Nina in the zone

"Nous sommes attirés par toute vie qui nous représente quelque chose d'inconnu, par une dernière illusion à détruire." (Marcel Proust)

07 juin 2007

Je suis pas trop d'accord...

Cela fait plusieurs fois que je remarque, en inspectant mes statistiques, que des gens tombent sur mon blog en tapant des phrases assez louches dans Google.
Une fois j'avais relevé "Jeune fille nue juvénile" ou encore "Vierge à poil", je ne sais pas comment mais en cherchant ça une personne a été mise en lien avec mon blog !
Mais ce soir j'ai encore plus alarmant/bizarre: Une personne a écrit dans Google : "BLOG DE FAUSTINE NUE". Je vous retranscris ça tel quel, c'était en gros caractère. La personne avait l'air bien décidé à trouver une Faustine nue.
Alors hasard ou pas ?

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04 juin 2007

Déveine et tribulation: Hoy hoy ! (Le titre est voulu)

Je suis une fille complètement lunaire. Je voudrais vous raconter la mésaventure d'hier soir.
Voilà, la maman de Yannick me fait peur, parce qu'en fait je sens qu'elle ne m'aime que très peu. Du coup, à chaque fois que je vais chez lui, je me sens coupable et mal à l'aise d'y être si régulièrement.
Hier soir, il a fallu que j'invente un scénario farfelu et entre nous, inepte. Ne voulant absolument pas p2633559asser devant sa maman pour aller dans sa chambre, alors qu'on rentrait du "Ventoux" (autre histoire qui me vaut aujourd'hui des courbatures dans la cuisse gauche, lol), je l'ai conjuré de me faire passer par la fenêtre.
Je ne voulais pas qu'elle remarque ma présence, alors j'ai demandé à Yannick de rentrer chez lui, de se diriger dans sa chambre, de m'ouvrir ses volets et sa fenêtre et de me faire rentrer par là, en douce. Comme si je devais me cacher. J'vous jure des fois ma paranoïa est démente (n'est-ce pas un pléonasme ?).
Bon bref, le truc c'est que moi, quand on m'installe dans un lieu, je ne suis jamais discrète. Surtout quand il y a une chaise de bureau qui fait un bruit de tous les diables et une bouteille d'eau située à proximité.
Forcément, à cause de moi, Petit chat s'est vu obligé de faire moultes allers-retours de sa chambre à la cuisine pour me ramener des vivres. J'étais une clandestine.

A un moment il revient et m'avertit que sa maman sait que je suis là. Elle lui a demandé "Ta copine est là, non ?" Monsieur cacahuète pris au dépourvu: "Oui, elle a voulu se cacher, pour rire". Evidemment ça a laissé tout le monde dubitatif.
Mais après ça, je n'ai pas trouvé la force de rentrer chez moi en passant par la porte d'entrée, si bien que je suis sortie, en utilisant à nouveau la fenêtre. Yannick a dû faire de même.
Comme si ça suffisait pas que mon manque de courage m'empêche d'affronter sa maman, je l'ai entraîné dans mes délires. Si bien qu'après m'avoir ramené chez moi, je l'ai enjoint à repasser par sa fenêtre une fois qu'il serait revenu chez lui.
Ben oui, vous imaginez s'il était rentré par la porte ? Sa mère se serait dit qu'il était sérieusement atteint d'être sorti de la maison comme un voleur par sa fenêtre. Tout ça n'a pas dû arranger l'opinion de sa mère sur moi.
La question, Yannick, c'est: es-tu réellement repassé par ta fenêtre au retour ? Je me demande aussi si tu as pu remettre la chaise qui nous a permis de grimper à sa place ?

Mais ce n'est qu'un détail anodin vu que je casse également des robinets d'eau.

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19 mai 2007

welcome1_v"La solitude est bonne aux grands esprits et mauvaise aux petits. La solitude trouble les cerveaux qu'elle n'illumine pas." (Victor Hugo)

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15 mai 2007

Together we're invincible (Muse) :)

Poèmes à Lou, "Je pense à toi"Copie_de_B_b__

Je pense à toi mon Lou ton cœur est ma caserne
Mes sens sont tes chevaux ton souvenir est ma luzerne

Le ciel est plein ce soir de sabres d'éperons
Les canonniers s'en vont dans l'ombre lourds et prompts

Mais près de toi je vois sans cesse ton image
Ta bouche est la blessure ardente du courage

Nos fanfares éclatent dans la nuit comme ta voix
Quand je suis à cheval tu trottes près de moi

Nos 75 sont gracieux comme ton corps
Et tes cheveux sont fauves comme le feu d'un obus
qui éclate au nord

Je t'aime tes mains et mes souvenirs
Font sonner à toute heure une heureuse fanfare
Des soleils tour à tour se prennent à hennir
Nous sommes les bat-flanc sur qui ruent les étoiles

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10 mai 2007

Es mi redimere, te implorum domine

bs2e22_466Impression de mourir une deuxième fois. Impossible de me rendormir, impossible de gérer cette angoisse qui vient de s'emparer de moi. En peut-être une heure, une demi heure, ma vie s'est arrêtée en rêve, ma mort a pris la forme d'un cauchemar, une mort spirituelle.
En une heure, une demi-heure je viens de voir ma vie défiler, ma vie sans lui, ma vie qui était aspirée dans un tourbillon infernal et familier.
Vous l'avez deviné je viens à l'instant de faire un mauvais rêve. Rêve qui n'est pas vraiment fantasmagorique, qu'on ne peut pas classer dans l'onirique, puisqu'il s'agit d'un fait de mon passé qui est venu me hanter dans mon sommeil.
J'ai la sensation d'avoir reçu un grand coup de poing au ventre, j'ai du mal à respirer, j'ai chaud, ma couette est en boule et mon coussin est brûlant et marqué par la peur et la panique. Je me suis éteinte une seconde fois, étape par étape, j'ai tout revécu. Je crois que je vais être malade.

De l'aide, quelqu'un, j'ai besoin de quelqu'un, d'une présence, sinon je vais vraiment me sentir très mal. Les larmes ne sont pas loins, ma plus grande peur, mon plus grand désespoir, ma plus grande douleur, vient de se matérialiser dans un bref aperçu "imaginaire".
Il n'était pas là, ou plutôt il y était mais ne pouvait rien pour moi, j'avais beau l'appeler, penser à lui de toutes mes forces, l'inévitable était arrivé, je ne pouvais pas y échapper, c'était mon destin, ça devait se passer ainsi, c'est inscrit en moi, c'est gravé dans mon passé, c'est marqué au fer rouge dans ma mémoire.
Sans lui aujourd'hui, j'aurais sombré. Je suis soulagée de m'être réveillée et de constater que dans la vie réelle, il est avec moi, il m'aime et ne me laissera jamais tomber.
Seulement je donnerai tout pour effacer les quelques minutes qui ont été un martyre, tellement réel, tellement possible, tellement vrai... Ca m'est arrivé et ça me poursuit jusque dans les lymbes du sommeil.
Dieu, faites qu'il me protège, qu'il soit toujours là, je ne veux plus vivre ça une seconde fois, même en rêve. Est-ce une punition pour avoir été trop lâche ? Une chance pour me montrer que je n'ai plus à craindre la peur, que je ne suis plus seule ? Y-a-t-il un sens ? Le garder près de moi... Car un dieu, c'est ce qu'il me semble être à présent.
Avec lui, contre lui, rien ne peut m'arriver, rien, rien... Intouchable, invincible, en sécurité, ne plus craindre les fantômes du passé, les blessures antérieures qui ont dérobé mon innocence et qui m'ont forcée à me construire trop vite.
Eternel amour, dans ses bras, avec son odeur comme guide, ses mains comme talisman, ses yeux et sa voix comme bénédiction.
Je veux retrouver la paix, avec lui seulement cela est possible, je veux me reconstruire et guérir avec lui, tout oublier, tracer un trait sur tout ça, ne plus en rêver la nuit.
Surtout ne plus en rêver la nuit avec son absence de surcroît, je serais démunie sans lui, cassée, brisée, et c'est ce que je viens de réaliser comme une preuve évidente cette nuit.

J'ai peur, j'ai mal, je tremble comme une feuille, j'ai à nouveau 14 ans ce soir, je suis à nouveau seule ce soir, sa présence était défaillante, je suis en pleine léthargie, je veux sortir de ma torpeur, j'ai besoin de lui plus que jamais cette nuit.

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02 mai 2007

Protect me from what I want...

"Et dès que j'eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donMossenait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s'appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu'on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j'avais revu jusque-là); et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu'au soir et par tous les temps était beau. Et comme dans ce jeu où les Japonais s'amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d'eau, de petits morceaux de papier, jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés s'étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l'église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé."

(Marcel Proust, Du côté de chez Swann)

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25 avril 2007

Parce que j'ai envie de publier un article qui ressemble à un article féministe de skyblog...

Tout à l'heure, alors que je n'avais rien d'autre à faire qu'à me prélasser sur mon lit, j'ai repe119837_EB6HT7A4ECM2SN7YDD7SKYVF1PGNOY_yuu_et_miki_H163658_Lnsé à la Bible.
Oui je sais, c'est pas commun. Surtout que je l'ai jamais lue en entier, mais j'ai repensé au passage sur le jardin d'Eden avec Adam et Eve.
Je trouvais ça un peu misogyne de dire que c'est par la faute d'Eve, donc de la nature curieuse de la femme, qu'Adam a été entrainé et a goûté la pomme. La conséquence de cet acte est donc qu'ils ont été châtiés du jardin d'Eden, enfin vous le savez sans doute mieux que moi, je vais pas vous décrire en détail toute la scène.

Alors moi, je propose une nouvelle interprétation. Une analyse qui va être tellement vraie que ça se retrouve chez pas mal de garçons aujourd'hui: Dieu a sommé de ne pas toucher à la pomme. Eve, étant une femme, était donc d'une nature plus profonde, elle se posait des questions: "Pourquoi ne pas goûter à la pomme ?", alors qu'Adam là-dedans ne s'est pas posé la moindre petite question.
Il s'est contenté de faire ce qu'on lui disait sans être animé par le désir de l'interdit.
Que constatons-nous ? Qu'Adam est la caricature type du mec: Sans dimension, sans profondeur, terne, insipide, il obéit, il écoute ce qu'on lui dit et ne va pas, SURTOUT PAS, chercher de conflit, il vit sa vie de mec sans intérêt.
Que fait Eve ? Eve est profonde et curieuse, n'est-ce pas la curiosité qui nous fait accéder au savoir ? A l'intelligence ?
Et voilà... Je veux que la version mysogine véhiculée par cette scène soit révolue, le désir vient de la femme, blablabla, fadaises ! Vive les femmes !

Ceci est évidemment à ne pas prendre au sérieux...

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24 avril 2007

Ceci est un article déprimant

Copie_de_090407_001J'en ai marre. Oui je sais ce que vous allez me dire, que j'en ai tout le temps marre. En attendant si j'étais toujours heureuse vous ne viendrez jamais lire mon blog, c'est bien connu: "Le malheur des uns fait le bonheur des autres.".

Bon on va peut-être pas parler de malheur non plus pour cette fois-ci.
J'ai longtemps tergiversé à savoir comment présenter mes idées dans ce post sans trop me dévoiler car cela impliquerait faire des frayeurs à plein de proches qui se sentiraient concernés.
Du coup je me suis toujours pas décidée, mais c'est pas mon truc d'anticiper, tout le monde sait que je me jette directement dans le bain, sans brouillon, sans préalable, sans avoir trop mesuré les conséquences.
"Réfléchir avant d'agir" il paraît, je dois être débile car je le fais pas toujours quand il le faut. Je m'excuse donc auparavant car je m'aprête à blesser des personnes. Enfin, je crois, je sais pas je vous ai dit.
La vérité qui est confuse et embrouillée c'est que je suis morte de trouille. Je suis mortifiée, mais je suis là, debout prête à faire face à mon futur. Je me demande encore comment et pourquoi je tiens toujours sur mes jambes. Suis-je animée d'un espoir à la con qui nous fait nous maintenir en vie ? Sans doute.
Je suis comme vous, comme celui qui se dit le plus pessimiste d'entre vous, au fond de moi je garde toujours cet espoir fou que peut-être je vais vivre une aventure incomparable, géniale eDSC00280t que cette fois, à la différence des autres, elle ne se terminera pas.

Je suis assez pessimiste, je vois déjà la rose flétrie à peine m'a-t-elle été offerte (pour faire dans la métaphore, car personne ne m'a jamais offert de roses, comprenez bien.).
Oui donc là, évidemment je suis en parfaite harmonie avec moi-même, épanouïe (vous savez bien que l'amour embellit une femme), heureuse de vivre, une vraie force de la nature qui a toujours la pêche.
La cause en est, comme je viens de vous le sous-entendre en prémice: l'amour. Oui, je suis amoureuse. Mais vous le saviez déjà tous.
Le problème de l'amour est qu'il est dévastateur et balaie tout sur son passage. Il arrive très brusquemment quand on ne l'attendait plus, et emporte avec lui tout ce qu'il y a autour, en gardant seulement, précieusement, enchaîné votre coeur qui n'a plus d'autre raison de vivre que l'autre. Celui qui tout à coup vous est devenu vital et dépend de votre survie, votre "moitié"...
Vous me connaissez, je suis passionnée, je vis les sentiments à fond, j'aime je donne tout, je me donne toute entière sans ménagement. On aurait pu penser (et moi la première) qu'après mes désillusions multiples et passées je ne tomberai plus dans le panneau. Je me l'étais promis, je me le disais: "Ah ça non, plus jamais, non jamais plus je ne tomberai amoureuse, surtout que les mecs ce sont tous les mêmes, blablabla.", ou du moins je me disais que si je devais tomber amoureuse, je saurais me préserver, aimer avec parcimonie, ne pas trop donner, enfin vous voyez.
Hé ben nooooon ! La réalité aujourd'hui c'est que je suis retombée dans l'extrême et qu'après toutes les claques que je me suis prise, j'ai trouvé la force d'aimer à nouveau et surtout d'espérer encore, de remettre une fois de plus ma vie entière entre les mains de quelqu'un.
Le pire, c'est que je le regrette pas, quitte à aimer, même si c'est pour qu'il y ai une fin, autant aimer pleinement pour se faire les souvenirs les plus beaux possibles.

C'est bien beau tout ça, mais comme je vous l'ai dit, j'ai la trouille. La trouille de quoi ? Ben vous l'avez tous deviné, la trouille de trop faire confiance.
Il sait me donner confiance, il arrive même à me démontrer que je me plantais sur tous mes acquis en matière de couples.
Et mine de rien, ça me fout les chocottes. Ben forcément, je m'étais construit un mur de protection qui s'est effondré en deux temps trois mouvements avec l'arrivée d'un nouveau garçon dans ma vie.
Je le sais sincère, mais l'intime évidence qu'il pense ce qu'il dit sur le moment mais que tout risque de s'effondrer, et que tout risque de discréditer ses dires dans les années à venir, me taraude (quelle phrase de trois mètres !).
Chacun y met du sien, chacun veut y croire et tout faire pour que ça marche, mais aujourd'hui on le sait tous, souvent vouloir n'est pas pouvoir, et tout donner n'est pas suffir.
La force des choses fait que ça s'effondre tôt ou tard, malgré toutes nos promesses.
Après avoir été tant abusée et désabusée pourrais-je vraiment survivre au fait de le perdre ? Non. Je n'ose même pas imaginer mon état si ça ne marchait pas.

Aujourd'hui j'en prends des libertés: il n'y a pas deux semaines je me serais fait un point d'honneur à ne pas divulguer le moindre article sur sa personne, surtout pas ! Cacher ses sentiments, s'auto-préserver, rester mystérieuse, accroître le désir, éviter de trop s'attacher (alors qu'en fait on est complètement épris et que la seule chose qu'on peut faire c'est de feindre merveilleusement bien l'indifférence). Enfin vous voyez.
Peur d'aimer, peur de faire trop confiance, peur d'aimer, peur de faire trop confiance, peur d'aimer, peur de faire trop confiance... Mais sortez-moi de là !

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23 avril 2007

Un des plus beaux poèmes selon moi: Extrait de "Delphine et Hippolyte", Les Fleurs du Mal, Baudelaire

N'est-ce pas un chef-d'oeuvre de métaphore érotique ?

Extrait:
baiserrepos

Avons-nous donc commis une action étrange ?                                                                                 
Explique, si tu peux, mon trouble et mon effroi                                                                                 
Je frissonne de peur quand tu me dis: "Mon ange !"                                                                        
Et cependant je sens ma bouche aller vers toi.                                                                                    
Ne me regarde pas ainsi, toi, ma pensée !                                                                                              
Toi que j'aime à jamais, ma soeur d'élection,                                                                                       
Quand même tu serais une embûche dressée                                                                                    
Et le commencement de ma perdition !                                                                                                   
Quand même tu serais une embûche dressée                                                                                    
Et le commencement de ma perdition !                                                                                                   

Maudit soit à jamais le rêveur inutile                                                                                                      
Qui voulut le premier, dans sa stupidité,                                                                                                
S'éprenant d'un problème insoluble et stérile,
Aux choses de l'amour mêler l'honnêteté !
Celui qui veut unir dans un accord mystique
L'ombre avec la chaleur, la nuit avec le jour,
Ne chauffera jamais son corps paralytique
À ce rouge soleil que l'on nomme l'amour !
On ne peut ici-bas contenter qu'un seul maître !
Mais l'enfant, épanchant une immense douleur,
Cria soudain : "Je sens s'élargir dans mon être
Un abîme béant ; cet abîme est mon coeur!"
Brûlant comme un volcan, profond comme le vide !
Rien ne rassasiera ce monstre gémissant
Et ne rafraîchira la soif de l'Euménide
Qui, la torche à la main, le brûle jusqu'au sang
Que nos rideaux fermés nous séparent du monde,
Et que la lassitude amène le repos !
Je veux m'anéantir dans ta gorge profonde
Et trouver sur ton sein la fraîcheur des tombeaux !"
Descendez, descendez, lamentables victimes,
Descendez le chemin de l'enfer éternel !
Plongez au plus profond du gouffre, où tous les crimes
Flagellés par un vent qui ne vient pas du ciel
Jamais un rayon frais n'éclaira vos cavernes ;
Par les fentes des murs des miasmes fiévreux
Filtrent en s'enflammant ainsi que des lanternes
Et pénètrent vos corps de leurs parfums affreux
"Hippolyte, cher coeur, que dis-tu de ces choses ?
Comprends-tu maintenant qu'il ne faut pas offrir
L'holocauste sacré de tes premières roses
Aux souffles violents qui pourraient les flétrir ?
Hippolyte, Ô ma soeur! Tourne donc ton visage,
Toi, mon âme et mon tout et ma moitié,
Tourne vers moi tes yeux pleins d'azur et d'étoiles !
Pour un de ces regards charmants, baume divin,
Des plaisirs plus obscurs je lèverai les voiles,
Et je m'endormirai dans un rêve sans fin !

Les Femmes damnées (Delphine et Hippolyte), Baudelaire:

A la pâle clarté des lampes languissantes,
Sur de profonds coussins tout imprégnés d'odeur
Hippolyte rêvait aux caresses puissantes
Qui levaient le rideau de sa jeune candeur.
Elle cherchait, d'un oeil troublé par la tempête,
De sa naïveté le ciel déjà lointain,
Ainsi qu'un voyageur qui retourne la tête
Vers les horizons bleus dépassés le matin.
De ses yeux amortis les paresseuses larmes,
L'air brisé, la stupeur, la morne volupté,
Ses bras vaincus, jetés comme de vaines armes,
Tout servait, tout parait sa fragile beauté.
Etendue à ses pieds, calme et pleine de joie,
Delphine la couvait avec des yeux ardents,
Comme un animal fort qui surveille une proie,
Après l'avoir d'abord marquée avec les dents.
Beauté forte à genoux devant la beauté frêle,
Superbe, elle humait voluptueusement
Le vin de son triomphe, et s'allongeait vers elle,
Comme pour recueillir un doux remerciement.
Elle cherchait dans l'oeil de sa pâle victime
Le cantique muet que chante le plaisir,
Et cette gratitude infinie et sublime
Qui sort de la paupière ainsi qu'un long soupir.
- "Hippolyte, cher coeur, que dis-tu de ces choses?
Comprends-tu maintenant qu'il ne faut pas offrir
L'holocauste sacré de tes premières roses
Aux souffles violents qui pourraient les flétrir?
Mes baisers sont légers comme ces éphémères
Qui caressent le soir les grands lacs transparents,
Et ceux de ton amant creuseront leurs ornières
Comme des chariots ou des socs déchirants;
Ils passeront sur toi comme un lourd attelage
De chevaux et de boeufs aux sabots sans pitié...
Hippolyte, ô ma soeur! tourne donc ton visage,
Toi, mon âme et mon coeur, mon tout et ma moitié,
Tourne vers moi tes yeux pleins d'azur et d'étoiles!
Pour un de ces regards charmants, baume divin,
Des plaisirs plus obscurs je lèverai les voiles,
Et je t'endormirai dans un rêve sans fin!"
Mais Hippolyte alors, levant sa jeune tête:
- "Je ne suis point ingrate et ne me repens pas,
Ma Delphine, je souffre et je suis inquiète,
Comme après un nocturne et terrible repas.
Je sens fondre sur moi de lourdes épouvantes
Et de noirs bataillons de fantômes épars,
Qui veulent me conduire en des routes mouvantes
Qu'un horizon sanglant ferme de toutes parts.
Avons-nous donc commis une action étrange?
Explique, si tu peux, mon trouble et mon effroi:
Je frissonne de peur quand tu me dis: "Mon ange!"
Et cependant je sens ma bouche aller vers toi.
Ne me regarde pas ainsi, toi, ma pensée!
Toi que j'aime à jamais, ma soeur d'élection,
Quand même tu serais un embûche dressée
Et le commencement de ma perdition!"
Delphine secouant sa crinière tragique,
Et comme trépignant sur le trépied de fer,
L'oeil fatal, répondit d'une voix despotique:
- "Qui donc devant l'amour ose parler d'enfer?
Maudit soit à jamais le rêveur inutile
Qui voulut le premier, dans sa stupidité,
S'éprenant d'un problème insoluble et stérile,
Aux choses de l'amour mêler l'honnêteté!
Celui qui veut unir dans un accord mystique
L'ombre avec la chaleur, la nuit avec le jour,
Ne chauffera jamais son corps paralytique
A ce rouge soleil que l'on nomme l'amour!
Va, si tu veux, chercher un fiancé stupide;
Cours offrir un coeur vierge à ses cruels baisers;
Et, pleine de remords et d'horreur, et livide,
Tu me rapporteras tes seins stigmatisés...
On ne peut ici-bas contenter qu'un seul maître!"
Mais l'enfant, épanchant une immense douleur,
Cria soudain: - "Je sens s'élargir dans mon être
Un abîme béant; cet abîme est mon coeur!
Brûlant comme un volcan, profond comme le vide!
Rien ne rassasiera ce monstre gémissant
Et ne rafraîchira la soif de l'Euménide
Qui, la torche à la main, le brûle jusqu'au sang.
Que nos rideaux fermés nous séparent du monde,
Et que la lassitude amène le repos!
Je veux m'anéantir dans ta gorge profonde,
Et trouver sur ton sein la fraîcheur des tombeaux!"
- Descendez, descendez, lamentables victimes,
Descendez le chemin de l'enfer éternel!
Plongez au plus profond du gouffre, où tous les crimes,
Flagellés par un vent qui ne vient pas du ciel,
Bouillonnent pêle-mêle avec un bruit d'orage.
Ombres folles, courez au but de vos désirs;
Jamais vous ne pourrez assouvir votre rage,
Et votre châtiment naîtra de vos plaisirs.
Jamais un rayon frais n'éclaira vos cavernes;
Par les fentes des murs des miasmes fiévreux
Filtrent en s'enflammant ainsi que des lanternes
Et pénètrent vos corps de leurs parfums affreux.
L'âpre stérilité de votre jouissance
Altère votre soif et roidit votre peau,
Et le vent furibond de la concupiscence
Fait claquer votre chair ainsi qu'un vieux drapeau.
Lion des peuples vivants, errantes, condamnées,
A travers les déserts courez comme les loups;
Faites votre destin, âmes désordonnées,
Et fuyez l'infini que vous portez en vous!

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22 avril 2007

Réflexion sur l'état de la planète à l'usage des écologistes et autres humoristes de la scène politique

economiquement_incorrect"Le réchauffement de la planète est devenu un problème trop sérieux pour être laissé aux écologistes"

"Que l'on se comprenne bien : Nicolas Hulot est sûrement très utile pour mobiliser les consciences, comme Coluche a été utile pour créer les Restos du coeur. Mais, de même que l'initiative de l'amuseur n'a pas fait diminuer la pauvreté, celle de l'animateur ne va pas refroidir la température de la planète d'un milliardième de milliardième de degré"

"Mais « il faut bien montrer l'exemple » ! Nous voilà au coeur de leur stratégie : avoir mauvaise conscience, se serrer la ceinture, entrer volontairement dans « la culture de la modération ». Au besoin, il faut contraindre les récalcitrants par la force (à Paris, par exemple) pour sauver la planète. Les hommes roulent-ils toujours en 4 × 4, veulent-ils la « clim » (parce que, justement, il commence à faire chaud, vous ne trouvez pas ?) et la Terre continue-t-elle de bouillir ? C'est parce qu'on n'a pas assez expliqué, que la prise de conscience n'est pas assez haute dans la hiérarchie de l'Etat, que le capitalisme et les industriels (hou ! hou !) refusent de « produire autrement » et de faire « des produits qui durent et qui soient réparables ». Changeons le capitalisme, diminuons la croissance !"

"Comment convaincre les réticents, et d'abord les Etats-Unis et la Chine ? Sûrement pas en leur proposant la « modération », et encore moins de changer le capitalisme. Nicolas Stern inverse le point de vue : c'est le réchauffement qui menace la croissance, et non pas le contraire. « Le monde n'a pas à choisir entre «éviter le changement climatique» et «promouvoir la croissance et le développement». L'évolution des technologies énergétiques et les mutations des appareils économiques font que la croissance n'est pas antinomique avec la réduction des gaz à effet de serre. » Il faut bien sûr faire prendre conscience (comme les écolos ou Al Gore), taxer le CO2 (comme M. Hulot, mais à l'échelle mondiale), mais à la condition de décupler les efforts de recherche et de développement sur les énergies propres. Pas moins de croissance, mais plus de science. Ajoutons : plus de nucléaire"

Extraits de la chronique économique d'Eric Le Boucher: "Arrêtez la salade verte !"
Le Monde. Article paru dans l'édition du 12.11.06

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