28 janvier 2007
....
Tu as volé tout ce que j'avais
Tu m'as enlevé mon dernier espoir
Innommable larve écoeurante de lâcheté
Je te hais
Je te maudis
Je vomis sur ton âme et sur tous les tiens
La mort pour tes parents
La torture et le viol pour tes enfants
Je vous hais jusqu'à la mort
Tu es la putain des faiblesses humaines
Tiède et obscène
Aveuglée par ce désir suintant de vanité
Sans valeur
27 janvier 2007
Hell
Y a des fois je me demande pourquoi je me rends malade ou pourquoi je me torture l'esprit à ce point.
C'est une vérité, je crois, de dire que je me complique beaucoup trop la vie.
Je pourrais choisir de me laisser aller, de relativiser. Ma vie en serait largement plus facilitée.
Après tout, se complaire dans sa peine, s'emprisonner, être régie par son esprit torturé... Ca avance à quoi ?
A rien du tout, je vais dire un truc qui va paraître con et banal, mais la vie est courte.
Au final on finit tous dans une boîte, on meurt tous, on peut pas y réchapper. La mort ça a ça de bien, ça rétablit l'égalité entre les hommes, c'est certain.
Voilà pourquoi je me demande si il faudrait pas que j'arrête de faire la toupie dans ma tête.
Avancer, regarder devant moi, mettre de côté mes turpitudes et mes peines de coeur, parce qu'après tout je vais moi aussi mourir un jour. Ca peut être demain, dans un mois, dans un an, dans soixante ans...
Mais ça serait dommage de gâcher une partie de sa vie en étant malheureux, à cause, en grande partie, de l'amour.
Je crois que c'est le premier post de ce blog qui s'apparente à une forme d'espoir, une voix intérieure qui me dit de me prendre en main et de vivre un maximum. On ne sait pas de quoi demain sera fait, à tout moment un malheur peut nous tomber sur la tête, alors je vous le dis, à côté de ce genre de "malheur" qui peut nous arriver, nos petits problèmes existentiels à la con là, c'est pas important.
Et là je me surprends moi-même. J'ai toujours haï les gens qui me disaient de relativiser, qu'il y a pire que soi, qu'on n'est jamais aussi malheureux qu'on le croit.
Bien sûr qu'il y a pire, cependant on néglige trop souvent le mal-être de certaines personnes, le mien par exemple est immense, je suis une fille usée par plein de choses.
J'ai à peine 19 ans et je me sens pourtant déjà désabusée à propos de tout un tas de trucs.
C'est là que je me dis qu'il faudrait que j'arrête de me perdre dans mon désespoir. Y a un moment il faut se dire que merde, après tout, on va tous crever, alors autant essayer de pas trop être dépitée.
Bon ok c'est super dur, je suis même pas sûre d'y arriver. Mais ça vaut le coup d'essayer.
Quelque part je me dis que c'est super égoïste et nombriliste d'être malheureux et de le clamer sur tous les toîts. On étale sa peine à ses amis parce qu'elle est réelle, certes, elle prend beaucoup trop de place en nous, certes, mais elle est aussi incroyablement narcissique.
Je crois qu'on aime se complaire dans son malheur, et qu'au fond on n'a pas envie de faire trop d'efforts pour en sortir.
Tout ce que j'essaie de dire, de façon très nébulleuse et confuse, c'est que je suis réellement triste, pour plein de raisons, j'en suis encore à me poser des questions sur le sens de la vie, l'absurdité de la vie humaine, à quoi ça sert...Etc...
Mais faut pas non plus s'attarder trop longtemps là-dessus. Bon seulement, je suis presque certaine que ça va me revenir en plein dans la gueule comme un boomerang.
Je suis une fille chimérique et qui réfléchit beaucoup trop. Et évidemment, ça fait de la peine de penser (comme l'a dit mon maître Proust, lol, bien qu'on l'ai pas attendu pour s'en rendre compte.), si quelqu'un pouvait m'enseigner comment cesser de penser, ça me ravirait.
"Enseigne-moi comment cesser de penser" "Ah Roméo tu es fou à lier" "Non pas fou, mais plus lié qu'un fou ne peut l'être, enfermé, torturé, tourmenté..." (Roméo et Juliette). C'est un peu mon cas à moi aussi, je me sens enfermée et torturée. Mais faut que j'arrête de me regarder le nombril, au moins que j'essaie.
Et puis j'en ai marre on souffre toujours pour les mêmes choses, alors que pourtant, on est averti, conscient qu'on va encore s'en prendre plein la gueule, mais on tombe encore à corps perdu dans le piège. Et on en ressort encore plus meurtri qu'avant, et encore plus désillusionné.
En fait je sais pas trop à quoi sert ce post tellement il est embrouillé.
Bon sinon j'ai vu un film sympa que j'ai adoré c'est l'adaptation du roman de Lolita Pille: Hell.
Je vous le conseille vivement, c'est l'image que j'affiche sur cet article.
Ah et puis j'ai vu Jeux d'enfants aussi, j'ai bien aimé, et j'ai sélectionné des phrases du film qui m'ont bien plues:
"Depuis combien de temps tu ne m'as pas dit je t'aime ?"
"Je ne t'ai jamais dis ornithorynque non plus, mais il est peut-être temps d'y remédier ... Ornithorynque !"
"Et là, ça a été le pire. Plus rien [...] J'ai erré dans ma vie comme une tragédie de Racine. Hermione version mec [...] [Elle] ma assassiné ! Trucidé, égorgé, baisé, enculé et tant d'autres rimes tarées. Et j'ai fini par y penser à l'imparfait. Me résoudre au bonheur fade de ma naissance. L'amour, la famille, le boulot, l'antenne parabolique, du Racine j'vous dis ..."
"Je vous présente ma vie vers 35 ans : J'avais tout. Une femme, deux enfants, trois potes, quatre crédits, cinq semaines de vacances, six ans dans la même boite, sept fois mon poids en matériel hi-fi, huit coïts conjugaux par trimestre, neuf fois le tour de la terre en emballage plastique couvert de polystyrène...Et dix ans sans voir mon père. Le bonheur. La panoplie du parfait tyran dont j'avais rêvé toute mon enfance. C'était donc ça, être adulte ? Avoir une voiture qui affiche de 0 à 210 et ne jamais faire que du 60 ?"
"Le jeu avait repris sur les chapeaux de roue... Du bonheur à l'état pur. Brut, natif, volcanique. Quel pied... C'était mieux que tout. Mieux que la drogue. Mieux que l'héro, mieux que la dope, coke, krak, feat, joints, shit, shoot, sniff, pet, ganja, marie-jeanne, cannabis, beuh, peyonne, buvard, acide, LSD, ecstasy. Mieux que le sexe, mieux que la fellation, 69, partouze, masturbation, tantrisme, kamasutra, mode thaïlandaise.
Mieux que le nutella au beurre de cacahuete et les milk shake dans le miel [... ] Mieux que le déhanché d'Emma Peal, Marylin, la Schtroumpfette, Lara Croft, Naomi Campbell, et le grain de beauté de Cindy Crawford [... ] Le Space Mountain, la roue du Père noël, la fortune de Bill Gates, les transes du Dalaï Lama, les MDE, la résurrection de là bas.
Toutes les piquouses de testostérones de Shwartzy, le collagène dans les lèvres de Pamela Anderson, mieux que Woodstock et les rave partys les plus orgasmiques"
25 janvier 2007
Extraits De Proust
Bon alors on m'a justement fait remarquer que mon blog manquait d'extraits de Proust, et que mes analyses semblent incomplètes sans ses écrits pour m'appuyer... Voici donc ses écrits sur le sentiment amoureux:
"Les liens entre un être et nous n'existent que dans notre pensée. La mémoire en s'affaiblissant les relâche, et, malgré l'illusion dont nous voudrions être dupes et dont, par amour, par amitié, par politesse, par respect humain, par devoir, nous dupons les autres, nous existons seuls. L'homme est l'être qui ne peut sortir de soi qui ne connaît les autres qu'en soi, et, en disant le contraire, ment."
"Il était bien, me disais-je, qu'en me demandant sans cesse ce qu'elle pouvait faire, penser, vouloir à chaque instant, si elle comptait, si elle allait revenir, je tinsse ouverte cette porte de communication que l'amour avait pratiquée en moi, et sentisse la vie d'une autre submerger, par des écluses ouvertes, le réservoir qui n'aurait pas voulu redevenir stagnant."
"Je savais qu'on ne peut lire un roman sans donner à l'héroïne les traits de celle qu'on aime. Mais la fin du livre a beau être heureuse, notre amour n'a pas fait un pas de plus et, quand nous l'avons fermé, celle que nous aimons et qui est enfin venue à nous dans le roman, ne nous aime pas davantage dans la vie."
"Avec l'amour avait disparu le désir de montrer qu'il n'avait plus d'amour. Je l'aimais et ne pouvais par conséquent la voir sans ce trouble, sans ce désir de quelque chose de plus qui ôte, auprès de l'être qu'on aime, la sensation d'aimer.
Ce fut vers cette époque que Bloch bouleversa ma conception du monde, ouvrit pour moi des possibilités nouvelles de bonheur (qui devaient du reste se changer plus tard en possibilités de souffrance), en m'assurant que, contrairement à ce que je croyais au temps de mes promenades du côté de Méséglise, les femmes ne demandaient jamais mieux que de faire l'amour."
"On ne peut avoir du goût pour une personne. Mais pour déchaîner cette tristesse, ce sentiment de l'irréparable, ces angoisses qui préparent l'amour, il faut (et il est peut-être ainsi, plutôt que ne l'est une personne, l'objet même que cherche anxieusement à étreindre la passion) le risque d'une impossibilité."
"L'amour devient immense, nous ne songeons pas combien la femme réelle y tient peu de place."
"Ce qu'on prend en présence de l'être aimé n'est qu'un cliché négatif, on le développe plus tard, une fois chez soi, quand on a retrouvé à sa disposition cette chambre noire intérieure dont l'entrée est condamnée tant qu'on voit du monde."
19 janvier 2007
"Elle laissa pleuvoir sur moi la lumière de son regard bleu, hésita un instant, déplia et tendit la tige de son bras."
Du côté de chez Swann (Ecrit par moi-même):
L'enfance:
Proust peint l'enfance comme un moment d'émerveillement. Mais le spectacle de la nature, des fleurs, des rivières, confronté à la mesquinerie des hommes, révèle la cruauté du monde. L'enfance n'est pas synonyme d'innocence: La sensualité des enfants est souvent affirmée. Le narrateur désire sa voisine Gilberte ou s'adonne au plaisir solitaire.
Jamais, avant Proust, on n'avait accordé autant d'importance à l'enfance dans la formation morale, sentimentale et intellectuelle d'un héros de roman.
En montrant que tout se joue dans les premières années de l'existence, Proust rejoint sans le savoir les théories de Freud.
A l'ombre des jeunes filles en fleurs:
L'art de peindre les personnages n'est pas moins frappant. Proust ne fait jamais de portraits définitifs, à la manière d'un Balzac: ses personnages changent, évoluent, et ne sont reconnaissables que par l'addition des aspects successifs qu'ils ont présentés au narrateur. Ces modificatiobs peuvent affecter jusqu'à leur apparence physique: ainsi, Albertine est si changeante que le narrateur voit un grain de beauté qu'elle a sur la lèvre se déplacer sur son visage selon les jours et les éclairages.
Le mystère des personnages doit être conservé longtemps, car dans le roman comme dans la vie, nous ne connaissons pas tout d'un être à la première rencontre. Aussi, les manières étranges de M. de Charlus, de Saint-Loup, de Mme de Villeparisis, qui nous sont présentés dans ce volume, déconcertent le narrateur comme le lecteur. Leur conduite ne sera pas expliquée, par leurs moeurs, leurs amours ou leur snobisme, que dans les volumes suivants.
L'Odyssée de Faustine
Ce matin il m'est arrivé une chose terrifiante,
le genre d'événements qui n'arrivent que dans les films ou du moins
qu'aux autres.
Je devais rejoindre Phano pour faire des courses, dans le centre ville.
Je voulais absolument éviter ma "pédicure" qui est d'une vulgarité
sans limite et d'une connerie aberrante (vous savez comme quand vous
allez chez la coiffeuse et qu'elle vous sort ânerie sur ânerie, moi
j'ai de plus en plus de mal à le supporter, lol.). Bon et bref comme
dès qu'elle me voit elle me retient des heures pour me parler, j'ai
voulu prendre un autre chemin...
J'avais un pressentiment que je n'expliquais pas, le genre d'angoisse
sans raison tangible ou apparente, donc je ne m'y suis pas fiée,
d'autant plus que je me sais un peu paranoïaque et peureuse (c'est un
doux euphémisme là, lol).
Cette fois-ci j'aurais pourtant dû donner plus d'importance à cette partie de moi-même.
En effet, j'ai empreinté une rue déserte qui semblait interminable. Il
n'y avait pas un bruit comme si c'était une rue coupée du monde,
insonorisée, une sorte d'autre dimension. Ca m'a foutu vachement mal à
l'aise.
En outre, je portais une jupe et un débardeur et parfois j'ai peur de
paraître provocante à mon insu, je n'aime pas vraiment attirer les
regards sur moi, or c'est ce qu'il se produit quand une fille a le
malheur de se mettre en jupe. Qu'elle soit moche ou pas.
C'est là que j'ai entendu des pas derrière moi mêlés à des phrases entrecoupées de grands cris.
Au timbre de la voix j'ai pu distinguer qu'il s'agissait d'un homme.
Je me suis raisonnée, me disant qu'on était en plein jour et que la personne devait juste avoir trop bu.
C'est là que tout s'est enchainé très rapidement, je me souviens avoir
fixé mes pieds et m'être surprise à marcher très vite sans même que je
m'en rende compte.
Soudainement, j'ai senti une masse, qui me semblait peser une poids colossal, s'aggriper à mes chevilles.
Je me souviens avoir crié très fort, ce qui était le résultat de ma
surprise et aussi de mon état pas très rassuré. J'ai cru que j'allais
tomber dans les pommes tellement j'ai été étonnée et prise de court.
La masse en question s'avérait être l'homme que j'avais présumé ivre, vautré à mes pieds.
Il s'est mis à remonter ses mains pour tirer sur ma jupe avec une
poigne impressionnante, il s'est alors mis à beugler comme un malade ou
comme un animal qu'on était en train d'écorcher vif.
Au début je ne comprenais rien à ce qu'il disait, ça me semblait
incohérent, mais je ne sais pas si c'était ses propos qui n'avaient pas
de sens ou si c'était moi qui, prise d'une peur démesurée, n'ai pas su
distinguer la moindre syllabe.
Au bout d'un moment j'ai cru déceler les phrases "Tu peux me libérer !
Tu es ma rédemption ! Je t'aime je dépose ma vie à tes pieds !"
toujours en hurlant.
Tout ça s'est déroulé très rapidement, c'est pourquoi je ne m'étais
toujours pas retournée. Quand je l'ai fait, je l'ai dévisagé, certaine
de tomber sur un découpeur de membres humains ou un serial killer
(lol). Aucun son n'a pu sortir de ma bouche, je me souviens juste lui
avoir à peine écrasé le bras et m'être sauvée en courant.
Je crois que je n'ai jamais couru aussi vite. Une fois la civilisation
retrouvée dans le centre ville, les gens me regardaient avec des yeux
intrigués, moi qui était toute essoufflée, comme si j'avais le diable
aux trousses, et que je venais de sortir d'un périple périlleux.
Laissez-moi vous dire que c'était le cas !
12 janvier 2007
L'amour proustien dans La prisonnière et Albertine disparue (écrit par moi-même)

L'amour proustien s'apparente presque
exclusivement à l'amour passionnel, et celui-ci s'exprime d'abord dans
la jalousie. Entre les tortures et les chagrins qu'elle éveille, elle
est le véritable but de l'amour, la preuve qu'il se donne à lui-même de
son existence.
Comme Othello de Shakespeare, le narrateur, jaloux, se saisit du
moindre indice: une bague, un mot entendu, un regard, pour échafauder
un conte qui avive son malheur.
Mais, dit Proust "c'est étonnant comme la jalousie, qui passe son temps
à faire des petites suppositions dans le faux, a peu d'imagination
quand il s'agit de découvrir le vrai.".
Car c'est l'explication de cette maladie qu'est la jalousie, et ce qui
explique qu'elle ait autant intéressé Proust: elle est une recherche
passionnée de la vérité.
Le cycle d'Albertine est le récit d'une longue et minutieuse enquête:
le narrateur n'interroge pas seulement ses souvenirs, mais, comme un
détective, les documents, les empreintes, les témoins (ceux qui ont
connu Albertine, ses amies de la "petite bande"). Il va jusqu'à charger
quelqu'un de recueillir des renseignements sur elle.
Rien n'y fait. La jalousie paraît la damnation qu'a lancée Dieu à l'homme avide de goûter au fruit de la connaissance.
Que pouvons-nous connaître d'autrui, de ses sentiments, de ses actions,
de son passé ? Dans cette folle poursuite, que Proust présente comme la
fatalité de tout amour, seuls triomphent le doute et l'oubli.
Le pessimisme de Proust veut en effet qu'on ne puisse jamais savoir la
vérité sur ceux qu'on aime, et que la passion ne soit jamais vaincue
par la raison, mais par le temps.
04 janvier 2007
Evidemment tu l'aimes encore, je le vois bien tu sais. Mais pour l'instant ferme tes yeux passe ta main dans mes cheveux(Kaolin)
Ca fait plusieurs fois que je fais le même rêve effroyable qui me fout la chair de poule le matin au réveil.
Je comprends pas ce qu'il signifie mais ça me tétanise chaque nuit.
En fait, il y a toujours la même amie que tout le monde croit morte. Le
problème c'est que pour moi elle est bel et bien en vie, elle me parle,
elle se meut... Bref elle est là.
Eux aussi la voient en vie mais c'est comme si ils savaient à l'avance
qu'elle était condamnée. Dans mon rêve j'interprète leurs actes comme
de la démence. Ils préparent toute la cérémonie de l'enterrement, les
habits qu'elle va porter... Et moi je ne suis qu'une spectatrice qui a
été sommée de se taire.
Car ce qui est le plus absurde et surréaliste c'est que je suis jugée comme
anormale et dénuée d'humanité si je pleure ou ressens une révolte submergente face à toute cette mascarade.
En effet, pendant que tout ce délire se met en place, il y a toujours un moment dans le rêve où je
pleure (car, d'une part, je comprends rien à ce qui se passe, et d'autre part j'ai également de la peine).
A la seconde où une larme coule, tous les visages se tournent vers moi et le silence se fait
pesant, comme si j'avais offensé toute la planète et que je m'étais octroyée les foudres de toute la famille de la "défunte".
Il y a encore un truc étonnant, c'est que parmi tous les visages qui me foudroient du regard, il n'y a que mes profs de lycée et les parents de la fille.
Pour moi c'est doublement plus culpabilisant et honteux le fait que je pleure s'il s'agit de mes profs qui me jugent d'un seul coup d'oeil. (Je viens de repenser à Autrui chez Sartre qui disait que l'autre était le médiateur indispensable entre lui et lui-même. Qu'autrui était capable de vous faire faire un travail de remise en question sur vous-même rien qu'en vous prenant sur le fait, un fait
honteux.) sauf que là, pleurer à l'enterrement d'une fille en réalité vivante, c'est tout sauf honteux et anormal. Lol.
Le dernier truc flippant, c'est qu'à la cérémonie il y a moi petite. Mon "moi petite" se tient figé, de marbre et totalement insensible à ce qui se passe.
Voilà ça me fout franchement mal à l'aise.




