Nina in the zone

"Nous sommes attirés par toute vie qui nous représente quelque chose d'inconnu, par une dernière illusion à détruire." (Marcel Proust)

22 avril 2007

Pourquoi faut-il lire Proust

Lire Proust ?

Que vaut une victoire remportée sans combattre ? Proust est un auteur difficile (à quoi bon le cacher ?). Ma
proustis cette difficulté n'est jamais synonyme d'obscurité.
Il a toujours eu le souci de la clarté. L'agrément de son style, de son humour, de son intelligence, dédommage le lecteur de ses efforts. Il s'agit de se plier à des habitudes de lectures différentes, d'oublier nos réflexes, d
'avoir la curiosité d'écouter une voix nouvelle.
Bref, il s'agit de découvrir le monde avec les yeux d'un autre.
Proust, difficile ? Oui, si l'on compare son chef-d'oeuvre "A la recherche du temps perdu" aux aventures de Tintin.
Mais cette difficulté illumine celui qui la surmonte. Lire Proust, c'est avoir la joie d'apprendre une langue étrangère en deux heures. Car au bout de vingt pages, gagné par le rythme des phrases, on trouve cette respiration naturelle: ceux qui ont tenté l'expérience le savent, dans leur vie, il y a un "avant" et un "après" Proust.

Proust écrivain snob ?


Proust ? Un snob, un décadent ("J'aime par dessus tout le style pourvu d'amples ailes et adouci de moelleuses plumes" Proust), un raseur, un coupeur de cheveux en quatre, un classique guindé.
Il ne parle que de marquises, de duchesses, de messieurs à particules, à châpeaux hauts de forme, à monocles.
Ce n'est pas notre monde. Son raffinement est irritant.
Jean-Yves Tadié a répondu une fois pour toutes à ces arguments: "Il est aussi vain de reprocher à Proust de s'intéresser aux aristocrates et non aux ouvriers, qu'à Cézanne de s'intéresser aux pommes.".

Quant au fameux raffinement proustien, il faut être bien naïf pour le confondre avec de la bégueulerie. Qui a écrit: "On ne pourrait pas dire si c'est fait avec de la colle, avec du rubis, avec du savon, avec du bronze, avec du soleil." "Je me dis tout d'un coup: "Oh mon Dieu, on a crevé ma fosse d'aisances", c'est simplement la marquise qui vient d'ouvrir la bouche" ?
Qui a décrit un poulet qu'on décapite, des enfants se tripotant dans un donjon obscur, les couloirs du métro de Paris en 14-18 pendant les alertes ? Un snob ! Un prétencieux ! Marcel Proust !
Il savait donner à chaque personnage, qu'il soit prince ou valet, son vrai langage et son vrai visage.

Proust, un océan

Proust, interminable ? Anatole France, son maître, à qui l'on demandait s'il avait lu ses livres répondit: "La vie est trop courte et Proust est trop long", oubliant qu'il avait lui-même publié une trentaine de romans, quand Proust n'en a écrit qu'un seul.
Proust s'est expliqué: "Je suis bien obligé de tisser de longues soies comme je les file, et si j'abrégeais mes phrases, cela ferait des petits morceaux de phrases, pas des phrases.".
Ces phrases s'étendent parfois sur plusieurs pages ? C'est vrai. Parfois. Mais a-t-on construit les cathédrales en brique, à la taille de nos chaumières ? Ces phrases longues sont écrites en français et respectent la grammaire, ce qui n'est pas toujours le cas de certains petits livres à succès. Et la longueur est relative.
Enfin, c'est un maître de l'ellipse.

Posté par Ninaverse à 17:04 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le libéralisme est un humanisme

Montesquieu_1_FDDéfinition: Libéralisme: dérivé de libéral, issu de "liberalis" ("qui concerne l'homme libre"). Conjonction d'un systeme économique et d'une doctrine politique. Est libéral celui qui soutient que lorsque les acteurs de la vie économique - qu'ils soient producteurs ou consommateurs - sont laissés libres de poursuivre sans entrave leurs interets particuliers, la concurrence qui en résulte est bénéfique à l'ensemble. En cela le libéral s'oppose aux interventions, quelles qu'elles soient, de l'Etat: aucun privilège n'est accordé. Cela ne constitue-t-il pas la meilleure égalité des chances qui puisse être ? "Mais la situation de chacun est dejà un facteur d'inégalité". Certes mais si il y a inégalité initialement ce n'est pas de la responsabilité de l'Etat. Il s'agit simplement de renvoyer chacun à ses reponsabilités propres. Et c'est un moindre mal. Le libéral plaide donc en faveur de la déreglementation. De plus le libéralisme ne peut que se développer dans un systeme démocratique. La démocratie est perçue comme le régime idéal, non parce qu'elle est le pouvoir du peuple mais parce qu'elle est le systeme qui limite le pouvoir politique en instituant des contre-pouvoirs. On retrouve les origines du libéralisme dans la philosophie, cela s'étend donc au delà de la sphère économique. Binjamin Constant (1767-1830) établit la difference essentielle entre la liberté politique chère aux peuples de l'Antiquité et la liberté civile à laquelle aspirent les nations modernes: les Anciens se voulaient libres dans la politique, les Modernes désirent être libérés de la politique. Vouloir ainsi imposer, comme Rousseau, la liberté antique aux individus, par le sacrifice des interets privés revient à produire un nouveau despotisme. La distinction entre ces deux formes de liberté se retrouve dans l'oeuvre de Tocqueville (1805-1859), principalement dans son premier ouvrage: De la démocratie en Amérique. La fin de cet ouvrage (IVe partie, chapitre 6-7) évoque le despotisme qui pourrait naître dans les nations modernes, marquées par l'égalisation inexorable des conditions: l'anéantissement de tout esprit de compétitivité, dans une servitude douce et paisible. Donc d'une part, limitation de l'Etat afin de se consacrer librement au bonheur privé mais surtout promouvoir et soutenir l'initiative individuelle et l'esprit de competitivité. En cela comprenez: dérèglementation! Il va sans dire que le socialisme français est anachronique en ce qui concerne l'acceptation des réalités économiques :-). En effet la puissance d'un Etat ne réside pas en ce qu'il peut exercer des pressions pour imposer des quotas de chaussettes chinoises en U.E (apres avoir soutenu l'entrée de la Chine à l'OMC) mais véritablement dans sa capacité à déposer des brevets. La recherche est essentielle. Dérèglementez! Privatisez! Délocalisez! Défiscalisez!

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20 avril 2007

Cécité

EXP_MALLET_STEVENS_1R. Mallet-Stevens, maître de l’architecture moderne. “Mais où est Le Corbusier ?” s’étonneront certains. Le Corbusier, architecte aux recherches tournées vers l’industrie, les productions à la chaîne, la standardisation des matériaux servant à la réalisation de ses unités d’habitation. Pourquoi ? Pour un moindre coût. Une architecture qui s’adresse aux classes sociales défavorisées. Notez que ses recherches ont été poursuivies dans la période de reconstruction post seconde guerre mondiale, avec pour modèle son unité d’habitation de Marseille. L’assise des grands ensembles, quartiers chauds et autres lieux de perdition, deals de shit sur fond de rodéos sauvages, string, pute et Lexus. A qui la faute ? Corbu ? Non, laissez Corbu. Voyez plutôt: sa construction Marseillaise tient toujours et est encore appréciée! Où est l’erreur ? Aux réalisations médiocres qui ont suivi: matériaux de mauvaise qualité, travaux réalisés sans rigueur, constructions excentrées du centre des villes. La solution: la destruction. La réhabilitation est à l’urbanisme ce que l’homeopathie est à la médecine. Ceci étant je ne place pas l’engagement social comme condition sine qua non de la grandeur d’un architecte. Mallet Stevens est l’oublié de l’histoire de l’architecture. Ses archives sont en petit nombre et contrairement à Corbu, il n’a brièvement marqué son temps que parce qu’il était moderne. A cela j’entends l’utilisation du béton armé, des possibilités ouvertes grâce à l’utilisation de ce matériau (balcons en décrochement, formes sphériques, imbrication des volumes...), grands espaces vitrés, intégration de vitraux, etc. Il répondait essentiellement aux commandes privées. Il est l’architecte moderne haut de gamme par excellence. Paul Poiret, couturier, lance un projet avec Mallet-Stevens. En faillite, le projet n’aboutit pas. L’architecte participe à l’exposition internationale de 1925 (pavillon du tourisme). Les Noailles le contactent également. L’on retrouve aussi la Rue Mallet-Stevens à Paris, où il a réalisé un certain nombre de constructions. “Il n’etait pas malheureux!” me direz-vous. Aujourd’hui il le serait: il ne figure pas sur l’ouvrage consacré à l’histoire de l’architecture que je viens de consulter: Blasphème.

Posté par kcinnay à 21:39 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Petite anonce

Un article très court pour vous signaler que ce blog devient aussi celui de Yannick, il en est300x200 officiellement membre et peut écrire quand il le veut. Cliquez sur les profils dans "Auteurs".

Enjoy, enfin en fait je me fous un peu que vous aimiez ou non entendez-bien, c'est juste par convenance.

Posté par Ninaverse à 02:44 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 avril 2007

On se demande pourquoi je mets une image de Roméo et Juliette...

Entre deux sanglots magnifiquement rythmés par la sonate au claire de lune de Beethovenleoclaire, je me plonge dans les effets curatifs de l'abréaction écrite.
Au passage, je suis totalement d'accord avec le commentaire de Laurent G (je crois que nous l'avons tous reconnu). Je suis exactement une bobo des beaux quartiers, c'est tellement vrai que j'en suis sur le cul.
Le fait que je n'affronte pas la réalité est aussi terriblement juste. Belle analyse, vraiment, et je ne dis pas ça pour être ironique. D'ailleurs je ressemble assez à Proust qui a passé sa vie cloîtré dans sa chambre à se regarder le nombril et à être déprimé sur la vie. Heureusement qu'il a existé sinon je me sentirai encore plus bidon.
J'émettrai tout de même que j'ai sans doute plus de droiture morale et de conviction que Laurent G, mais en même temps on s'en tape. Les crapules triomphent toujours et s'en sortent bien dans la vie, on sait bien qu'un monde juste n'existe pas, alors finalement ça ne fait même pas de ça un avantage.
Bon sang, y a t-il quelque chose en moi qui ne soit pas bon à jeter ?
Mais faites-moi taire aussi, c'est horrible cette manie de me dénigrer moi-même, qu'est-ce que je peux le vivre comme une tare.
Je suis en pleine aliénation, il n'y a aucune cohérence, je suis dédoublée: La Faustine qui essaie tant bien que mal d'exorciser sa peine sur ce blog et l'autre Faustine qui lui crie "Ta gueule putain tu soûles absolument tout le monde, et toi la première.".


Du coup, comme toujours, les réflexions de Laurent étant tellement véridiques, ça m'a foutu à l'envers et renvoyé à mon Moi terriblement inutile. Donc, je rechigne à poser des mots sur mes maux (ouh yeah).
D'ailleurs vous savez quoi  ? Je vais même pas les écrire. Je me gonfle moi-même à faire que me plaindre, sincèrement j'ai encore plus envie de me défoncer la tronche.
Voilà donc juste, j'en ai marre de ma famille issue de la Jet-Set qui n'a rien d'autre à faire qu'étaler son fric et sa connerie. Quel week-end de merde. Fuck them all
.
Ah au fait, Tom Cruise et Orlando Bloom sont homosexuels. Si si, Tom Cruise paie les filles pour qu'elles restent avec lui. Tout est monté, je tiens ça de ma cousine qui travaille à Londres et qui a des relations avec des gens qui cotoient les stars. Qu'est-ce que vous croyez, ce ne sont pas des blaireaux ces jet-setteurs.
J'adore ma vie.

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06 avril 2007

Encore un article larmoyant

Copie_de_260307_000

Je me sens inutile. Comme une chose dont on se lasse très facilement.
Que ce soit mes amis ou mon petit ami j'ai la sensation qu'ils ont compris que je n'ai pas plus de valeur que ça et qu'il n'y a pas grand chose à tirer de moi.

Délire paranoïaque ? Possible.
Récemment j'ai vécu une remise en question sur la base de ma capacité à être une bonne amie.
Je m'efforce d'être disponible et à l'écoute. Cependant j'ai la désagréable et omniprésente impression que je n'apporte qu'un piètre soutien et une écoute médiocre à mes amis.
Je me sens pas à la hauteur de certains de mes amis, je les estime beaucoup et par conséquent je me demande pourquoi ils restent avec moi.
C'est un peu le même problème que j'ai à l'égard de mes petits amis, quand je les trouve fantastiques (oui j'avoue c'est arrivé peu de fois), le fait qu'ils restent avec moi me taraude.

Là je parlerai pas de mes travers amoureux ou de mon idylle absolument merveilleuse actuelle avec mon copain, j'aurais trop peur qu'elle se fane.
Non je parlerai d'amitié.
J'en ai discuté avec une de mes meilleures amies. Je lui ai dit que je me sentais inutile et futile. J'ai eu l'impression qu'elle s'éloignait de moi, qu'elle tachait de me supporter en faisant appel à sa grande et inimitable patience.
Elle rechignait à se confier à moi, j'avais du mal à lui sous-tirer des informations alors j'ai pas insisté. Après tout si les gens ont envie de parler, ils le font naturellement, inutile de les harceler sans relâche.
Oui mais voilà, consciente qu'elle n'était pas super bien dans sa peau en ce moment, je me sentais coupable et inefficace. Je ne savais plus comment lui montrer que j'étais là si bien que la plupart du temps je n'allais même plus lui parler.
Quand je me décidais tout de même à aller lui parler, je l'inondais de mon babillage incessant et de mon bonheur gluant qui donne la nausée. Qu'est-ce que j'avais envie de me fracasser la tête contre les murs.

Le problème chez moi c'est que je me confie très facilement aux gens que j'aime et en qui j'ai confiance. Je n'ai aucun souci avec ça, je raconte les moindres détails de ma vie, mes peines comme mes joies.
J'ai remarqué qu'évidemment tout le monde n'est pas comme moi. Il y a des personnes introverties et taciturnes qui émettent des réserves.

Le pire dans tout ça, c'est que de toute manière, quand bien même elle m'aurait parlé de ses petits démons, je me serais pas sentie en mesure de fournir une consolation adéquate. Je me sens jamais à la hauteur de toute façon.
J'ai fini par admettre de façon évidente qu'elle avait peut-être enfin vu elle aussi que j'étais sans intérêt.
Vous savez, le genre de fille à répondre des banalités folles et monstrueusement communes à ses maux.
Alors forcément, à quoi bon se confier à moi ? Je ne suis pas elle, je peux empatir mais je ne peux pas le vivre à sa place, je ne pourrais jamais comprendre totalement. Alors si en plus je balance des inepties rebattues et sans intérêt, je l'appuie totalement quant au fait de ne rien me dire.
Cependant ce n'était pas la dernière personne à agir comme ça. Il y a eu une autre amie qui m'a appris une nouvelle terrible cette semaine. Je m'en suis voulue comme jamais.
Elle ne venait plus en cours depuis trois semaines, et vous croyez que j'aurais pris mon téléphone pour l'appeler ? Non, bien sûr j'y ai souvent songé: "Ah quand-même ça devient bizarre tu devrais l'appeler" mais je ne l'ai jamais fait.
Je suis égoïste, trop préoccupée avec mes propres démons intérieurs et avec mon bonheur nouveau que j'ai retrouvé au sein de ma nouvelle histoire amoureuse.
Un ami m'a rassuré tout de même me disant "Je crois qu'elle travaille en même temps, ses heures de boulot empiètent sur les heures de cours.". Ah ! Ouf ! Soulagement. J'ai pris cette hypothèse comme une vérité absolue, comme si c'était l'unique possibilité apte à expliquer son absence. Ca devait m'arranger au fond, comme ça c'était sûr, j'avais pas à décrocher mon téléphone et à utiliser du forfait pour prendre de ses nouvelles.

Oui mais voilà, la personne en question m'a appelée et m'a dit être en pleine dépression nerveuse. Je peux vous dire qu'on se sent con dans ces moments là.
J'en suis arrivée à la conclusion que j'étais peut-être pas le genre de fille à qui on a envie de se confier.
J'étais là, je la connais depuis un an, et jamais, non jamais, elle m'en a parlé. Elle aurait pu, je lui avais vaguement dit moi que j'avais eu une mauvaise passe.
Je m'excuse de ce post embrouillé et piteusement écrit.

Posté par Ninaverse à 14:58 - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 avril 2007

A Joana qui aime tout autant que moi cette musique

Copie_de_220207_000Fuck U - Archive

There’s a look on your face I would like to knock out
See the sin in your grin and the shape of your mouth
All I want is to see you in terrible pain
Though we won’t ever meet I remember your name
Can’t believe you were once just like anyone else
Then you grew and became like the devil himself
Pray to god I can think of a nice thing to say
But I don’t think I can so fuck you anyway
You are scum, you are scum and I hope that you know
That the cracks in your smile are beginning to show
Now the world needs to see that it’s time you should go
There’s no light in your eyes and your brain is too slow
Can’t believe your were once just like anyone else
Then you grew and became like the devil himself
Pray to god I can think of a nice thing to say
But I don’t think I can so fuck you anyway
Bet you sleep like a child with your thumb in your mouth
I could creep up beside put a gun in your mouth
Makes me sick when I hear all the shit that you say
So much crap coming out it must take you all day
There’s a space left in hell with your name on the seat
With a spike in the chair just to make it complete
When you look at yourself do you see what I see
If you do why the fuck are you looking at me

Why the fuck why the fuck are you looking at me
(Repeat x 4)

There’s a time for us all and I think yours has been
Can you please hurry up cos I find you obscene
We can’t wait for the day that you’re never around
When that face isn’t here and you rot underground
Can’t believe your were once just like anyone else
Then you grew and became like the devil himself
Pray to god I can think of a nice thing to say
But I don’t think I can so fuck you anyway

So fuck you anyway (Repeat x 11)

Posté par Ninaverse à 14:21 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 mars 2007

Ivresse et introspection nocturnes

Je suis complètement anéantie, retournée, bouleversée, à l'état d'inconsistance ou de loque humaine, bref ce que vous voulez.

Toute la soirée durant j'ai espéré et attendu comme une prophétie, une phrase qui aurait pu m'apporter l'apaisement escompté: "Mais que faites-vous en thérapie ? Vous n'e79081239n avez pas besoin ! C'est une futilité et une chose inutile pour vous voyons !". Ben non. J'ai eu exactement la phrase inverse.
En même temps je m'en doutais un peu, au fur et à mesure que mes lèvres bougeaient, que mes paroles se dévoilaient, je présentais avec pourtant une parfaite évidence, que j'avais tout de la fille qui a un problème existentiel qui l'empêche d'aller de l'avant. Je crois que j'ai même effrayé mon psy, mais de toute façon il travaille pour ça, je ne suis pas là pour exposer mes jérémiades passagères.
Il n'y a même pas besoin de consulter quelqu'un pour se rendre compte que je déraille. Il suffit (et encore même pas) de suivre des cours de psychologie et de vivre mes chimères intérieures (pléonasme ?) pour réaliser que je vais mal.
Il y a quand-même un truc marrant, si si vous allez voir, enfin tout est relatif vous me direz: je dors avec une peluche usée, râpée et vétuste (lol) depuis que je suis toute petite. La vérité c'est que je ne peux pas m'en passer, je suis incapable de dormir sans.
Au départ je m'en foutais complètement. Mais que voulez-vous, engagez une thérapie brève et vous verrez que vous commencerez à vous interroger sur tout. Au départ donc, disai-je, je pensais que c'était juste une histoire de position. Je croyais que je ne pouvais pas m'en séparer juste parce que j'ai pris l'habitude d'entourer mes bras autour de mon doudou, que j'ai besoin d'une masse, de quelque chose entre mes bras pour dormir. Et que donc, sans ce doudou exceptionnel je ne saurais comment disposer mes bras !
En psychologie clinique, le doudou est riche en symbôle. Il est apparenté au substitut maternel, il est investi de la maman. Et donc, si l'on suit ce raisonnement, quelqu'un de mon âge qui dormirait encore avec sa peluche, serait bien dérangé.

Mais qu'est-ce que je m'en tamponne du symbôle du doudou, de l'image de la mère et du blabla représentatif, de ce besoin chronique de donner des symbôles à tout.
Oui mais voilà, lors d'une séance avec mon psychiatre, je l'ai mentionné alors que je considérais ça comme un insignifiant détail. J'ai reçu une réponse (alors que je n'en attendais pas) qui était l'équivalent d'une violente claque dans ma gueule.
Je me suis retrouvée dépossédée tellement c'était véridique.
Il m'a dit, que tout ce que je lui racontais depuis le début, tous mes antécédents, mes petites dépressions antérieures, mes actes, mes pensées, mes appréhensions, tout, absolument tout était lié.
Il m'a assuré et confirmé comme si il pouvait en jurer de sa vie, que mon doudou était une preuve de plus qui appuyait sa théorie sur moi: j'ai peur du manque.

Cette notion doit vous sembler floue, mais j'en ai rien à foutre que vous n'y entendiez rien, j'écris pour moi et par conséquent je me sers de ce blog comme d'un dérivatif, une sorte de thérapie secondaire qui fait tableau de mes impressions et de mes ressentiments.
Je ne sais pas pourquoi j'ai un manque que je cherche à combler à travers tous mes gestes. Tous mes symptômes et mes souffrances n'ont pour but que de calmer ce manque.
Manque de quoi me demanderez-vous ? J'en sais rien, sinon je ferai pas de thérapie.
En tout cas c'est assez ineffable et important pour que mon psy ait estimé qu'il me fallait absolument faire un travail de fond et qu'il fallait que je passe d'une thérapie brève à une thérapie longue.

C'est merveilleux je passe mes vendredi soirs à larmoyer, mais c'est signe que ma thérapie est efficace et qu'elle fait resortir tout ce qui est à mon insu et que j'ignore alors que pourtant c'est une évidence qui emplie et dirige toute ma vie.
Je suis prise dans une fatalité.
Heureusement pour moi j'ai un antidote: la littérature est intarissable, et vous m'en voyez ravie.
Elle constitue aujourd'hui un refuge dont je ne pourrais me passer. Je me réfugie et me console dans les livres, leurs mots, leurs pensées, leurs idées...
Tout cela m'amène à imposer une conclusion: qu'est-ce que je fous en psycho ?

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27 mars 2007

Tourgueniev-Premier amour

" Je profitai qu'elle eût baissé les yeux et l'examinai, d'abord à la dérobée, puis de plus en plus hardiment.Copie_de_220306_000
Son visage me parut encore plus charmant que la veille: tout en lui était fin, intelligent et attrayant.
Elle tournait le dos à la fenêtre voilée d'un rideau blanc; un rai de soleil filtrait à travers le tissu et inondait de lumière ses cheveux flous et dorés, son cou innocent, l'arrondi de ses épaules, sa poitrine tendre et sereine. Je la
contemplais et qu'elle me devenait chère et proche ! J'avais l'impression de la connaître depuis longtemps et de n'avoir rien su, rien vécu avant de l'avoir vue... Elle portait une robe de couleur sombre, assez usée, et un tablier. Et j'aurais voulu caresser doucement chaque pli de ses vêtements. Je suis en face d'elle, nous avons fait connaissance. Les bouts de ses petits pieds dépassaient, espiègles, sous la jupe, et j'aurais voulu les adorer à genoux... Quel bonheur, mon Dieu ! me disais-je. Je faillis sauter de joie, mais réussis à me contenir et balançai seulement les jambes, comme un enfant qui déguste son dessert.

Dans tout ce que je pensais, dans tout ce que je sentais, il se cachait un pressentiment à moitié conscient et plein de réticences, la prescience de quelque chose d'inédit, d'infiniment doux et de féminin... Et cette attente s'emparait de tout mon être: je la respirais, elle coulait dans mes veines, dans chaque goutte de mon sang... Elle devait se combler bientôt.

Ma passion date de ce jour-là; je pourrais ajouter qu'il en est de même pour ma souffrance. Je déperissais à vue d'oeil quand Zinaïda n'était pas là: j'avais la tête vide, tout me tombait des mains et je passais mes journées à penser à elle... Je déperissais loin d'elle ai-je dit... N'allez pas croire, pour cela, que je me sentisse mieux en sa présence...
Dévoré de jalousie, conscient de mon insignifiance, je me vexais pour un rien et adoptais une attitude sottement servile. Et pourtant, une force invincible me poussait dans le petit pavillon, et, malgré moi, je tressaillais de bonheur en franchissant le pas de "sa" porte." "

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21 mars 2007

Nina effarouchée

Hier soir, alors que je n'arrivais pas à trouver le sommeil, j'ai allumé ma télé.
Je me suis retrouvée face à une émission de télé réalité: Pascal, le grand frère.02
Etant voyeuriste et perverse je me suis intéressée à l'émission parce que ça m'amusait (Pour ma gouverne, mon maître penseur Monsieur Quadéri, dit que quoiqu'il arrive il faut se forcer à regarder ce genre d'émissions, comme L'île de la tentation et tout ça, lol.).
On voyait une adolescente de 16 ans appelée Priscillia, ponctuer ses phrases de "wesh" "mort de rire" "trop pas" "la vie de moi weshhhh euuuh".
Sur le coup j'étais littéralement pliée en deux devant tant de bêtise et de vulgarité humaine.

Une fois le côté désopilant passé, je me suis quand-même alarmée face à un tel spectacle. J'étais même effarée.
Tout d'abord quel est ce besoin de s'exhiber à la télé comme ça ? Les gens n'ont-ils aucun amour propre, aucune dignité ?
Le but de cette émission d'hier, c'était de faire venir Pascal, dont l'objectif est d'aider la famille à aller mieux et à remettre cette espèce de petite pouffe dans le droit chemin, car voyez-vous, elle faisait l'autorité à la maison, et ses proches parentaux lui passaient tout.
Alors déjà on se dit que les gens sont un peu demeurés, face à cette petite merdeuse qui traite son père d'enculé et qui dit "va niquer" à sa soeur, on se demande bien pourquoi ils ne sévissent pas.
C'était ridicule, mais tout va s'arranger par l'arrivée de Pascal. C'est quand-même dramatique d'en arriver là.

Pascal arrive donc, au début je me suis bien gaussée parce qu'il lui disait "Tu trouves ça féminin et classe de parler comme ça ?" "ben ouais t'ias vu" "Ah bon ? Et tu veux pas changer ?" "trop pas" "Non, on dit "pas trop", je comprends rien quand tu parles, c'est moche, et je vais t'envoyer en banlieue avec des filles de ton âge qui galèrent pour s'en sortir, et on verra ce qu'elles vont en faire de ton "mort de rire" et de ton "trop pas"".
J'ai été interpellée et agréablement surprise par la répartie de ce monsieur, mais j'ai déchanté dix minutes après. Voilà que lui aussi s'avérait parler un français bourré de néologismes et de fautes, il employait des expressions comme: "tu mitonnes !" enfin bref, c'était magnifique, Maupassant aurait été ravi, je vous assure.

Bref tout fini bien pour notre petite pouffe préférée qu'est Priscillia (c'est pas sa faute elle a eu une enfance misérable), étant donné que Pascal l'a exhortée à changer et l'a remise sur le droit chemin (qu'est-ce qu'il est fort et vertueux celui-là).
Enfin, tout ça pour dire que voir ce genre d'inepties à la télé ça fait peur, on se demande pourquoi les gens étalent leur vie à travers les médias, à croire qu'ils aiment se noyer sous l'humiliation. Parce que je vous assure qu'à la place de la pseudo-racaille-wesh-wesh, je partirai me planquer à l'autre bout du globe en me voyant à la télé (en plus je vous raconte pas la tête à claque que c'était).
Il y a un truc qui m'insupporte encore plus dans ces émissions, c'est qu'ils chialent tous toutes les deux minutes.
Non seulement ils savent pas parler français et ils meurtrissent et abîment la langue avec un accent vulgaire, mais en plus ils pleurent, et ils s'en cachent pas, ils pleurent ouvertement devant les caméras, ils cherchent pas à se retenir pour être dans leur intimité, non, non.
Je vous dis, aucun amour propre. Bon enfin voilà, ça fait peur c'est le déclin et la rétrogradation de la culture. Je sais pas trop vers quoi on se dirige, mais c'est pas rassurant avec la nouvelle génération Diam's qui arrive...

A bon entendeur, miaou.

Posté par Ninaverse à 13:11 - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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