Nina in the zone

"Nous sommes attirés par toute vie qui nous représente quelque chose d'inconnu, par une dernière illusion à détruire." (Marcel Proust)

19 novembre 2007

To you

Je ne sais aujourd'hui plus si tu vis à la même adresse et peut-être que je m'avance en pensant t'avoir suffisamment marqué pour oser une lettre pareille.visuel
Te souviens-tu de moi ? Une petite fille blonde de 12 ans avec son maillot de bain rouge une pièce déjà trop enfantin pour son corps d'adulte. J'avais pourtant une corpulence si frêle... J'étais un peu l'égal d'une plume que le vent n'aurait eu aucun mal à envoyer voguer dans les profondeurs de l'espace.

Je suis nostalgique de ce temps là, de notre histoire féérique sous les palmiers.
J'étais tellement ingénue à l'époque, ma tête était bourrée d'inepties, de sucre glace, de romans rose bonbon, de déclamations shakespeariennes, de guimauve.

Te rappelles-tu Pierre et vacances ? Le Mahi-Mahi ? Moi je me souviens si bien de ton odeur infinie qui même encore aujourd'hui exhale de tous les corps masculins qui peuvent m'approcher.
Tu représentes l'éveil de l'adolescence et toutes les conneries que j'ai pu vivre ou subir par la suite. Car vois-tu, c'est toi que je recherchais à travers tous les crétins que j'ai pu croiser.
J'étais belle à cette époque, je plaisais énormément et je paraissais avoir 14 ans. Tu serais sûrement déçu aujourd'hui.
Souvent je repense à toi, à nous, à ton rire et à tes plongeons dans la piscine du haut du fameux pont interdit. Et cette colline ? Cette colline où nous avons rejoué Titanic, où nous avons refait le monde et inventé le futur avec nos petits yeux d'enfants ? Et que dis-tu de la plage des amoureux ? Cette plage où j'avais découvert pour la première fois un couple homosexuel en train de faire des choses peu orthodoxes dans l'eau ? Te souviens-tu de mon effroi en les voyant ? Te rappelles-tu la couleur de mon visage à cet instant ? Te souviens-tu de nos rixes infantiles avec une dénommée "Mère Thérésa"... ? Et Stéphanie, je ne l'ai pas oubliée, ni Hélène, ni Maxime, ni tes deux acolytes.

Qu'es-tu devenu, dis ? J'ai 20 ans, tu te rends compte ? 20 ans, et tout ça est si loin de nous, de nos vies et pourtant cela reste tellement présent. Tu m'as sans doute autant marqué que mon premier petit ami à 16 ans. Je ne t'oublie pas. Je garde toujours un petite larme pour ce que nous avons été. L'enfance est un monde à part, une autre dimension. Je n'y aurais plus jamais accès. Je suis tellement heureuse d'avoir vécu ça. Je te remercie de ta fraîcheur et de ta patience, moi qui, à l'époque, trouvait les bisous "trop degs et gluants". Comme j'ai changé. Comme tu as dû évoluer. Tu m'auras au moins appris à reconnaître un parfum au milieu de tous, ce parfum qui me ramène 8 ans plus tôt automatiquement.
Réponds-moi si tu le souhaites. J'espère avoir apporté à ta vie une petite touche de gaîté et d'émotion. Espérons toutefois que cette lettre arrive à bon port.
Si tu désires reprendre contact, je te laisse mon adresse e-mail. Mais peut-être est-ce une mauvaise idée ? Mieux vaut rester sur nos souvenirs respectifs et ne pas prendre le risque de tout briser. Je te laisse le soin de décider ce qui est préférable.

Cordialement,
Faustine Banon. {Portant autrefois le sobriquet de "Petite sauterelle"}

Posté par Ninaverse à 13:02 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Enfance

Quand j'étais plus jeune, je tenais une ribambelle de journaux intimes, chacun correspondant à une078027e tranche d'âge. Le plus vieux dâte de 1997, j'avais 9 ou 10 ans. Dans celui-ci y est répertorié des tones de poèmes sur un garçon que j'aimais étant petite, c'était mon meilleur ami. Mais qu'importe. Hier soir j'ai été stupéfaite en le relisant, car voilà, comment pouvais-je écrire des poèmes pareils aussi jeune ? La plupart sont niais, ils parlent sans cesse "d'éclat de lumière" de "lune " et de "soleil" de "cheveux d'or"...et cetera desunt...
Seulement, déjà, on peut sentir un certain étonnement en les lisant, il y a du vocabulaire, du style. Je lisais énormément quand j'étais petite, mais je lisais des livres d'enfants comme ceux de Judy Blume. Cela n'explique donc pas tout.
Je vous en retranscris un, qui m'a subjugué étant donnée ma petitesse. J'avais 9 ans ! Je crois que même aujourd'hui je serais incapable d'écrire un poème comme ça (j'ai corrigé quelques fautes, mais en plus regardez, il y a des rimes ! Sérieux, connait-on seulement l'existence des rimes à cet âge là ?!) :

Lui, sous un manteau de pluie, tellement beau au milieu de la nuit
Même si je lis dans ses yeux toute la peine d'un amour malheureux
Je voudrais simplement te parler, je saurais tout te faire oublier
Même si tu me rends folle j'irais n'importe où pour toi

Laisse mourir tous les regrets ma promesse c'est de t'aimer c'est vrai
Comme un enfant tu as peur mais tu donnes ce que t'as dans le coeur
Je voudrais simplement te parler je saurais tout te faire oublier
M'oublie pas ne pleure pas reste avec moi.

Posté par Ninaverse à 12:42 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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