour venir mugir sous ma fenêtre. Ma rue est quand-même paumée, il n'y a rien dans cette rue, en réalité plus bas il y a la rue des cordeliers, mais c'est tout. Faudrait qu'on m'explique pourquoi tous les d'jeunz super branchés d'Aix viennent dans ma rue et s'y installent des heures durant.
D'ailleurs, ils sont ridicules. J'imagine qu'ils sont soûls parce qu'ils sont l'égal de gros boeufs affamés. Si vous entendiez leur voix, leurs vagissements... Ca donne vraiment l'impression d'assister à une cacophonie orchestrée par des hommes de Cro-Magnon. On dirait qu'on a reculé dans le temps.

Je les supporte de plus en plus mal. C'est inénarrable. J'essaie comme je peux de m'endormir mais ils arrivent en bande et campent devant ma porte et chantent, et parlent, et rient, (Dieu seul sait s'ils n'allument pas un feu de camps) et ce qu'ils disent est absolument incompréhensible, ils articulent pas, je sais même pas comment ils communiquent entre eux mais en tout cas ils ont l'air de se comprendre.
Peut-être comme les chauves-souris, par ultra sons mais enfin ça n'explique pas le problème de leur cerveau en dégénérescence. Ils sont tellement abrutis et cantonnés dans leur fonctionnement le plus simple de mâle dominant (à savoir pisser contre ma porte ou taper dans les poubelles en poussant des grands cris virils victorieux (il faut dire que c'était une attaque musclée et très dangereuse)) que je me demande comment le cerveau arrive à analyser et à traiter l'information provenant des ultra sons.

C'est quand-même humiliant de boire, moi rien que de les voir se donner en spectacle ça me fait passer l'envie d'essayer. Si c'est pour se retrouver aussi calamiteux, ça relève tellement du navrant que j'en vois pas l'intérêt.
Mais bon, faut vivre, t'es jeune t'as 20 ans, tous les jours est une occasion de plus d'enculer Sarkozy en donnant un coup de pied dans ma poubelle et c'est aussi une occasion de pisser contre les murs pour marquer ton territoire d'étudiant parce que comme tu l'as si bien affiché un peu partout dans les amphis: "Pécresse m'a tuer". Notez la faute d'orthographe qui consiste à employer un infinitif là où il aurait fallu un participe passé. Mais ça va on t'en veut pas, si tu fais que ce genre de faute qui est finalement pas évidente, on le reconnait, tu peux quand-même encore avoir des chances d'être persuasif.
Après tout, c'est pas ta faute si on a interdit les dictées au collège car t'étais censé apprendre l'orthographe tout seul en lisant des livres (faudrait arrêter de surestimer notre chère "élite" française).
Soyez pas trop méchants, c'est normal aujourd'hui de confondre les infinitifs et les participes passés, c'est normal d'écrire "sa vas ?" et après de citer les plus grands : "Méfiez-vous de celui qui veut remettre de l'ordre" (Diderot) et d'afficher cette belle citation que t'as trouvé sur Evene.fr, une fois de plus dans les amphis. C'est bien, t'es un brave soldat qui lutte contre l'oppression... Euh... Disons plutôt, qui se bat contre des moulins à vent, mais bon, soit, je fais des études pour soigner la paranoïa (délire de persécution, mégalomanie, ça te dit quelque chose ?).

Posté par Ninaverse à 14:26 - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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