20 mars 2008
"On revient toujours à ses premières amours" (La Rochefoucauld)
2005, Britney Spears se déhanche sur "Do something", ça fait rire Matthieu en cours. Terminale L, l'année du bac. L'année où j'avais des goûts de chiotte pour la musique, où j'écoutais "I don't wanna know" de Mario Winans en pensant à Marc. Une compile des clips de Britney gravée sur un CD "tite puce Britney" entouré de coeurs, entouré de sucrerie collante.
Bon sang on dirait que trois années se sont écoulées sans que j'ai vraiment vécu depuis. Je me rappelle de rien depuis la terminale.
Je suis rose bonbon remplie de glucose malgré mes 58 kgs. L'apogée de ma vie amoureuse, insouciance, je plane, ce que je peux l'aimer.
'Y a beaucoup de répétition du mot "vie" je trouve. C'est logique au fond, c'est la seule fois où j'ai vraiment existé, été, j'étais heureuse.
J'dis pas que ça m'arrive plus, mais quel niveau d'intensité.
Relation fusionnelle, passionnelle, destructrice. Et j'te serre la main tellement fort, tellement vigoureusement, c'est que je veux être toi tu comprends, je veux te montrer à quel point tu es en moi, à quel point je t'aime. Tout mon être en est imprégné de cet abandon total à ta personne. Et tu me presses la main en retour, ça fait mal, mais c'est l'équivalence de notre complicité. J'endure tout.
Nous, inébranlable, absolu, providentiel, redoutable. Tout l'amour d'une gamine de 17 ans qui aime pour la première fois sans retenue, inconditionnellement, avec ardeur et naïveté.
Qu'est-ce que j'étais conne. Qu'est-ce que j'étais candide. A cette époque si tu étais parti "Chaque seconde aurait été ma fin du monde". Tous les poèmes et les proverbes les plus ineptes tu y avais droit.
Odeur de chocolat, odeur de fraise qu'on gratte sur une pochette de CD. Quelques mots esquissés au crayon gris sur mon agenda. Quelques grains de sable que je retrouve encore parfois dans mon lecteur. La connerie et le ridicule des mots amoureux en fluo qu'on trouve sur les skyblogs.
Goût de cigarette et d'ice-tea, exhalation estivale, les gouttes d'eau sur ton corps frêle mais si rassurant.
Je sens le fruit, je sens la crème à la fraise. Ivresse, ennivrée par la trace de ton parfum sur un pull. Mon second doudou. La gourmette trop grande pour mon petit poignet, fierté d'exhiber que moi aussi j'appartiens à quelqu'un : "Marc" gravé dans l'argent.
Premiers émois, première et seule réelle passion, désir, envie, folie, tourbillon qui nous emporte, un manège à deux et Dieu que tu es beau, Dieu que les anges sont beaux...
Frénésie, fougue, furie, boulimie, si la société le permettait je t'aurais violé en plein milieu des gens. Attraction intempestive.
Tee-shirt difforme avec lequel je dors encore parfois. Sans doute, j'imagine, un objet transitionnel à la con.
Hargne, éclatement, jalousie maladive, rage de ne pouvoir se posséder que partiellement, besoin permanent de l'autre, un bip par ci, un bip par là et courroux, tumulte exagéré s'il n'y a pas de réponse. Ne faire qu'un, la voilà la solution qui nous aurait été bénéfique.
Première histoire amoureuse, la plus importante dans la vie de chacun. Mon addiction à moi, mes fous rires, mon âme éclatante de joie, mon corps plus fébrile et en feu qu'il ne l'a jamais été, mon coeur plus mutilé et marqué que jamais, cette année 2005.
Je te l'avais dit que je ferai un article sur toi ;)



