25 avril 2007
Parce que j'ai envie de publier un article qui ressemble à un article féministe de skyblog...
Tout à l'heure, alors que je n'avais rien d'autre à faire qu'à me prélasser sur mon lit, j'ai repe
nsé à la Bible.
Oui je sais, c'est pas commun. Surtout que je l'ai jamais lue en entier, mais j'ai repensé au passage sur le jardin d'Eden avec Adam et Eve.
Je trouvais ça un peu misogyne de dire que c'est par la faute d'Eve, donc de la nature curieuse de la femme, qu'Adam a été entrainé et a goûté la pomme. La conséquence de cet acte est donc qu'ils ont été châtiés du jardin d'Eden, enfin vous le savez sans doute mieux que moi, je vais pas vous décrire en détail toute la scène.
Alors moi, je propose une nouvelle interprétation. Une analyse qui va être tellement vraie que ça se retrouve chez pas mal de garçons aujourd'hui: Dieu a sommé de ne pas toucher à la pomme. Eve, étant une femme, était donc d'une nature plus profonde, elle se posait des questions: "Pourquoi ne pas goûter à la pomme ?", alors qu'Adam là-dedans ne s'est pas posé la moindre petite question.
Il s'est contenté de faire ce qu'on lui disait sans être animé par le désir de l'interdit.
Que constatons-nous ? Qu'Adam est la caricature type du mec: Sans dimension, sans profondeur, terne, insipide, il obéit, il écoute ce qu'on lui dit et ne va pas, SURTOUT PAS, chercher de conflit, il vit sa vie de mec sans intérêt.
Que fait Eve ? Eve est profonde et curieuse, n'est-ce pas la curiosité qui nous fait accéder au savoir ? A l'intelligence ?
Et voilà... Je veux que la version mysogine véhiculée par cette scène soit révolue, le désir vient de la femme, blablabla, fadaises ! Vive les femmes !
Ceci est évidemment à ne pas prendre au sérieux...
24 avril 2007
Ceci est un article déprimant
J'en ai marre. Oui je sais ce que vous allez me dire, que j'en ai tout le temps marre. En attendant si j'étais toujours heureuse vous ne viendrez jamais lire mon blog, c'est bien connu: "Le malheur des uns fait le bonheur des autres.".
Bon on va peut-être pas parler de malheur non plus pour cette fois-ci.
J'ai longtemps tergiversé à savoir comment présenter mes idées dans ce post sans trop me dévoiler car cela impliquerait faire des frayeurs à plein de proches qui se sentiraient concernés.
Du coup je me suis toujours pas décidée, mais c'est pas mon truc d'anticiper, tout le monde sait que je me jette directement dans le bain, sans brouillon, sans préalable, sans avoir trop mesuré les conséquences.
"Réfléchir avant d'agir" il paraît, je dois être débile car je le fais pas toujours quand il le faut. Je m'excuse donc auparavant car je m'aprête à blesser des personnes. Enfin, je crois, je sais pas je vous ai dit.
La vérité qui est confuse et embrouillée c'est que je suis morte de trouille. Je suis mortifiée, mais je suis là, debout prête à faire face à mon futur. Je me demande encore comment et pourquoi je tiens toujours sur mes jambes. Suis-je animée d'un espoir à la con qui nous fait nous maintenir en vie ? Sans doute.
Je suis comme vous, comme celui qui se dit le plus pessimiste d'entre vous, au fond de moi je garde toujours cet espoir fou que peut-être je vais vivre une aventure incomparable, géniale e
t que cette fois, à la différence des autres, elle ne se terminera pas.
Je suis assez pessimiste, je vois déjà la rose flétrie à peine m'a-t-elle été offerte (pour faire dans la métaphore, car personne ne m'a jamais offert de roses, comprenez bien.).
Oui donc là, évidemment je suis en parfaite harmonie avec moi-même, épanouïe (vous savez bien que l'amour embellit une femme), heureuse de vivre, une vraie force de la nature qui a toujours la pêche.
La cause en est, comme je viens de vous le sous-entendre en prémice: l'amour. Oui, je suis amoureuse. Mais vous le saviez déjà tous.
Le problème de l'amour est qu'il est dévastateur et balaie tout sur son passage. Il arrive très brusquemment quand on ne l'attendait plus, et emporte avec lui tout ce qu'il y a autour, en gardant seulement, précieusement, enchaîné votre coeur qui n'a plus d'autre raison de vivre que l'autre. Celui qui tout à coup vous est devenu vital et dépend de votre survie, votre "moitié"...
Vous me connaissez, je suis passionnée, je vis les sentiments à fond, j'aime je donne tout, je me donne toute entière sans ménagement. On aurait pu penser (et moi la première) qu'après mes désillusions multiples et passées je ne tomberai plus dans le panneau. Je me l'étais promis, je me le disais: "Ah ça non, plus jamais, non jamais plus je ne tomberai amoureuse, surtout que les mecs ce sont tous les mêmes, blablabla.", ou du moins je me disais que si je devais tomber amoureuse, je saurais me préserver, aimer avec parcimonie, ne pas trop donner, enfin vous voyez.
Hé ben nooooon ! La réalité aujourd'hui c'est que je suis retombée dans l'extrême et qu'après toutes les claques que je me suis prise, j'ai trouvé la force d'aimer à nouveau et surtout d'espérer encore, de remettre une fois de plus ma vie entière entre les mains de quelqu'un.
Le pire, c'est que je le regrette pas, quitte à aimer, même si c'est pour qu'il y ai une fin, autant aimer pleinement pour se faire les souvenirs les plus beaux possibles.
C'est bien beau tout ça, mais comme je vous l'ai dit, j'ai la trouille. La trouille de quoi ? Ben vous l'avez tous deviné, la trouille de trop faire confiance.
Il sait me donner confiance, il arrive même à me démontrer que je me plantais sur tous mes acquis en matière de couples.
Et mine de rien, ça me fout les chocottes. Ben forcément, je m'étais construit un mur de protection qui s'est effondré en deux temps trois mouvements avec l'arrivée d'un nouveau garçon dans ma vie.
Je le sais sincère, mais l'intime évidence qu'il pense ce qu'il dit sur le moment mais que tout risque de s'effondrer, et que tout risque de discréditer ses dires dans les années à venir, me taraude (quelle phrase de trois mètres !).
Chacun y met du sien, chacun veut y croire et tout faire pour que ça marche, mais aujourd'hui on le sait tous, souvent vouloir n'est pas pouvoir, et tout donner n'est pas suffir.
La force des choses fait que ça s'effondre tôt ou tard, malgré toutes nos promesses.
Après avoir été tant abusée et désabusée pourrais-je vraiment survivre au fait de le perdre ? Non. Je n'ose même pas imaginer mon état si ça ne marchait pas.
Aujourd'hui j'en prends des libertés: il n'y a pas deux semaines je me serais fait un point d'honneur à ne pas divulguer le moindre article sur sa personne, surtout pas ! Cacher ses sentiments, s'auto-préserver, rester mystérieuse, accroître le désir, éviter de trop s'attacher (alors qu'en fait on est complètement épris et que la seule chose qu'on peut faire c'est de feindre merveilleusement bien l'indifférence). Enfin vous voyez.
Peur d'aimer, peur de faire trop confiance, peur d'aimer, peur de faire trop confiance, peur d'aimer, peur de faire trop confiance... Mais sortez-moi de là !
23 avril 2007
Un des plus beaux poèmes selon moi: Extrait de "Delphine et Hippolyte", Les Fleurs du Mal, Baudelaire
N'est-ce pas un chef-d'oeuvre de métaphore érotique ?
Extrait:
Avons-nous donc commis une action étrange ?
Explique, si tu peux, mon trouble et mon effroi
Je frissonne de peur quand tu me dis: "Mon ange !"
Et cependant je sens ma bouche aller vers toi.
Ne me regarde pas ainsi, toi, ma pensée !
Toi que j'aime à jamais, ma soeur d'élection,
Quand même tu serais une embûche dressée
Et le commencement de ma perdition !
Quand même tu serais une embûche dressée
Et le commencement de ma perdition !
Maudit soit à jamais le rêveur inutile
Qui voulut le premier, dans sa stupidité,
S'éprenant d'un problème insoluble et stérile,
Aux choses de l'amour mêler l'honnêteté !
Celui qui veut unir dans un accord mystique
L'ombre avec la chaleur, la nuit avec le jour,
Ne chauffera jamais son corps paralytique
À ce rouge soleil que l'on nomme l'amour !
On ne peut ici-bas contenter qu'un seul maître !
Mais l'enfant, épanchant une immense douleur,
Cria soudain : "Je sens s'élargir dans mon être
Un abîme béant ; cet abîme est mon coeur!"
Brûlant comme un volcan, profond comme le vide !
Rien ne rassasiera ce monstre gémissant
Et ne rafraîchira la soif de l'Euménide
Qui, la torche à la main, le brûle jusqu'au sang
Que nos rideaux fermés nous séparent du monde,
Et que la lassitude amène le repos !
Je veux m'anéantir dans ta gorge profonde
Et trouver sur ton sein la fraîcheur des tombeaux !"
Descendez, descendez, lamentables victimes,
Descendez le chemin de l'enfer éternel !
Plongez au plus profond du gouffre, où tous les crimes
Flagellés par un vent qui ne vient pas du ciel
Jamais un rayon frais n'éclaira vos cavernes ;
Par les fentes des murs des miasmes fiévreux
Filtrent en s'enflammant ainsi que des lanternes
Et pénètrent vos corps de leurs parfums affreux
"Hippolyte, cher coeur, que dis-tu de ces choses ?
Comprends-tu maintenant qu'il ne faut pas offrir
L'holocauste sacré de tes premières roses
Aux souffles violents qui pourraient les flétrir ?
Hippolyte, Ô ma soeur! Tourne donc ton visage,
Toi, mon âme et mon tout et ma moitié,
Tourne vers moi tes yeux pleins d'azur et d'étoiles !
Pour un de ces regards charmants, baume divin,
Des plaisirs plus obscurs je lèverai les voiles,
Et je m'endormirai dans un rêve sans fin !
Les Femmes damnées (Delphine et Hippolyte), Baudelaire:
A la pâle clarté des lampes languissantes,
Sur de profonds coussins tout imprégnés d'odeur
Hippolyte rêvait aux caresses puissantes
Qui levaient le rideau de sa jeune candeur.
Elle cherchait, d'un oeil troublé par la tempête,
De sa naïveté le ciel déjà lointain,
Ainsi qu'un voyageur qui retourne la tête
Vers les horizons bleus dépassés le matin.
De ses yeux amortis les paresseuses larmes,
L'air brisé, la stupeur, la morne volupté,
Ses bras vaincus, jetés comme de vaines armes,
Tout servait, tout parait sa fragile beauté.
Etendue à ses pieds, calme et pleine de joie,
Delphine la couvait avec des yeux ardents,
Comme un animal fort qui surveille une proie,
Après l'avoir d'abord marquée avec les dents.
Beauté forte à genoux devant la beauté frêle,
Superbe, elle humait voluptueusement
Le vin de son triomphe, et s'allongeait vers elle,
Comme pour recueillir un doux remerciement.
Elle cherchait dans l'oeil de sa pâle victime
Le cantique muet que chante le plaisir,
Et cette gratitude infinie et sublime
Qui sort de la paupière ainsi qu'un long soupir.
- "Hippolyte, cher coeur, que dis-tu de ces choses?
Comprends-tu maintenant qu'il ne faut pas offrir
L'holocauste sacré de tes premières roses
Aux souffles violents qui pourraient les flétrir?
Mes baisers sont légers comme ces éphémères
Qui caressent le soir les grands lacs transparents,
Et ceux de ton amant creuseront leurs ornières
Comme des chariots ou des socs déchirants;
Ils passeront sur toi comme un lourd attelage
De chevaux et de boeufs aux sabots sans pitié...
Hippolyte, ô ma soeur! tourne donc ton visage,
Toi, mon âme et mon coeur, mon tout et ma moitié,
Tourne vers moi tes yeux pleins d'azur et d'étoiles!
Pour un de ces regards charmants, baume divin,
Des plaisirs plus obscurs je lèverai les voiles,
Et je t'endormirai dans un rêve sans fin!"
Mais Hippolyte alors, levant sa jeune tête:
- "Je ne suis point ingrate et ne me repens pas,
Ma Delphine, je souffre et je suis inquiète,
Comme après un nocturne et terrible repas.
Je sens fondre sur moi de lourdes épouvantes
Et de noirs bataillons de fantômes épars,
Qui veulent me conduire en des routes mouvantes
Qu'un horizon sanglant ferme de toutes parts.
Avons-nous donc commis une action étrange?
Explique, si tu peux, mon trouble et mon effroi:
Je frissonne de peur quand tu me dis: "Mon ange!"
Et cependant je sens ma bouche aller vers toi.
Ne me regarde pas ainsi, toi, ma pensée!
Toi que j'aime à jamais, ma soeur d'élection,
Quand même tu serais un embûche dressée
Et le commencement de ma perdition!"
Delphine secouant sa crinière tragique,
Et comme trépignant sur le trépied de fer,
L'oeil fatal, répondit d'une voix despotique:
- "Qui donc devant l'amour ose parler d'enfer?
Maudit soit à jamais le rêveur inutile
Qui voulut le premier, dans sa stupidité,
S'éprenant d'un problème insoluble et stérile,
Aux choses de l'amour mêler l'honnêteté!
Celui qui veut unir dans un accord mystique
L'ombre avec la chaleur, la nuit avec le jour,
Ne chauffera jamais son corps paralytique
A ce rouge soleil que l'on nomme l'amour!
Va, si tu veux, chercher un fiancé stupide;
Cours offrir un coeur vierge à ses cruels baisers;
Et, pleine de remords et d'horreur, et livide,
Tu me rapporteras tes seins stigmatisés...
On ne peut ici-bas contenter qu'un seul maître!"
Mais l'enfant, épanchant une immense douleur,
Cria soudain: - "Je sens s'élargir dans mon être
Un abîme béant; cet abîme est mon coeur!
Brûlant comme un volcan, profond comme le vide!
Rien ne rassasiera ce monstre gémissant
Et ne rafraîchira la soif de l'Euménide
Qui, la torche à la main, le brûle jusqu'au sang.
Que nos rideaux fermés nous séparent du monde,
Et que la lassitude amène le repos!
Je veux m'anéantir dans ta gorge profonde,
Et trouver sur ton sein la fraîcheur des tombeaux!"
- Descendez, descendez, lamentables victimes,
Descendez le chemin de l'enfer éternel!
Plongez au plus profond du gouffre, où tous les crimes,
Flagellés par un vent qui ne vient pas du ciel,
Bouillonnent pêle-mêle avec un bruit d'orage.
Ombres folles, courez au but de vos désirs;
Jamais vous ne pourrez assouvir votre rage,
Et votre châtiment naîtra de vos plaisirs.
Jamais un rayon frais n'éclaira vos cavernes;
Par les fentes des murs des miasmes fiévreux
Filtrent en s'enflammant ainsi que des lanternes
Et pénètrent vos corps de leurs parfums affreux.
L'âpre stérilité de votre jouissance
Altère votre soif et roidit votre peau,
Et le vent furibond de la concupiscence
Fait claquer votre chair ainsi qu'un vieux drapeau.
Lion des peuples vivants, errantes, condamnées,
A travers les déserts courez comme les loups;
Faites votre destin, âmes désordonnées,
Et fuyez l'infini que vous portez en vous!
22 avril 2007
Réflexion sur l'état de la planète à l'usage des écologistes et autres humoristes de la scène politique
"Le réchauffement de la planète est devenu un problème trop sérieux pour être laissé aux écologistes"
"Que l'on se comprenne bien : Nicolas Hulot est sûrement très utile pour mobiliser les consciences, comme Coluche a été utile pour créer les Restos du coeur. Mais, de même que l'initiative de l'amuseur n'a pas fait diminuer la pauvreté, celle de l'animateur ne va pas refroidir la température de la planète d'un milliardième de milliardième de degré"
"Mais « il faut bien montrer l'exemple » ! Nous voilà au coeur de leur stratégie : avoir mauvaise conscience, se serrer la ceinture, entrer volontairement dans « la culture de la modération ». Au besoin, il faut contraindre les récalcitrants par la force (à Paris, par exemple) pour sauver la planète. Les hommes roulent-ils toujours en 4 × 4, veulent-ils la « clim » (parce que, justement, il commence à faire chaud, vous ne trouvez pas ?) et la Terre continue-t-elle de bouillir ? C'est parce qu'on n'a pas assez expliqué, que la prise de conscience n'est pas assez haute dans la hiérarchie de l'Etat, que le capitalisme et les industriels (hou ! hou !) refusent de « produire autrement » et de faire « des produits qui durent et qui soient réparables ». Changeons le capitalisme, diminuons la croissance !"
"Comment convaincre les réticents, et d'abord les Etats-Unis et la Chine ? Sûrement pas en leur proposant la « modération », et encore moins de changer le capitalisme. Nicolas Stern inverse le point de vue : c'est le réchauffement qui menace la croissance, et non pas le contraire. « Le monde n'a pas à choisir entre «éviter le changement climatique» et «promouvoir la croissance et le développement». L'évolution des technologies énergétiques et les mutations des appareils économiques font que la croissance n'est pas antinomique avec la réduction des gaz à effet de serre. » Il faut bien sûr faire prendre conscience (comme les écolos ou Al Gore), taxer le CO2 (comme M. Hulot, mais à l'échelle mondiale), mais à la condition de décupler les efforts de recherche et de développement sur les énergies propres. Pas moins de croissance, mais plus de science. Ajoutons : plus de nucléaire"
Extraits de la chronique économique d'Eric Le Boucher: "Arrêtez la salade verte !"
Le Monde. Article paru dans l'édition du 12.11.06
Pourquoi faut-il lire Proust
Lire Proust ?
Que vaut une victoire remportée sans combattre ? Proust est un auteur difficile (à quoi bon le cacher ?). Ma
is cette difficulté n'est jamais synonyme d'obscurité.
Il a toujours eu le souci de la clarté. L'agrément de son style, de son humour, de son intelligence, dédommage le lecteur de ses efforts. Il s'agit de se plier à des habitudes de lectures différentes, d'oublier nos réflexes, d'avoir la curiosité d'écouter une voix nouvelle.
Bref, il s'agit de découvrir le monde avec les yeux d'un autre.
Proust, difficile ? Oui, si l'on compare son chef-d'oeuvre "A la recherche du temps perdu" aux aventures de Tintin.
Mais cette difficulté illumine celui qui la surmonte. Lire Proust, c'est avoir la joie d'apprendre une langue étrangère en deux heures. Car au bout de vingt pages, gagné par le rythme des phrases, on trouve cette respiration naturelle: ceux qui ont tenté l'expérience le savent, dans leur vie, il y a un "avant" et un "après" Proust.
Proust écrivain snob ?
Proust ? Un snob, un décadent ("J'aime par dessus tout le style pourvu d'amples ailes et adouci de moelleuses plumes" Proust), un raseur, un coupeur de cheveux en quatre, un classique guindé.
Il ne parle que de marquises, de duchesses, de messieurs à particules, à châpeaux hauts de forme, à monocles.
Ce n'est pas notre monde. Son raffinement est irritant.
Jean-Yves Tadié a répondu une fois pour toutes à ces arguments: "Il est aussi vain de reprocher à Proust de s'intéresser aux aristocrates et non aux ouvriers, qu'à Cézanne de s'intéresser aux pommes.".
Quant au fameux raffinement proustien, il faut être bien naïf pour le confondre avec de la bégueulerie. Qui a écrit: "On ne pourrait pas dire si c'est fait avec de la colle, avec du rubis, avec du savon, avec du bronze, avec du soleil." "Je me dis tout d'un coup: "Oh mon Dieu, on a crevé ma fosse d'aisances", c'est simplement la marquise qui vient d'ouvrir la bouche" ?
Qui a décrit un poulet qu'on décapite, des enfants se tripotant dans un donjon obscur, les couloirs du métro de Paris en 14-18 pendant les alertes ? Un snob ! Un prétencieux ! Marcel Proust !
Il savait donner à chaque personnage, qu'il soit prince ou valet, son vrai langage et son vrai visage.
Proust, un océan
Proust, interminable ? Anatole France, son maître, à qui l'on demandait s'il avait lu ses livres répondit: "La vie est trop courte et Proust est trop long", oubliant qu'il avait lui-même publié une trentaine de romans, quand Proust n'en a écrit qu'un seul.
Proust s'est expliqué: "Je suis bien obligé de tisser de longues soies comme je les file, et si j'abrégeais mes phrases, cela ferait des petits morceaux de phrases, pas des phrases.".
Ces phrases s'étendent parfois sur plusieurs pages ? C'est vrai. Parfois. Mais a-t-on construit les cathédrales en brique, à la taille de nos chaumières ? Ces phrases longues sont écrites en français et respectent la grammaire, ce qui n'est pas toujours le cas de certains petits livres à succès. Et la longueur est relative.
Enfin, c'est un maître de l'ellipse.
Le libéralisme est un humanisme
Définition: Libéralisme: dérivé de libéral, issu de "liberalis" ("qui concerne l'homme libre"). Conjonction d'un systeme économique et d'une doctrine politique. Est libéral celui qui soutient que lorsque les acteurs de la vie économique - qu'ils soient producteurs ou consommateurs - sont laissés libres de poursuivre sans entrave leurs interets particuliers, la concurrence qui en résulte est bénéfique à l'ensemble. En cela le libéral s'oppose aux interventions, quelles qu'elles soient, de l'Etat: aucun privilège n'est accordé. Cela ne constitue-t-il pas la meilleure égalité des chances qui puisse être ? "Mais la situation de chacun est dejà un facteur d'inégalité". Certes mais si il y a inégalité initialement ce n'est pas de la responsabilité de l'Etat. Il s'agit simplement de renvoyer chacun à ses reponsabilités propres. Et c'est un moindre mal. Le libéral plaide donc en faveur de la déreglementation. De plus le libéralisme ne peut que se développer dans un systeme démocratique. La démocratie est perçue comme le régime idéal, non parce qu'elle est le pouvoir du peuple mais parce qu'elle est le systeme qui limite le pouvoir politique en instituant des contre-pouvoirs. On retrouve les origines du libéralisme dans la philosophie, cela s'étend donc au delà de la sphère économique. Binjamin Constant (1767-1830) établit la difference essentielle entre la liberté politique chère aux peuples de l'Antiquité et la liberté civile à laquelle aspirent les nations modernes: les Anciens se voulaient libres dans la politique, les Modernes désirent être libérés de la politique. Vouloir ainsi imposer, comme Rousseau, la liberté antique aux individus, par le sacrifice des interets privés revient à produire un nouveau despotisme. La distinction entre ces deux formes de liberté se retrouve dans l'oeuvre de Tocqueville (1805-1859), principalement dans son premier ouvrage: De la démocratie en Amérique. La fin de cet ouvrage (IVe partie, chapitre 6-7) évoque le despotisme qui pourrait naître dans les nations modernes, marquées par l'égalisation inexorable des conditions: l'anéantissement de tout esprit de compétitivité, dans une servitude douce et paisible. Donc d'une part, limitation de l'Etat afin de se consacrer librement au bonheur privé mais surtout promouvoir et soutenir l'initiative individuelle et l'esprit de competitivité. En cela comprenez: dérèglementation! Il va sans dire que le socialisme français est anachronique en ce qui concerne l'acceptation des réalités économiques :-). En effet la puissance d'un Etat ne réside pas en ce qu'il peut exercer des pressions pour imposer des quotas de chaussettes chinoises en U.E (apres avoir soutenu l'entrée de la Chine à l'OMC) mais véritablement dans sa capacité à déposer des brevets. La recherche est essentielle. Dérèglementez! Privatisez! Délocalisez! Défiscalisez!
20 avril 2007
Cécité
R. Mallet-Stevens, maître de l’architecture moderne. “Mais où est Le Corbusier ?” s’étonneront certains. Le Corbusier, architecte aux recherches tournées vers l’industrie, les productions à la chaîne, la standardisation des matériaux servant à la réalisation de ses unités d’habitation. Pourquoi ? Pour un moindre coût. Une architecture qui s’adresse aux classes sociales défavorisées. Notez que ses recherches ont été poursuivies dans la période de reconstruction post seconde guerre mondiale, avec pour modèle son unité d’habitation de Marseille. L’assise des grands ensembles, quartiers chauds et autres lieux de perdition, deals de shit sur fond de rodéos sauvages, string, pute et Lexus. A qui la faute ? Corbu ? Non, laissez Corbu. Voyez plutôt: sa construction Marseillaise tient toujours et est encore appréciée! Où est l’erreur ? Aux réalisations médiocres qui ont suivi: matériaux de mauvaise qualité, travaux réalisés sans rigueur, constructions excentrées du centre des villes. La solution: la destruction. La réhabilitation est à l’urbanisme ce que l’homeopathie est à la médecine. Ceci étant je ne place pas l’engagement social comme condition sine qua non de la grandeur d’un architecte. Mallet Stevens est l’oublié de l’histoire de l’architecture. Ses archives sont en petit nombre et contrairement à Corbu, il n’a brièvement marqué son temps que parce qu’il était moderne. A cela j’entends l’utilisation du béton armé, des possibilités ouvertes grâce à l’utilisation de ce matériau (balcons en décrochement, formes sphériques, imbrication des volumes...), grands espaces vitrés, intégration de vitraux, etc. Il répondait essentiellement aux commandes privées. Il est l’architecte moderne haut de gamme par excellence. Paul Poiret, couturier, lance un projet avec Mallet-Stevens. En faillite, le projet n’aboutit pas. L’architecte participe à l’exposition internationale de 1925 (pavillon du tourisme). Les Noailles le contactent également. L’on retrouve aussi la Rue Mallet-Stevens à Paris, où il a réalisé un certain nombre de constructions. “Il n’etait pas malheureux!” me direz-vous. Aujourd’hui il le serait: il ne figure pas sur l’ouvrage consacré à l’histoire de l’architecture que je viens de consulter: Blasphème.
Petite anonce
Un article très court pour vous signaler que ce blog devient aussi celui de Yannick, il en est
officiellement membre et peut écrire quand il le veut. Cliquez sur les profils dans "Auteurs".
Enjoy, enfin en fait je me fous un peu que vous aimiez ou non entendez-bien, c'est juste par convenance.
15 avril 2007
On se demande pourquoi je mets une image de Roméo et Juliette...
Entre deux sanglots magnifiquement rythmés par la sonate au claire de lune de Beethoven
, je me plonge dans les effets curatifs de l'abréaction écrite.
Au passage, je suis totalement d'accord avec le commentaire de Laurent G (je crois que nous l'avons tous reconnu). Je suis exactement une bobo des beaux quartiers, c'est tellement vrai que j'en suis sur le cul.
Le fait que je n'affronte pas la réalité est aussi terriblement juste. Belle analyse, vraiment, et je ne dis pas ça pour être ironique. D'ailleurs je ressemble assez à Proust qui a passé sa vie cloîtré dans sa chambre à se regarder le nombril et à être déprimé sur la vie. Heureusement qu'il a existé sinon je me sentirai encore plus bidon.
J'émettrai tout de même que j'ai sans doute plus de droiture morale et de conviction que Laurent G, mais en même temps on s'en tape. Les crapules triomphent toujours et s'en sortent bien dans la vie, on sait bien qu'un monde juste n'existe pas, alors finalement ça ne fait même pas de ça un avantage.
Bon sang, y a t-il quelque chose en moi qui ne soit pas bon à jeter ?
Mais faites-moi taire aussi, c'est horrible cette manie de me dénigrer moi-même, qu'est-ce que je peux le vivre comme une tare.
Je suis en pleine aliénation, il n'y a aucune cohérence, je suis dédoublée: La Faustine qui essaie tant bien que mal d'exorciser sa peine sur ce blog et l'autre Faustine qui lui crie "Ta gueule putain tu soûles absolument tout le monde, et toi la première.".
Du coup, comme toujours, les réflexions de Laurent étant tellement véridiques, ça m'a foutu à l'envers et renvoyé à mon Moi terriblement inutile. Donc, je rechigne à poser des mots sur mes maux (ouh yeah).
D'ailleurs vous savez quoi ? Je vais même pas les écrire. Je me gonfle moi-même à faire que me plaindre, sincèrement j'ai encore plus envie de me défoncer la tronche.
Voilà donc juste, j'en ai marre de ma famille issue de la Jet-Set qui n'a rien d'autre à faire qu'étaler son fric et sa connerie. Quel week-end de merde. Fuck them all.
Ah au fait, Tom Cruise et Orlando Bloom sont homosexuels. Si si, Tom Cruise paie les filles pour qu'elles restent avec lui. Tout est monté, je tiens ça de ma cousine qui travaille à Londres et qui a des relations avec des gens qui cotoient les stars. Qu'est-ce que vous croyez, ce ne sont pas des blaireaux ces jet-setteurs.
J'adore ma vie.
06 avril 2007
Encore un article larmoyant
Je me sens inutile. Comme une chose dont on se lasse très facilement.
Que ce soit mes amis ou mon petit ami j'ai la sensation qu'ils ont compris que je n'ai pas plus de valeur que ça et qu'il n'y a pas grand chose à tirer de moi.
Délire paranoïaque ? Possible.
Récemment j'ai vécu une remise en question sur la base de ma capacité à être une bonne amie.
Je m'efforce d'être disponible et à l'écoute. Cependant j'ai la désagréable et omniprésente impression que je n'apporte qu'un piètre soutien et une écoute médiocre à mes amis.
Je me sens pas à la hauteur de certains de mes amis, je les estime beaucoup et par conséquent je me demande pourquoi ils restent avec moi.
C'est un peu le même problème que j'ai à l'égard de mes petits amis, quand je les trouve fantastiques (oui j'avoue c'est arrivé peu de fois), le fait qu'ils restent avec moi me taraude.
Là je parlerai pas de mes travers amoureux ou de mon idylle absolument merveilleuse actuelle avec mon copain, j'aurais trop peur qu'elle se fane.
Non je parlerai d'amitié.
J'en ai discuté avec une de mes meilleures amies. Je lui ai dit que je me sentais inutile et futile. J'ai eu l'impression qu'elle s'éloignait de moi, qu'elle tachait de me supporter en faisant appel à sa grande et inimitable patience.
Elle rechignait à se confier à moi, j'avais du mal à lui sous-tirer des informations alors j'ai pas insisté. Après tout si les gens ont envie de parler, ils le font naturellement, inutile de les harceler sans relâche.
Oui mais voilà, consciente qu'elle n'était pas super bien dans sa peau en ce moment, je me sentais coupable et inefficace. Je ne savais plus comment lui montrer que j'étais là si bien que la plupart du temps je n'allais même plus lui parler.
Quand je me décidais tout de même à aller lui parler, je l'inondais de mon babillage incessant et de mon bonheur gluant qui donne la nausée. Qu'est-ce que j'avais envie de me fracasser la tête contre les murs.
Le problème chez moi c'est que je me confie très facilement aux gens que j'aime et en qui j'ai confiance. Je n'ai aucun souci avec ça, je raconte les moindres détails de ma vie, mes peines comme mes joies.
J'ai remarqué qu'évidemment tout le monde n'est pas comme moi. Il y a des personnes introverties et taciturnes qui émettent des réserves.
Le pire dans tout ça, c'est que de toute manière, quand bien même elle m'aurait parlé de ses petits démons, je me serais pas sentie en mesure de fournir une consolation adéquate. Je me sens jamais à la hauteur de toute façon.
J'ai fini par admettre de façon évidente qu'elle avait peut-être enfin vu elle aussi que j'étais sans intérêt.
Vous savez, le genre de fille à répondre des banalités folles et monstrueusement communes à ses maux.
Alors forcément, à quoi bon se confier à moi ? Je ne suis pas elle, je peux empatir mais je ne peux pas le vivre à sa place, je ne pourrais jamais comprendre totalement. Alors si en plus je balance des inepties rebattues et sans intérêt, je l'appuie totalement quant au fait de ne rien me dire.
Cependant ce n'était pas la dernière personne à agir comme ça. Il y a eu une autre amie qui m'a appris une nouvelle terrible cette semaine. Je m'en suis voulue comme jamais.
Elle ne venait plus en cours depuis trois semaines, et vous croyez que j'aurais pris mon téléphone pour l'appeler ? Non, bien sûr j'y ai souvent songé: "Ah quand-même ça devient bizarre tu devrais l'appeler" mais je ne l'ai jamais fait.
Je suis égoïste, trop préoccupée avec mes propres démons intérieurs et avec mon bonheur nouveau que j'ai retrouvé au sein de ma nouvelle histoire amoureuse.
Un ami m'a rassuré tout de même me disant "Je crois qu'elle travaille en même temps, ses heures de boulot empiètent sur les heures de cours.". Ah ! Ouf ! Soulagement. J'ai pris cette hypothèse comme une vérité absolue, comme si c'était l'unique possibilité apte à expliquer son absence. Ca devait m'arranger au fond, comme ça c'était sûr, j'avais pas à décrocher mon téléphone et à utiliser du forfait pour prendre de ses nouvelles.
Oui mais voilà, la personne en question m'a appelée et m'a dit être en pleine dépression nerveuse. Je peux vous dire qu'on se sent con dans ces moments là.
J'en suis arrivée à la conclusion que j'étais peut-être pas le genre de fille à qui on a envie de se confier.
J'étais là, je la connais depuis un an, et jamais, non jamais, elle m'en a parlé. Elle aurait pu, je lui avais vaguement dit moi que j'avais eu une mauvaise passe.
Je m'excuse de ce post embrouillé et piteusement écrit.




