31 janvier 2008
Connivences
Ma vie a été prodigieusement copiée par la série Buffy. Je demande des droits d'auteurs. Je vous en donne un aperçu chaque vidéo correspond à une étape de ma vie. C'est pas un peu du plagiat ça ? D'ailleurs je suis oûtrée par tout ceci :
http://www.youtube.com/watch?v=OeH2D1HtAz8 : Jean et moi
http://www.youtube.com/watch?v=Izsia6Bs7T0: Ma mélancolie de l'an dernier "La mélancolie est une maladie qui consiste à voir les choses comme elles sont, ce qui est déficitaire c'est l'illusion" (Gérard de Nerval)
http://www.youtube.com/watch?v=Z2SsYrmezR8 : Un évènement de mon adolescence
http://www.youtube.com/watch?v=RobwOJ1przc&feature=related : Julien et moi
23 janvier 2008
La reine du Moi-moi-moi
Ma vie ces temps-ci me fait penser à un champs de maïs génétiquement modifié auquel on aurait foutu le feu.
Dites, vous avez remarqué vous aussi que pratiquement tous mes articles commencent par "Mon, ma, je", il n'y a rien de plus narcissique qu'un blog. Si vous saviez ce que l'on apprend en psychologie sur le narcissism
e, croyez-moi on a beaucoup plus confiance en nous que ce que l'on croit. Y a un truc aussi, c'est ma façon d'étaler mes petites misères de façon si... "Esthétique" : "Il n'y a guère que le sadisme qui donne un fondement dans la vie à l'esthétique du mélodrame" (Proust). Bon sang ce que je suis sadique, bon sang ce que je suis narcissique.
Pardonnez cette petite paranthèse. J'étais en train de vous dire que lorsqu'un pan de votre vie s'effondre, obligatoirement, un autre pan de votre vie va s'empresser de faire de même.
Il devenait déjà difficile de vivre avec l'idée accaparente que j'allais planter cinq examens sur huit, réussissant à sauver les meubles sur les trois examens restant en ayant pas plus que la moyenne... Enfin bref.
C'est très pesant, cela me poursuit jusque dans mes rêves, ça donne à peu près ça : "Coucou je suis une communication neuronale et tu ne comprends rien à mon fonctionnement ! Sans parler de ma copine l'adénohypophyse (si tant est que ça s'écrive comme ça) et toutes mes autres amies dont le nom est trop compliqué pour que tu t'en souviennes !".
C'est donc cet aspect de ma vie qui en ce moment est en oscillation perpétuelle, en branle.
J'avais à côté réussi à jouïr des charmes de la vie végétative, je m'y plaisais vraiment. Je survivais en me levant le matin, en révisant une bonne partie de la journée et en ayant pour seule motivation la quête d'un Donuts au chocolat interdit. C'est fascinant la vie végétative, vous vous retrouvez avec pour seul but, pour seul plaisir, l'appropriation d'un beignet. Ca me convenait parfaitement !
Sauf que l'enfer c'est les autres. Jean-Paul Sartre avait raison. Je vous parle pas de l'histoire où l'Autre est l'intermédiaire entre moi et moi-même, non, non. Voyez plutôt :
Hier soir j'étais emplie d'une fierté et d'une joie débordante (c'est fou ce que les sentiments les plus simples sont denses et amples lorsqu'on reste à un niveau de vie superficiel) parce que je venais de recoudre toute seule mon compagnon de nuit, vous savez, le transitionnel (transition qui perdure) Doudou. Il était déconfit, râpé et en perdait toute sa mousse. En même temps il doit bien avoir 18 ans. C'est un peu le réceptacle de ce que je suis avec mes 20 années, sauf que lui, son éraillement ne peut transparaître que physiquement. Moi, c'est intérieur, mais je suis tout autant en lambeaux et érodée que lui.
J'avais ensuite regardé un film assez divertissant à la télé, puis j'avais embarqué avec moi un gros paquet de Palmitos au chocolat à déguster devant l'ordinateur.
Oui mais voilà, les gens, pour se sentir vivre ont besoin de se nourrir de votre malheur. Si vous vous remettez plus tôt que prévu, ça leur pose un sérieux problème parce que ça veut dire qu'ils ne pourront plus discuter avec vous et jubiler de votre peine en se disant qu'ils sont mieux lotis que vous.
Satine, mes Palmitos et moi menions jusqu'à cet instant une vie rangée qui avait retrouvé un certain équilibre (fragile, certes), sauf que je n'avais pas le droit de retrouver la paix aussi vite. Il faut que je serve à justifier l'existence des autres.
Tiens d'ailleurs, laissez-moi vous dire que si je me remets aussi bien de toutes les peines de coeur à venir, j'en suis ravie. Je pense d'ailleurs qu'on ne connait la souffrance qu'une seule fois, la première fois. Je ne dis pas qu'après on ne souffre plus mais ayant perdu ce que j'avais perdu quand Marc m'a quitté, je crois qu'il était évident que je ne ressentirai plus une telle perte avec pour support une douleur béante une seconde fois. C'est incomparable. Personne n'aura l'importance qu'il avait et quelque part tant mieux, parce que mettre autant de temps pour guérir, je préfère ne pas avoir à le vivre tous les jours. Mais de toute façon je crois l'avoir déjà dit, ma relation avec mon ex était tellement artificielle que je ne suis même pas sûre d'avoir ressenti un amour transcendant. Ceci justifie donc peut-être cela.
Bref, pour reprendre ce que je disais tout à l'heure, un visiteur quidam qui se foutait totalement du mal qu'il pouvait me faire, saccageant tout sur son passage, est venu m'alerter hier soir (sur internet) en toute bonté de coeur, pensant sûrement, dans un élan de générosité, me rendre service, que ma foi, mon ex petit ami m'avait manipulé du début à la fin et ne m'avait jamais aimé.
Vous comprenez, lui, il a un cousin qui connaît très bien mon ex et quand on lui a dit qu'il sortait avec moi, cette personne a bien ri et dit un truc du style "Encore une qui va se faire jeter et qui va y croire jusqu'au bout !". D'ailleurs apparemment, si j'en crois les dires de mon visiteur, mon ex était un sombre calculateur qui prévoyait déjà ses infidélités à mon égard.
Donc là, me fichant du chocolat sur mes doigts et de la saleté que j'allais déverser (Oui je mangeais mes palmitos) je me suis raccrochée à n'importe quoi, en tapant sur mon clavier les premières choses qui me venaient à l'esprit, pour contrer ses attaques. Sauf que la panique me rendait peu crédible.
Forcément j'ai dû sortir ma petite astuce en lui rétorquant : "Je t'interdis de le juger de la sorte !". C'est toujours très fort et impressionnant le "Je t'interdis" en début de phrase. Ca intimide, c'est ce que je dis pour montrer que je suis confiante, sûre de moi, pas du tout décontenancée alors qu'en réalité, je suis tout l'inverse.
Evidemment, torrent de larmes, explosions, lamentations. Voulant me protéger comme je le pouvais, j'ai tout simplement quitté la conversation (piètre auto-protection, je vous l'accorde). Putain, je voulais juste manger mes biscuits et jouer à deux trois jeux débiles en réseau ! Mais non ! Un connard est venu m'exposer ses théories et m'a mise sens dessus dessous (up side down). S'en est ensuit un mélange entropique qui a intensifié ma peine, je me suis rappelée qu'aucun de mes frères ne vit plus à la maison, que la première fois que j'ai fait l'amour j'avais 17 ans et que j'ai pleuré juste après, que mon premier 1/20 en maths (un point pour l'encre) date de la 1ère L, qu'à mon premier exposé de latin sur Néron j'avais eu 18, que la musique du film "Ensemble c'est tout" me fait penser à Yannick, que la première fois que j'ai eu Satine c'était en Mars 2006, que la première fois qu'on m'a dit que je ressemblais à Buffy c'était en 4ème, que la première fois qu'on a voulu me tuer c'était aussi en 4ème, que je jouais à Alerte à Malibu avec Marine dans ma piscine de Mazan, que Joseph a été l'objet d'un délire platonnique pendant un an, que la première fois que j'ai parlé Philippe j'ai su que c'était mon jumeau, que lorsque j'ai voulu jeter à l'eau mon meilleur ami, en 3ème, il s'est écrié "Je suis clostrophobe !!!"...
J'ai voulu me tourner vers quelqu'un, j'ai passé tout le monde en revue et je n'ai trouvé personne, parce que vous comprenez les gens sont tellement géniaux et empathiques que lorsque vous les appelez pour leur exposer ce genre de situation, si c'est un mec il vous répondra : "Ohlala mais tu l'as pas oublié ? Faut passer à autre chose !" vous vous faites limite engueuler et vous vous rendez compte qu'il a tout sauf bien cerné le problème. Si c'est une fille : "Oh mais nooon, le crois pas !". Chouette me voilà consolée.
Donc, je me suis blottie sous la couette, avec mon seul ami, mon doudou, et j'ai pleuré jusqu'à ce que mon cerveau et mon corps soient apaisés par la sécrétion d'endorphine et jusqu'à ce que je retrouve mes esprits. Oui parce que, si c'est vrai ce que l'on m'a dit, alors là, châpeau ! Mon ex a la palme du menteur professionnel. J'ai réalisé que je savais déjà qu'on m'avait raconté n'importe quoi et que les Liaisons Dangereuses restent une fiction.
J'ai réalisé une chose plus importante encore. Ce qui fait vraiment mal c'est l'idée intolérable qu'on ait pu ne rien représenter pour quelqu'un. Nous sommes narcissiques comme je le disais plus haut, psychanalitiquement parlant. L'amour propre fait très mal lorsqu'on se dit que peut-être on a été trahi, ou qu'on a été insignifiant pour quelqu'un. Cette vérité là est inacceptable, mais c'est celle qui s'impose comme authentique lorsqu'on a en fait tiré un trait sur la personne depuis longtemps.
13 janvier 2008
Oubah oubah ! Les étudiants exigent...
La nuit, dans mon studio à Aix, on dirait que les gens attendent que j'aille au lit pour venir mugir sous ma fenêtre. Ma rue est quand-même paumée, il n'y a rien dans cette rue, en réalité plus bas il y a la rue des cordeliers, mais c'est tout. Faudrait qu'on m'explique pourquoi tous les d'jeunz super branchés d'Aix viennent dans ma rue et s'y installent des heures durant.
D'ailleurs, ils sont ridicules. J'imagine qu'ils sont soûls parce qu'ils sont l'égal de gros boeufs affamés. Si vous entendiez leur voix, leurs vagissements... Ca donne vraiment l'impression d'assister à une cacophonie orchestrée par des hommes de Cro-Magnon. On dirait qu'on a reculé dans le temps.
Je les supporte de plus en plus mal. C'est inénarrable. J'essaie comme je peux de m'endormir mais ils arrivent en bande et campent devant ma porte et chantent, et parlent, et rient, (Dieu seul sait s'ils n'allument pas un feu de camps) et ce qu'ils disent est absolument incompréhensible, ils articulent pas, je sais même pas comment ils communiquent entre eux mais en tout cas ils ont l'air de se comprendre.
Peut-être comme les chauves-souris, par ultra sons mais enfin ça n'explique pas le problème de leur cerveau en dégénérescence. Ils sont tellement abrutis et cantonnés dans leur fonctionnement le plus simple de mâle dominant (à savoir pisser contre ma porte ou taper dans les poubelles en poussant des grands cris virils victorieux (il faut dire que c'était une attaque musclée et très dangereuse)) que je me demande comment le cerveau arrive à analyser et à traiter l'information provenant des ultra sons.
C'est quand-même humiliant de boire, moi rien que de les voir se donner en spectacle ça me fait passer l'envie d'essayer. Si c'est pour se retrouver aussi calamiteux, ça relève tellement du navrant que j'en vois pas l'intérêt.
Mais bon, faut vivre, t'es jeune t'as 20 ans, tous les jours est une occasion de plus d'enculer Sarkozy en donnant un coup de pied dans ma poubelle et c'est aussi une occasion de pisser contre les murs pour marquer ton territoire d'étudiant parce que comme tu l'as si bien affiché un peu partout dans les amphis: "Pécresse m'a tuer". Notez la faute d'orthographe qui consiste à employer un infinitif là où il aurait fallu un participe passé. Mais ça va on t'en veut pas, si tu fais que ce genre de faute qui est finalement pas évidente, on le reconnait, tu peux quand-même encore avoir des chances d'être persuasif.
Après tout, c'est pas ta faute si on a interdit les dictées au collège car t'étais censé apprendre l'orthographe tout seul en lisant des livres (faudrait arrêter de surestimer notre chère "élite" française).
Soyez pas trop méchants, c'est normal aujourd'hui de confondre les infinitifs et les participes passés, c'est normal d'écrire "sa vas ?" et après de citer les plus grands : "Méfiez-vous de celui qui veut remettre de l'ordre" (Diderot) et d'afficher cette belle citation que t'as trouvé sur Evene.fr, une fois de plus dans les amphis. C'est bien, t'es un brave soldat qui lutte contre l'oppression... Euh... Disons plutôt, qui se bat contre des moulins à vent, mais bon, soit, je fais des études pour soigner la paranoïa (délire de persécution, mégalomanie, ça te dit quelque chose ?).
11 janvier 2008
Les fleurs du mâle (IIème partie)
C'est fou ce que je peux raconter comme connerie. Faut que j'arrête de me la jouer Vengeuse masquée par l'intermédiaire d'un blog, ça devient ridicule.
Bien sûr que non j'ai rien appris, je n'en ai rien tiré, déjà parce que : "On ne profite d'aucune leçon parce qu'on ne sait pas descendre jusqu'au général et qu'on se figure toujours se trouver en présence d'une expérience qui n'a pas de précédents dans le passé." (Proust) et ensuite parce que j'ai besoin de toi. Même charnellement. Peut-être même aussi parce que je suis masochiste. J'aime bien souffrir, et finalement ton esprit ne me dérange pas tant que ça.
Oui c'est choquant, c'est tabou, c'est pas bien Faustine ! Tu es malsaine !
Moi, son alter-ego féminin, pourquoi vivre une relation basée sur mon non respect ? J'en sais rien, l'idée m'excite. Oh oui.
Ou peut-être que je m'aime tellement peu que je m'inflige l'image que j'ai de moi-même, je me punis d'être seulement moi, si nulle et faible. Je suis de bonne foi, je fais pas dans le déni, j'accepte. Rousseau venez m'aider !
Je crois, de toute façon, être capable de ressentir et de vivre ça seulement avec lui, le cas est unique.
A chaque fois c'est pareil, dès que je me retrouve en proie à moi-même, triste, mélancolique, c'est toujours le même sempiternel refrain qui se joue. Je suis comme aimantée à lui, attirée, engouffrée dans les ténèbres, comme irrémédiablement aspirée par sa vilénie, fascinée par son manque certain d'humanité. Peut-être car il se montre plus sincère et nature que tous les autres et leurs belles promesses boiteuses, faibles et incertaines. Il n'a pas besoin de me promettre la lune, pas de minauderies, on sait comment ça se passe entre nous. Pas d'hypocrisie. C'est finalement la seule relation qui dure parmi les autres si pleine de "bonnes intentions", de "bons sentiments".
Je laisse cependant présager le pire quant à mon devenir, c'est une relation destructrice dont il ne restera que des cendres.
J'irai quand-même dans un chemin plus optimiste (quoi que facétieux), peut-être que ta beauté dépasse tellement toutes les autres, que je me damnerais pour la garder un peu plus longtemps près de moi. Pour qu'elle me savoure, m'enveloppe, me possède... Quelque soit son prix, quelque soit ton esprit. Car Dieu que tu es beau.
Si j'osais je passerais mon temps à te regarder, juste pour bien mémoriser la courbe de tes yeux. Ce regard... Je traverserais les enfers pour lui. C'est d'ailleurs le cas de le dire.
Je connais quelqu'un, qui n'a toujours pas su saisir l'ampleur de ton charme, de ton attraction. Crois-moi, cette personne te toise, t'épie, tapis dans l'ombre elle se meurt en fait de jalousie et d'envie. Quelle honte.
Tu pourrais faire de moi ton esclave. Je demande rien en échange.
...C'est un peu comme une sorte de Dorian Gray avec cependant la délicatesse et la finesse du langage en moins...
Vous avez déjà connu ça ? Une attirance physique, purement basée sur le paraître et la sensualité que le mec dégage ? Son esprit et sa beauté sont une parfaite antithèse (les traits du visage si fins et l'esprit si bourru...), mais à la limite, c'est même pas important.
Quand je le vois je bous. J'ai envie de le toucher, de me blottir contre lui, de respirer son odeur. Odeur très masculine, sans artifice, sans parfum, tellement lui. J'ai jamais ressenti ça. Une dépendance purement physique avec pour seul support une beauté providentielle.
Non... Je crois que je m'égare dans des échaffaudages trop romanesques, on y voit transparaître ici mon influence accrue par les histoires... Mielleuses. Je romance trop la chose, je fais trop dans la poésie. Le cas est plus grave et trahit un côté malsain.
Ou peut-être que c'est normal mais que j'ai une vision trop idéaliste et exclusive des relations de cette nature, comme si je devais être punnie si tous ces actes n'étaient pas animés par des sentiments purs, authentiques.
Je ne suis même pas sûre de pouvoir me justifier en m'arrogeant des circonstances atténuantes comme un certain mal-être, car, à vrai dire, je vais bien, je suis bien dans ma tête. J'ai bien peur de me créer de fausses excuses pour ne pas accepter l'hypothétique réalité qui consisterait à dire que je suis capable d'être volage à mes heures perdues. J'insiste quand-même sur le fait que le cas est vraiment unique... Enfin qui sait si cela ne serait pas susceptible de se reproduire plus tard avec un autre ? Vous me direz qu'il n'y a aucun mal à entretenir ce genre de relations, on est "des femmes libérées" (blablabla, pitié épargnez-moi le discours féministe totalitaire ! Le féminisme est un totalitarisme mesdames.) oui, mais il y a prescription lorsque cette "relation" vous détruit, vous fait baisser votre estime personnelle. Pourquoi ce goût pour le sombre ? D'où ça me vient ? D'où me vient ce poids, pourquoi je me le traîne ? Qu'est-ce que ça m'apporte ? Strictement rien.
Je crois que tu ignores ton potentiel, le monopole que t'as sur moi est immense. T'as carte blanche, le passé ne m'a pas servi de leçon, tout simplement parce que je serais jamais usée par toi, jamais lassée, j'en aurais jamais assez, il n'y aura jamais assez de toi en moi.
Peu importe ta misogynie, étouffe-moi sous les insultes autant que tu veux, lacère-moi, roue-moi de coups, sois égoïste, ne pense qu'à toi et à ton plaisir, je tolérerais tout pour 7 minutes au paradis...
"Mon amour est comme un fiévreux que seul apaise le poison qui nourrit son mal et dont il meurt" (Apollinaire)
05 janvier 2008
All you need is ...
J'arrive plus à écrire, j'arrive plus à lire, j'arrive plus à réviser, j'arrive plus à avoir faim. Bon sang, si je plaçais le même investissement dans mes études, imaginez ce que ça donnerait ! C'est le problème de beaucoup de gens, comment déplacer cette énergie et la faire alimenter des choses plus importantes ? Là elle ne peut être qu'avortée, elle ne peut que rester à son stade embryonnaire, ça n'aboutit à rien.
Je crois que si j'y arrivais, je serais quelqu'un de vraiment intelligent. Tiens, tiens, ne parlerait-on pas de sublimation là ? Freud aurait-il raison ? (Petite pointe d'ironie, pour ceux qui n'auraient pas saisi)
Je fais des rêves bizarres. J'ai un sommeil agité. Je suis cassée en deux, dépossédée, dépouillée, vidée. Mais je vous en prie les gars, continuez, continuez ! Allez-y, échangez-moi, balancez-moi comme un ballon de volley-ball de vos mains à celles d'un autre.
Je vous ai déjà mis au courant que je vous avais rien demandé ? Venez pas me chercher, venez pas jouer au sauveur pour ensuite m'enfoncer un couteau profondément dans le coeur.
D'accord... Je l'admets, je suis de mauvaise foi. Je vous ai peut-être implicitement fait comprendre que j'avais besoin de vous. Vous qui me faites gerber, pauvres êtres misérables. Mais pas plus misérables que moi, moi qui ai tellement peur de rester toute seule que je supplie tout le monde pour avoir un petit morceau de pain. Donnez-moi quelques miettes, s'il vous plait, m'oubliez pas, je me ferais toute petite pour quelques morceaux racis, mais surtout ne me laissez pas toute seule !
J'ai failli retomber dans le même cercle malsain qui m'a enseveli jadis. Dieu merci, bizarrement à travers toute cette peine, ces mensonges, tout ce chaos, cette entropie et tous ces coups derrière mon dos, pour je ne sais quelle raison, j'arrive à y voir plus clair et à avoir confiance en moi. Je crois que j'ai réussi à conserver un résidu d'estime personnelle qui m'empêche de tomber trop bas.
J'ai au moins gagné ça, je sais pas trop comment.
C'est inouï ce que tout peut être ironique et cruel dans ma vie. Non pardon, dans la vie. Finalement je ne peux définitivement compter que sur moi-même.
Je crois que les mensonges gratuits sont les pires choses du monde, surtout quand vous vous mentez à vous-même.
Si vous commencez à "espérer" vous risquez de vous retrouver encore plus pathétiques et miséreux qu'avant. Si vous vous mettez à croire en la vie, elle se chargera de vous étaler par terre tôt ou tard. C'est comme ça, c'est l'apprentissage. On ne naît pas femme, on le devient (par accumulation de coups de poings dans la tronche, jusqu'à ce que tu te défasses de chacune de tes illusions). Tu deviendras une femme ma fille, ouais, ouais... C'est cool.
Je crois en avoir déjà parlé de ce foutu espoir. Il ne sert à rien. Techniquement il ne sert qu'à vous faire dormir la nuit ou à pouvoir vous lever le matin, il vous fait rester en vie végétative. Mais si l'on creuse, il nous fait très mal, il nous tue un peu plus douloureusement, de façon insidieuse, tacitement. L'espoir est perfide. Surtout quand vous savez pertinemment que vous vous raccrochez à un espoir sans espoir, à du vide. Oui le pléonasme est voulu, car tout est là. Ici. Au fond de vous, vous le savez, vous savez que vous vous racontez n'importe quoi. Mais faut bien vivre, pardon, survivre. Notre volonté a rarement d'effet pour le contrôler. C'est à notre insu, c'est très puissant. Nous sommes des larves rampantes à la recherche d'une dernière illusion à détruire.
Cet espoir comme le reste de nos activités ne servent qu'à nous leurrer, qu'à détourner notre esprit de notre existence si pleine de fatalité.
Coucher avec un mec qui vous méprise et vous manque de respect ne sert qu'à vous oublier quelques secondes. Vous rendez-vous compte de ce que cela implique ? Vous faire maltraiter, vous laisser vous enfoncer plus bas encore, juste pour vous sentir vivre un minimum. On est prêt à tout. Aux pires choses pour ne pas accepter l'acceptation, la résignation, l'évidence même.
Mon Yuu, il existe pas, pas plus que mes ex ont existé. Comme si la finalité, la paroxysme du bonheur se trouvait dans cette putain de quête amoureuse. C'est pas comme s'il n'y avait que ça dans la vie. Sommes-nous autistes ? Ou plutôt, suis-je autiste ? Pourquoi cette focalisation ?
J'en ai marre d'être une sorte de version profonde de moi-même. Je voudrais arrêter de faire la toupie.
Je voudrais avoir un vrai but dans ma vie, quelque chose qui me motive.
Je sais pas si j'ai envie de te laisser jouer avec ma vie, avec mon intégrité et ma santé. Tu es tout juste bon pour la psychanalyse. Peu importe ton acharnement effréné, tes efforts, la résolution et la conviction que tu tentes de mettre ou tentes de me faire croire dans tes paroles. Tu parles dans le vide. Je suis plus réceptive à toi. Il fallait y penser avant. Il fallait y penser avant de me laisser m'engouffrer dans la haine de moi-même. Il fallait me sauver avant. Grâce ou à cause de toi, j'ai appris à me sauver toute seule. Je n'ai plus besoin de ta misogynie maladive. Ton cerveau est détérioré. Va voir une gogo-danceuse.
01 janvier 2008
L'amour proustien (Je republie cet article que j'avais écrit car il est d'actualité. Proust, mon maître absolu.)
L'amour proustien s'apparente presque exclusivement à l'amour passionnel, et celui-ci s'exprime d'abord dans la jalousie. Entre les tortures et les chagrins qu'elle éveille, elle est le véritable but de l'amour, la preuve qu'il se donne à lui-même de son existence.
Comme Othello de Shakespeare, le narrateur, jaloux, se saisit du moindre indice: une bague, un mot entendu, un regard, pour échafauder un conte qui avive son malheur.
Mais, dit Proust "c'est étonnant comme la jalousie, qui passe son temps à faire des petites suppositions dans le faux, a peu d'imagination quand il s'agit de découvrir le vrai.".
Car c'est l'explication de cette maladie qu'est la jalousie, et ce qui explique qu'elle ait autant intéressé Proust: elle est une recherche passionnée de la vérité.
Le cycle d'Albertine est le récit d'une longue et minutieuse enquête: le narrateur n'interroge pas seulement ses souvenirs, mais, comme un détective, les documents, les empreintes, les témoins (ceux qui ont connu Albertine, ses amies de la "petite bande"). Il va jusqu'à charger quelqu'un de recueillir des renseignements sur elle.
Rien n'y fait. La jalousie paraît la damnation qu'a lancée Dieu à l'homme avide de goûter au fruit de la connaissance.
Que pouvons-nous connaître d'autrui, de ses sentiments, de ses actions, de son passé ? Dans cette folle poursuite, que Proust présente comme la fatalité de tout amour, seuls triomphent le doute et l'oubli.
Le pessimisme de Proust veut en effet qu'on ne puisse jamais savoir la vérité sur ceux qu'on aime, et que la passion ne soit jamais vaincue par la raison, mais par le temps.



