27 octobre 2007
Sissi
Depuis petite fille, je voue une drôle d'attirance pour l'histoire de Sissi. On m'offrait les cassett
es de la collection Sissi avec Romy Schneider, et je les regardais en boucle, inlassablement.
Aujourd'hui, j'ai découvert que les Sissi sortaient en DVD, je me suis empressée de tous les acheter.
J'étais très émue de redécouvrir ces films de mon enfance et de voir que rien n'avait changé, je les appréciais toujours autant. A l'inverse des Disney, lesquels chaque fois que je les revois, me déçoivent terriblement. En même temps, il ne s'agit pas du même registre.
Donc, ma passion pour cette impératrice m'a vallu d'avoir des livres sur elle, alors que je n'avais que 10 ans.
Je voudrais vous faire partager l'histoire de Sissi qui me touche énormément.
Tout s'est joué sur un coup du hasard, ou plutôt comme dirait Franz "sur un coup du destin". Voyez-vous, car rien ne prédisposait le jeune empereur François-Joseph, qui gouvernait ses peuples avec tant de sérieux, à choisir pour épouse la plus indocile de ses cousines de Bavière, la plus rêveuse, la plus sportive, et la moins féminine des filles du duc Max, ce fantaisiste. Pourtant, Franz déplorait ces fiançailles arrangées, et désirait que sa fiancée soit dotée d'une forte personnalité.
Lorsque le regard de François-Joseph se pose pour la première fois sur sa cousine Sissi, elle est en grand deuil d'une lointaine tante et d'un premier amour mort de la maladie.
Ce 16 Août 1853, tout est prévu. La duchesse Ludovica de Bavière (mère de Sissi) est venue de Munich en voisine avec deux de ses filles, Hélène et Elisabeth (Sissi, bien évidemment). Sa soeur, l'archiduchesse Sophie, mère du jeune empereur d'Autriche (qui a notons-le, sacrifié sa vie et sa couronne pour son fils), les attend à Ischl pour une conspiration matrimoniale. Hélène, que l'on bichonne soigneusement (elle est l'ainée de Sissi) s'apprête à devenir la fiancée de Franz. Sissi, quantité négligeable dans ces projets familiaux se contente de tresser elle-même ses longs cheveux. La femme de chambre et l'archiduchesse se taisent, bouche bée devant la grâce de ses gestes. Mais qu'importe, c'est de l'autre qu'il s'agit, la brune Hélène à l'oeil sévère, la mieux éduquée, la plus obéissante.
Mais... C'est à peine si l'empereur regarde sa promise (la trouvant insignifiante) il n'a d'yeux que pour sa cadette. L'insouciante Sissi, quinze printemps. Il ne perdra pas un seul jour, il déclare d'abord ses sentiments à sa mère (comparant les lèvres de Sissi à des fraises, ça mérite d'être dit !).
Le soir même, Hélène fastueusement couronnée d'un lierre romantique comprend son échec, alors même que Cendrillon, sa soeur, ne porte qu'une simple robe, c'est avec celle-ci que l'empereur dansera le cotillon, lui offrant non seulement le bouquet rituel mais aussi les autres, qu'il aurait dû distribuer aux danseuses.
Tout le monde comprend, sauf Sissi.
Sissi éclate en sanglots et s'écrie qu'elle aime l'empereur, mais préfèrerait qu'il ne soit pas empereur. Elle veut rester libre, rester dans sa campagne de Bavière, ne pas se plier aux ordres. Cependant on ne refuse pas l'empereur d'Autriche ! L'archiduchesse reçoit le consentement écrit de Sissi. L'empereur a 23 ans, adore Sissi, l'aime follement jusqu'à son assassinat. Mais elle, l'aime-t-elle ? On ne le saura jamais vraiment.
Sa belle-mère l'archiduchesse est dure, veut éduquer Sissi, lui supprime la garde de ses trois premiers enfants (la première Sophie, meurt très jeune). Sissi déplore et méprise Vienne et le peuple autrichien. Elle se plaint sans cesse d'être seule et délaissée de Franz. Celui-ci pourtant multiplie les efforts pour la satisfaite et être près d'elle. Elle s'ennuie de la Bavière, de la chasse, de sa famille.
L'éducation impériale s'abat sur Sissi: elle doit apprendre l'italien et le français, elle qui, plus tard parlera couramment le hongrois et le grec, résiste aux leçons linguistiques. Après une dérobade en Bavière, suite à la supression de la garde de sa fille Sophie par sa belle-mère, Sissi finit par s'assagir.
C'est en Hongrie, étape suivante des visites officielles que sa vie va basculer. De la Hongrie elle aime tout: le désir d'indépendance, le tempérament passionné, les revendications libertaires, les quadrilles déchaînés, la musique tzigane, les chevaux dans la puszta et la détestation de l'Autriche. L'archiduchesse Sophie haïssait les hongrois, Sissi les aima donc follement jusqu'à sa mort, et fut largement récompensée en retour. Elle se tient à cheval dans les défilés militaires aux côtés de l'empereur. Les hongrois s'émerveillent. L'équitation commence à faire partie de la panoplie de résistance de l'impératrice, et la Hongrie persécutée par l'Autriche devient le symbole intérieur de sa propre liberté. Qui d'autre mieux que Sissi, pouvait comprendre un coeur opressé ? Un peuple rebel ?
La première fille de Sissi meurt, et nait dans d'atroces souffrances l'héritier du trône Rodolphe. Confisqué lui aussi. Sissi se réfugie dans une farouche retraite et chevauche tout le jour.
A la place de l'insoluble conflit (sa mère et sa belle-mère s'entredéchirent, l'empereur affaiblit se réfugie dans les bras d'une comtesse, la belle-mère de Sissi l'accuse de la mort de sa fille...) Sissi déclare un début de maladie. Aux limites de l'épuisement nerveux elle y remédie par une spirale d'exercices violents: marches forcées et gymnastique éprouvante. Elle s'exile à Madère loin de l'empereur pour reprendre des forces et se rétablit peu à peu.
Sissi et François-Joseph deviennent roi et reine de Hongrie en 1867. Sissi sera assassinée en 1898 par un anarchiste italien désirant tuer un souverain européen.
Commentaires
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=147944&pid=6679106
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :



