11 janvier 2008
Les fleurs du mâle (IIème partie)
C'est fou ce que je peux raconter comme connerie. Faut que j'arrête de me la jouer Vengeuse masquée par l'intermédiaire d'un blog, ça devient ridicule.
Bien sûr que non j'ai rien appris, je n'en ai rien tiré, déjà parce que : "On ne profite d'aucune leçon parce qu'on ne sait pas descendre jusqu'au général et qu'on se figure toujours se trouver en présence d'une expérience qui n'a pas de précédents dans le passé." (Proust) et ensuite parce que j'ai besoin de toi. Même charnellement. Peut-être même aussi parce que je suis masochiste. J'aime bien souffrir, et finalement ton esprit ne me dérange pas tant que ça.
Oui c'est choquant, c'est tabou, c'est pas bien Faustine ! Tu es malsaine !
Moi, son alter-ego féminin, pourquoi vivre une relation basée sur mon non respect ? J'en sais rien, l'idée m'excite. Oh oui.
Ou peut-être que je m'aime tellement peu que je m'inflige l'image que j'ai de moi-même, je me punis d'être seulement moi, si nulle et faible. Je suis de bonne foi, je fais pas dans le déni, j'accepte. Rousseau venez m'aider !
Je crois, de toute façon, être capable de ressentir et de vivre ça seulement avec lui, le cas est unique.
A chaque fois c'est pareil, dès que je me retrouve en proie à moi-même, triste, mélancolique, c'est toujours le même sempiternel refrain qui se joue. Je suis comme aimantée à lui, attirée, engouffrée dans les ténèbres, comme irrémédiablement aspirée par sa vilénie, fascinée par son manque certain d'humanité. Peut-être car il se montre plus sincère et nature que tous les autres et leurs belles promesses boiteuses, faibles et incertaines. Il n'a pas besoin de me promettre la lune, pas de minauderies, on sait comment ça se passe entre nous. Pas d'hypocrisie. C'est finalement la seule relation qui dure parmi les autres si pleine de "bonnes intentions", de "bons sentiments".
Je laisse cependant présager le pire quant à mon devenir, c'est une relation destructrice dont il ne restera que des cendres.
J'irai quand-même dans un chemin plus optimiste (quoi que facétieux), peut-être que ta beauté dépasse tellement toutes les autres, que je me damnerais pour la garder un peu plus longtemps près de moi. Pour qu'elle me savoure, m'enveloppe, me possède... Quelque soit son prix, quelque soit ton esprit. Car Dieu que tu es beau.
Si j'osais je passerais mon temps à te regarder, juste pour bien mémoriser la courbe de tes yeux. Ce regard... Je traverserais les enfers pour lui. C'est d'ailleurs le cas de le dire.
Je connais quelqu'un, qui n'a toujours pas su saisir l'ampleur de ton charme, de ton attraction. Crois-moi, cette personne te toise, t'épie, tapis dans l'ombre elle se meurt en fait de jalousie et d'envie. Quelle honte.
Tu pourrais faire de moi ton esclave. Je demande rien en échange.
...C'est un peu comme une sorte de Dorian Gray avec cependant la délicatesse et la finesse du langage en moins...
Vous avez déjà connu ça ? Une attirance physique, purement basée sur le paraître et la sensualité que le mec dégage ? Son esprit et sa beauté sont une parfaite antithèse (les traits du visage si fins et l'esprit si bourru...), mais à la limite, c'est même pas important.
Quand je le vois je bous. J'ai envie de le toucher, de me blottir contre lui, de respirer son odeur. Odeur très masculine, sans artifice, sans parfum, tellement lui. J'ai jamais ressenti ça. Une dépendance purement physique avec pour seul support une beauté providentielle.
Non... Je crois que je m'égare dans des échaffaudages trop romanesques, on y voit transparaître ici mon influence accrue par les histoires... Mielleuses. Je romance trop la chose, je fais trop dans la poésie. Le cas est plus grave et trahit un côté malsain.
Ou peut-être que c'est normal mais que j'ai une vision trop idéaliste et exclusive des relations de cette nature, comme si je devais être punnie si tous ces actes n'étaient pas animés par des sentiments purs, authentiques.
Je ne suis même pas sûre de pouvoir me justifier en m'arrogeant des circonstances atténuantes comme un certain mal-être, car, à vrai dire, je vais bien, je suis bien dans ma tête. J'ai bien peur de me créer de fausses excuses pour ne pas accepter l'hypothétique réalité qui consisterait à dire que je suis capable d'être volage à mes heures perdues. J'insiste quand-même sur le fait que le cas est vraiment unique... Enfin qui sait si cela ne serait pas susceptible de se reproduire plus tard avec un autre ? Vous me direz qu'il n'y a aucun mal à entretenir ce genre de relations, on est "des femmes libérées" (blablabla, pitié épargnez-moi le discours féministe totalitaire ! Le féminisme est un totalitarisme mesdames.) oui, mais il y a prescription lorsque cette "relation" vous détruit, vous fait baisser votre estime personnelle. Pourquoi ce goût pour le sombre ? D'où ça me vient ? D'où me vient ce poids, pourquoi je me le traîne ? Qu'est-ce que ça m'apporte ? Strictement rien.
Je crois que tu ignores ton potentiel, le monopole que t'as sur moi est immense. T'as carte blanche, le passé ne m'a pas servi de leçon, tout simplement parce que je serais jamais usée par toi, jamais lassée, j'en aurais jamais assez, il n'y aura jamais assez de toi en moi.
Peu importe ta misogynie, étouffe-moi sous les insultes autant que tu veux, lacère-moi, roue-moi de coups, sois égoïste, ne pense qu'à toi et à ton plaisir, je tolérerais tout pour 7 minutes au paradis...
"Mon amour est comme un fiévreux que seul apaise le poison qui nourrit son mal et dont il meurt" (Apollinaire)



