Nina in the zone

"Nous sommes attirés par toute vie qui nous représente quelque chose d'inconnu, par une dernière illusion à détruire." (Marcel Proust)

30 mars 2007

Ivresse et introspection nocturnes

Je suis complètement anéantie, retournée, bouleversée, à l'état d'inconsistance ou de loque humaine, bref ce que vous voulez.

Toute la soirée durant j'ai espéré et attendu comme une prophétie, une phrase qui aurait pu m'apporter l'apaisement escompté: "Mais que faites-vous en thérapie ? Vous n'e79081239n avez pas besoin ! C'est une futilité et une chose inutile pour vous voyons !". Ben non. J'ai eu exactement la phrase inverse.
En même temps je m'en doutais un peu, au fur et à mesure que mes lèvres bougeaient, que mes paroles se dévoilaient, je présentais avec pourtant une parfaite évidence, que j'avais tout de la fille qui a un problème existentiel qui l'empêche d'aller de l'avant. Je crois que j'ai même effrayé mon psy, mais de toute façon il travaille pour ça, je ne suis pas là pour exposer mes jérémiades passagères.
Il n'y a même pas besoin de consulter quelqu'un pour se rendre compte que je déraille. Il suffit (et encore même pas) de suivre des cours de psychologie et de vivre mes chimères intérieures (pléonasme ?) pour réaliser que je vais mal.
Il y a quand-même un truc marrant, si si vous allez voir, enfin tout est relatif vous me direz: je dors avec une peluche usée, râpée et vétuste (lol) depuis que je suis toute petite. La vérité c'est que je ne peux pas m'en passer, je suis incapable de dormir sans.
Au départ je m'en foutais complètement. Mais que voulez-vous, engagez une thérapie brève et vous verrez que vous commencerez à vous interroger sur tout. Au départ donc, disai-je, je pensais que c'était juste une histoire de position. Je croyais que je ne pouvais pas m'en séparer juste parce que j'ai pris l'habitude d'entourer mes bras autour de mon doudou, que j'ai besoin d'une masse, de quelque chose entre mes bras pour dormir. Et que donc, sans ce doudou exceptionnel je ne saurais comment disposer mes bras !
En psychologie clinique, le doudou est riche en symbôle. Il est apparenté au substitut maternel, il est investi de la maman. Et donc, si l'on suit ce raisonnement, quelqu'un de mon âge qui dormirait encore avec sa peluche, serait bien dérangé.

Mais qu'est-ce que je m'en tamponne du symbôle du doudou, de l'image de la mère et du blabla représentatif, de ce besoin chronique de donner des symbôles à tout.
Oui mais voilà, lors d'une séance avec mon psychiatre, je l'ai mentionné alors que je considérais ça comme un insignifiant détail. J'ai reçu une réponse (alors que je n'en attendais pas) qui était l'équivalent d'une violente claque dans ma gueule.
Je me suis retrouvée dépossédée tellement c'était véridique.
Il m'a dit, que tout ce que je lui racontais depuis le début, tous mes antécédents, mes petites dépressions antérieures, mes actes, mes pensées, mes appréhensions, tout, absolument tout était lié.
Il m'a assuré et confirmé comme si il pouvait en jurer de sa vie, que mon doudou était une preuve de plus qui appuyait sa théorie sur moi: j'ai peur du manque.

Cette notion doit vous sembler floue, mais j'en ai rien à foutre que vous n'y entendiez rien, j'écris pour moi et par conséquent je me sers de ce blog comme d'un dérivatif, une sorte de thérapie secondaire qui fait tableau de mes impressions et de mes ressentiments.
Je ne sais pas pourquoi j'ai un manque que je cherche à combler à travers tous mes gestes. Tous mes symptômes et mes souffrances n'ont pour but que de calmer ce manque.
Manque de quoi me demanderez-vous ? J'en sais rien, sinon je ferai pas de thérapie.
En tout cas c'est assez ineffable et important pour que mon psy ait estimé qu'il me fallait absolument faire un travail de fond et qu'il fallait que je passe d'une thérapie brève à une thérapie longue.

C'est merveilleux je passe mes vendredi soirs à larmoyer, mais c'est signe que ma thérapie est efficace et qu'elle fait resortir tout ce qui est à mon insu et que j'ignore alors que pourtant c'est une évidence qui emplie et dirige toute ma vie.
Je suis prise dans une fatalité.
Heureusement pour moi j'ai un antidote: la littérature est intarissable, et vous m'en voyez ravie.
Elle constitue aujourd'hui un refuge dont je ne pourrais me passer. Je me réfugie et me console dans les livres, leurs mots, leurs pensées, leurs idées...
Tout cela m'amène à imposer une conclusion: qu'est-ce que je fous en psycho ?

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27 mars 2007

Tourgueniev-Premier amour

" Je profitai qu'elle eût baissé les yeux et l'examinai, d'abord à la dérobée, puis de plus en plus hardiment.Copie_de_220306_000
Son visage me parut encore plus charmant que la veille: tout en lui était fin, intelligent et attrayant.
Elle tournait le dos à la fenêtre voilée d'un rideau blanc; un rai de soleil filtrait à travers le tissu et inondait de lumière ses cheveux flous et dorés, son cou innocent, l'arrondi de ses épaules, sa poitrine tendre et sereine. Je la
contemplais et qu'elle me devenait chère et proche ! J'avais l'impression de la connaître depuis longtemps et de n'avoir rien su, rien vécu avant de l'avoir vue... Elle portait une robe de couleur sombre, assez usée, et un tablier. Et j'aurais voulu caresser doucement chaque pli de ses vêtements. Je suis en face d'elle, nous avons fait connaissance. Les bouts de ses petits pieds dépassaient, espiègles, sous la jupe, et j'aurais voulu les adorer à genoux... Quel bonheur, mon Dieu ! me disais-je. Je faillis sauter de joie, mais réussis à me contenir et balançai seulement les jambes, comme un enfant qui déguste son dessert.

Dans tout ce que je pensais, dans tout ce que je sentais, il se cachait un pressentiment à moitié conscient et plein de réticences, la prescience de quelque chose d'inédit, d'infiniment doux et de féminin... Et cette attente s'emparait de tout mon être: je la respirais, elle coulait dans mes veines, dans chaque goutte de mon sang... Elle devait se combler bientôt.

Ma passion date de ce jour-là; je pourrais ajouter qu'il en est de même pour ma souffrance. Je déperissais à vue d'oeil quand Zinaïda n'était pas là: j'avais la tête vide, tout me tombait des mains et je passais mes journées à penser à elle... Je déperissais loin d'elle ai-je dit... N'allez pas croire, pour cela, que je me sentisse mieux en sa présence...
Dévoré de jalousie, conscient de mon insignifiance, je me vexais pour un rien et adoptais une attitude sottement servile. Et pourtant, une force invincible me poussait dans le petit pavillon, et, malgré moi, je tressaillais de bonheur en franchissant le pas de "sa" porte." "

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21 mars 2007

Nina effarouchée

Hier soir, alors que je n'arrivais pas à trouver le sommeil, j'ai allumé ma télé.
Je me suis retrouvée face à une émission de télé réalité: Pascal, le grand frère.02
Etant voyeuriste et perverse je me suis intéressée à l'émission parce que ça m'amusait (Pour ma gouverne, mon maître penseur Monsieur Quadéri, dit que quoiqu'il arrive il faut se forcer à regarder ce genre d'émissions, comme L'île de la tentation et tout ça, lol.).
On voyait une adolescente de 16 ans appelée Priscillia, ponctuer ses phrases de "wesh" "mort de rire" "trop pas" "la vie de moi weshhhh euuuh".
Sur le coup j'étais littéralement pliée en deux devant tant de bêtise et de vulgarité humaine.

Une fois le côté désopilant passé, je me suis quand-même alarmée face à un tel spectacle. J'étais même effarée.
Tout d'abord quel est ce besoin de s'exhiber à la télé comme ça ? Les gens n'ont-ils aucun amour propre, aucune dignité ?
Le but de cette émission d'hier, c'était de faire venir Pascal, dont l'objectif est d'aider la famille à aller mieux et à remettre cette espèce de petite pouffe dans le droit chemin, car voyez-vous, elle faisait l'autorité à la maison, et ses proches parentaux lui passaient tout.
Alors déjà on se dit que les gens sont un peu demeurés, face à cette petite merdeuse qui traite son père d'enculé et qui dit "va niquer" à sa soeur, on se demande bien pourquoi ils ne sévissent pas.
C'était ridicule, mais tout va s'arranger par l'arrivée de Pascal. C'est quand-même dramatique d'en arriver là.

Pascal arrive donc, au début je me suis bien gaussée parce qu'il lui disait "Tu trouves ça féminin et classe de parler comme ça ?" "ben ouais t'ias vu" "Ah bon ? Et tu veux pas changer ?" "trop pas" "Non, on dit "pas trop", je comprends rien quand tu parles, c'est moche, et je vais t'envoyer en banlieue avec des filles de ton âge qui galèrent pour s'en sortir, et on verra ce qu'elles vont en faire de ton "mort de rire" et de ton "trop pas"".
J'ai été interpellée et agréablement surprise par la répartie de ce monsieur, mais j'ai déchanté dix minutes après. Voilà que lui aussi s'avérait parler un français bourré de néologismes et de fautes, il employait des expressions comme: "tu mitonnes !" enfin bref, c'était magnifique, Maupassant aurait été ravi, je vous assure.

Bref tout fini bien pour notre petite pouffe préférée qu'est Priscillia (c'est pas sa faute elle a eu une enfance misérable), étant donné que Pascal l'a exhortée à changer et l'a remise sur le droit chemin (qu'est-ce qu'il est fort et vertueux celui-là).
Enfin, tout ça pour dire que voir ce genre d'inepties à la télé ça fait peur, on se demande pourquoi les gens étalent leur vie à travers les médias, à croire qu'ils aiment se noyer sous l'humiliation. Parce que je vous assure qu'à la place de la pseudo-racaille-wesh-wesh, je partirai me planquer à l'autre bout du globe en me voyant à la télé (en plus je vous raconte pas la tête à claque que c'était).
Il y a un truc qui m'insupporte encore plus dans ces émissions, c'est qu'ils chialent tous toutes les deux minutes.
Non seulement ils savent pas parler français et ils meurtrissent et abîment la langue avec un accent vulgaire, mais en plus ils pleurent, et ils s'en cachent pas, ils pleurent ouvertement devant les caméras, ils cherchent pas à se retenir pour être dans leur intimité, non, non.
Je vous dis, aucun amour propre. Bon enfin voilà, ça fait peur c'est le déclin et la rétrogradation de la culture. Je sais pas trop vers quoi on se dirige, mais c'est pas rassurant avec la nouvelle génération Diam's qui arrive...

A bon entendeur, miaou.

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14 mars 2007

Victime de la mysoginie d'un psychologue clinicien...

Titre évidemment à prendre au second degré...

Suite à la plainte de Myriam comme quoi il n'y avait plus de nouveautés sur mon blog, voici un autrDSCN1210e article sans grand intérêt mais assez cocasse.
Alors que je passais vendredi après-midi en oral de psychologie clinique, le professeur qui me notait s'est avéré être d'un sexisme sans limite.
On s'en doutait déjà un peu tous dans la classe, mais nous avons eu confirmation lorsque j'ai présenté mon exposé.

Il faut savoir que ce prof torture sans vergogne les filles qui passent leur oral, et ne dit mot lorsqu'un garçon présente le sien.
Donc voilà, mon tour arrive, je m'assoie au bureau du professeur devant la classe et je commence à discourir sur "Les différences anatomiques entre les sexes et leurs influences sur le psychisme" (lol).
Au bout de, allez, disons une phrase et demi, je suis interrompue: "Vous utilisez des tournures trop compliquées, personne comprend rien, pas vrai ? Vous comprenez rien là, hein ?". Je précise que tout le monde comprenait et que mes phrases n'avaient rien de complexe... Mais bon, je simplifie et j'explique de façon primaire mes arguments.
Puis je reprends, un paragraphe plus tard voilà qu'il me coupe et qu'il reprend mot pour mot ce que je venais de dire pour l'expliquer aux élèves qui étaient soit disant largués.
Je commence à perdre un peu patience, mais je continue.
Puis là c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase, voilà ce qu'il me dit:
"Vous comprenez ce que vous dites ?". Moi de rétorquer "Puisque c'est moi qui l'ai écrit oui, mais et vous vous écoutez ce que je dis ? Car vous me paraphrasez sans arrêt pour expliquer apparemment plus clairement mes propos, or on dit exactement la même chose." (D'ailleurs je réalise que je l'ai bien géré avec pour une fois un minimum de répartie... Lol).
Bref je poursuis.

Je passe les multiples remarques dont il m'a fait part, d'abord parce que je les ai un peu oubliées, mais aussi car la fin est plus intéressante.
Il faut savoir que mon sujet traitait du complexe d'Oedipe masculin et féminin (non, non on peut pas l'appeler complexe d'Electre, me faites pas chier.).
Et donc, le prof s'est permis de me faire une analyse somme toute déplacée et débile. Il me pose la question "Avez-vous eu un père présent dans votre enfance ?" j'ai donc renchéri "Pas vraiment car il travaillait beaucoup et rentrait très tard dans la nuit." il enchaine "Et les rares moments où il était là, s'occupait-il de vous ?" moi "Non pas spécialement, parce que je pense que ça ne l'intéressait pas des masses." et là, attention, il me balance un magistral: "Vous avez un complexe d'Oedipe mal résolu, vous allez avoir des problèmes, je sais pas de quel ordre, mais vous allez en avoir !".
Si je puis me permettre, c'est pas car il est psychologue clinicien qu'il peut savoir en trois phrases que mon Oedipe n'est pas liquidé, c'est un peu du grand n'importe quoi pour épater la galerie selon moi.

Mais attention, ce n'est pas terminé ! J'ajoute d'ailleurs au passage que j'ai eu droit à plusieurs regards de sa part fixant mon décolleté, avec une concentration inébranlable, alors que je lui parlais. Il y a rien de plus désagréable que de parler à quelqu'un qui observe minucieusement votre décolleté et qui ne vous regarde pas dans les yeux.
Bon bref, j'ai eu la mauvaise idée de poser une question, je vous passe les détails de cette question, et voilà qu'il me répond de façon triomphante : "Mais voyons, tout le monde le sait ça ! Tout le monde sait que ça a été confirmé !" j'ai aussitôt rétorqué "Pas Freud apparemment, si vous regardez il dit précisemment qu'il laisse la question ouverte quant aux conséquences de cette idée, vous voyez donc qu'il est assez suspicieux." et là il me sort un grand "PFFFFF !".
C'était magnifique, vive la psychologie clinique les amis.

Posté par Ninaverse à 12:07 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 mars 2007

Yaoï: ils sont forts ces japonais !

L'autre soir je suis retournée sur IRC, après environ six ans d'absence. Ca m'a fait super bizarre de revenir là-dessus. Enfin bon les gens sont toujours aussi cons et étroits d'esprit.
Bref, c'est là que j'ai rencontré une fille complètement jetée.
Elle me prend en aparté, me parle pendant un moment, elle était très sympa tout ça, puis elle se rend compte que je partage sa passion pour les mangas.Zack_et_Clad_1
C'est là qu'elle me demande "Tu connais les Yaoï ?". N'ayant aucune idée de ce que c'était, j'acceptais ses images provenant des yaoï.
C'est là que je me suis rendue compte qu'il s'agissait d'un manga à contenu sexuel. Style le hentaï mais pour les garçons homosexuels.

(D'ailleurs sur l'image ci-contre, il s'agit de deux garçons pour ceux qui ne l'auraient pas remarqué...)

Le but de ce manga c'est de mettre en scène deux garçons amoureux et bien sûr d'axer un peu l'histoire sur les scènes sexuelles qui sont, au final, assez détaillées (mais en même temps énormément centrées sur le sentiment amoureux qui unit les deux personnes. En ce sens pour moi il ne s'agit pas d'un porno.).
Bref la fille complètement dans son trip n'arrêtait plus de m'envoyer des images en criant comme une hystérique "Je lis ça car ils sont trop beauuuuuuuuuuuuuuuuux les mecs dedans, c'est des beauuuuuuuuuuux gosses !".
Sur le coup j'ai pas trouvé ça super normal qu'elle lise ça, pour moi le public ciblé concernait des garçons homos et pas des filles hétéros. Mais après tout, je me suis dis, pourquoi pas.
En plus c'est assez sympa, c'est beaucoup plus soft que le hentaï, il y a plein d'histoires rigolotes derrière et tout, et j'avoue, c'est tellement bien dessiné que les visages des garçons quand ils sont gênés, quand ils pleurent ou quand ils sont fâchés, ou même lors des rapports, sont un délice à regarder.
J'ai pas l'impression que ce soit un manga cochon (d'après ce que j'ai pu en voir) mais maintenant j'en sais rien je connais pas.
Surtout que le truc douteux c'est qu'on peut pas trouver ces mangas-là dans n'importe quelle librairie. Evidemment.
Ca existe même pour les filles ça s'appelle des "Shuri" ou "Shiru" un truc comme ça... Lol.

Là je me rends compte, en me relisant, que je passe pour une adepte du porno et tout... Ca prête à confusion cet article, je m'exprime vraiment trop mal, mais bon tant pis, ça déclenchera une polémique, tout le monde va me charier avec ça après, ça occupe.

Bon voilà chacun va se demander l'intérêt de ce post, moi la première, ça fait un peu zarbe comme ça, mais je n'ai pas le talent de mon frère, je ne sais pas créer à partir de rien, je n'ai pas sa plume.

Posté par Ninaverse à 21:28 - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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