Nina in the zone

"Nous sommes attirés par toute vie qui nous représente quelque chose d'inconnu, par une dernière illusion à détruire." (Marcel Proust)

19 mai 2007

welcome1_v"La solitude est bonne aux grands esprits et mauvaise aux petits. La solitude trouble les cerveaux qu'elle n'illumine pas." (Victor Hugo)

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15 mai 2007

Together we're invincible (Muse) :)

Poèmes à Lou, "Je pense à toi"Copie_de_B_b__

Je pense à toi mon Lou ton cœur est ma caserne
Mes sens sont tes chevaux ton souvenir est ma luzerne

Le ciel est plein ce soir de sabres d'éperons
Les canonniers s'en vont dans l'ombre lourds et prompts

Mais près de toi je vois sans cesse ton image
Ta bouche est la blessure ardente du courage

Nos fanfares éclatent dans la nuit comme ta voix
Quand je suis à cheval tu trottes près de moi

Nos 75 sont gracieux comme ton corps
Et tes cheveux sont fauves comme le feu d'un obus
qui éclate au nord

Je t'aime tes mains et mes souvenirs
Font sonner à toute heure une heureuse fanfare
Des soleils tour à tour se prennent à hennir
Nous sommes les bat-flanc sur qui ruent les étoiles

Posté par Ninaverse à 20:22 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 mai 2007

Es mi redimere, te implorum domine

bs2e22_466Impression de mourir une deuxième fois. Impossible de me rendormir, impossible de gérer cette angoisse qui vient de s'emparer de moi. En peut-être une heure, une demi heure, ma vie s'est arrêtée en rêve, ma mort a pris la forme d'un cauchemar, une mort spirituelle.
En une heure, une demi-heure je viens de voir ma vie défiler, ma vie sans lui, ma vie qui était aspirée dans un tourbillon infernal et familier.
Vous l'avez deviné je viens à l'instant de faire un mauvais rêve. Rêve qui n'est pas vraiment fantasmagorique, qu'on ne peut pas classer dans l'onirique, puisqu'il s'agit d'un fait de mon passé qui est venu me hanter dans mon sommeil.
J'ai la sensation d'avoir reçu un grand coup de poing au ventre, j'ai du mal à respirer, j'ai chaud, ma couette est en boule et mon coussin est brûlant et marqué par la peur et la panique. Je me suis éteinte une seconde fois, étape par étape, j'ai tout revécu. Je crois que je vais être malade.

De l'aide, quelqu'un, j'ai besoin de quelqu'un, d'une présence, sinon je vais vraiment me sentir très mal. Les larmes ne sont pas loins, ma plus grande peur, mon plus grand désespoir, ma plus grande douleur, vient de se matérialiser dans un bref aperçu "imaginaire".
Il n'était pas là, ou plutôt il y était mais ne pouvait rien pour moi, j'avais beau l'appeler, penser à lui de toutes mes forces, l'inévitable était arrivé, je ne pouvais pas y échapper, c'était mon destin, ça devait se passer ainsi, c'est inscrit en moi, c'est gravé dans mon passé, c'est marqué au fer rouge dans ma mémoire.
Sans lui aujourd'hui, j'aurais sombré. Je suis soulagée de m'être réveillée et de constater que dans la vie réelle, il est avec moi, il m'aime et ne me laissera jamais tomber.
Seulement je donnerai tout pour effacer les quelques minutes qui ont été un martyre, tellement réel, tellement possible, tellement vrai... Ca m'est arrivé et ça me poursuit jusque dans les lymbes du sommeil.
Dieu, faites qu'il me protège, qu'il soit toujours là, je ne veux plus vivre ça une seconde fois, même en rêve. Est-ce une punition pour avoir été trop lâche ? Une chance pour me montrer que je n'ai plus à craindre la peur, que je ne suis plus seule ? Y-a-t-il un sens ? Le garder près de moi... Car un dieu, c'est ce qu'il me semble être à présent.
Avec lui, contre lui, rien ne peut m'arriver, rien, rien... Intouchable, invincible, en sécurité, ne plus craindre les fantômes du passé, les blessures antérieures qui ont dérobé mon innocence et qui m'ont forcée à me construire trop vite.
Eternel amour, dans ses bras, avec son odeur comme guide, ses mains comme talisman, ses yeux et sa voix comme bénédiction.
Je veux retrouver la paix, avec lui seulement cela est possible, je veux me reconstruire et guérir avec lui, tout oublier, tracer un trait sur tout ça, ne plus en rêver la nuit.
Surtout ne plus en rêver la nuit avec son absence de surcroît, je serais démunie sans lui, cassée, brisée, et c'est ce que je viens de réaliser comme une preuve évidente cette nuit.

J'ai peur, j'ai mal, je tremble comme une feuille, j'ai à nouveau 14 ans ce soir, je suis à nouveau seule ce soir, sa présence était défaillante, je suis en pleine léthargie, je veux sortir de ma torpeur, j'ai besoin de lui plus que jamais cette nuit.

Posté par Ninaverse à 03:03 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 mai 2007

Protect me from what I want...

"Et dès que j'eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donMossenait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s'appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu'on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j'avais revu jusque-là); et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu'au soir et par tous les temps était beau. Et comme dans ce jeu où les Japonais s'amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d'eau, de petits morceaux de papier, jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés s'étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l'église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé."

(Marcel Proust, Du côté de chez Swann)

Posté par Ninaverse à 19:21 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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